Je vis donc j’apprends – Une vie unschooling

Traduction de « I LIVE THEREFORE I LEARN: Living an Unschooling Life  » de Pam Sorooshian
Traduit de l’anglais par Claire Rakotonimaro

Le unschooling est à la fois facile et difficile à décrire. Le moyen facile est de dire que unschooling signifie « pas d’école »,  mais il est beaucoup plus difficile d’expliquer ce que nous faisons en lieu et place de l’école.

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Unschooling signifie ne pas dépendre des méthodes scolaires. C’est à dire pas de plans de leçon, pas de programme, pas de devoirs, pas de quiz ou tests, pas besoin de mémoriser, et pas de notes. Le parent ne devient pas l’enseignant de l’enfant. On ne recrée pas une école miniature à la maison.

Au lieu de cela, les unschoolers mettent l’accent sur une vie riche et stimulante, une vie ensemble. C’est tout. Vraiment.  Nous ne faisons pas «l’école», au contraire, nous nous concentrons sur une vie remplie d’opportunités, de possibilités et d’expériences. Les enfants humains sont nés apprenants. Littéralement. L’objectif du unschooling est de préserver cet amour de l’apprentissage et cette intense curiosité pendant que les enfants grandissent.

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Comment faisons-nous cela? Dans la pratique, c’est très différent d’une famille unschooling à une autre. « Nous suivons nos intérêts », est l’hymne de l’unschooler. Et, les intérêts de chaque famille permettent tous les types d’apprentissage: histoire, mathématiques, écriture, musique, lecture, sciences, et toutes les choses de la vie réelle qui sont utiles et intéressantes. Mais nous ne les considérons pas comme des «matières». Nous les considérons simplement comme des choses intéressantes, amusantes, fascinantes… quelque chose que nous avons envie de découvrir plus avant… ou pas. Une chose en entraîne une autre et la vie suit son cours et les enfants apprennent et les parents apprennent et la vie est pleine de possibilités partout où nous regardons.

Il est naturel pour les gens d’apprendre, chacun à sa manière. Il est naturel pour les enfants de vouloir comprendre le monde autour d’eux. Ils souhaitent rejoindre le monde des adultes et devenir eux-mêmes des adultes compétents et capables. Ils se démènent pour cela, de la façon qui leur est propre et naturelle. Les parents unschooling travaillent à créer un environnement familial qui soutien le désir naturel de l’enfant d’apprendre et de grandir.

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Chaque enfant est unique. Il fait l’expérience du monde d’une manière qui lui est propre et s’exprime d’une manière différente de toute autre personne. Il n’existe aucun programme dans le monde qui soit conçu spécifiquement et dynamiquement pour un enfant en particulier, mais pourtant le mode de vie unschooling peut fournir une expérience d’apprentissage 100% individualisée. Les unschoolers n’apprendront peut être pas exactement ce que les professionnels de l’éducation et les éditeurs de manuels pense qu’ils devraient-faire, en ce sens, ils ont des lacunes dans leur apprentissage. Mais ils vont aussi apprendre des tas de choses qui ne sont pas inclus dans la listes des « apprentissage standards. » Ce qu’il est important pour une personne d’apprendre n’est pas nécessairement important pour une autre et nous n’avons pas vraiment de moyen de prédire ce qu’il sera important de savoir à l’avenir. Par contre, nous savons que l’apprentissage forcé ou contraint n’est pas durable et que ce qu’on « enseigne » aux enfants ne sera « appris »  de manière durable que si c’est une chose qui les intéresse.

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Les unschoolers gardent également à l’esprit que le calendrier des apprentissage s’étale en réalité sur toute la vie. Nous ne nous inquiétons pas de savoir si un enfant est « au niveau » parce que nous savons que les enfants apprennent tout le temps et qu’ils finiront par apprendre ce qu’ils ont besoin de savoir pour les raisons qui sont les leurs. Nous ne nous inquiétons pas de savoir s’ils vont manquer quelque chose d’important, parce que, si une chose est importante, ils vont s’en rendre compte d’eux même et trouver une façon de l’apprendre.

Un slogan unschooling dit que « vivre c’est apprendre, apprendre c’est vivre ». Les unschoolers ne pensent pas que il y a des moments pour apprendre et de temps ou l’on n’apprend pas. Ils ne divisent pas la vie en temps scolaire ou heures de cours par opposition à du temps de jeu ou temps de loisir. Il n’y a pas de temps extra-scolaire pour un unschooler, chaque minute de chaque jour est un temps d’apprentissage et il n’y a pas de temps distinct consacré à l’éducation.

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Est-ce que le unschooling est fait pour tout le monde? Ma réponse est: «Cela dépend». Je pense que TOUS les enfants peuvent apprendre, grandir et s’épanouir en tant que unschoolers. Mais, je pense aussi qu’il faut une envie intense et beaucoup d’enthousiasme pour la vie pour être un parent unschooling. Etre un parent unschooling est un travail acharné. Par exemple, ils doivent développer un niveau très élevé de sensibilité à leurs enfants pour savoir quoi offrir, quand soutenir, quand s’effacer, comment l’enfant souhaite s’occuper, quel besoin de solitude il a, quand il a besoin d’un coup de pouce ou d’un peu d’encouragements, quand s’impliquer davantage, et ainsi de suite… Et les parents doivent être en mesure d’avoir toujours en tête les centres d’intérêts de leurs enfants, en pensant toujours à ce qui les intéressent, ce qui peux créer une rencontre entre le monde et cet enfant là de manière à ce que ça « clique ». Et il faut beaucoup de confiance que l’enfant va apprendre sans pression extérieure.

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Nous pourrions suivre un programme – je pourrais organiser quelques heures par jour de « travail scolaire », en insistant pour que mes enfants s’y soumettent. Mais j’ai lu tout ce que je pouvais trouver sur l’apprentissage et j’ai 30 ans d’expérience en enseignement et je sais, au fond de moi, que toute contrainte dans l’apprentissage crée soit une résistance ouverte, soit la passivité ou l’apathie, et je ne souhaite aucune de ces choses là pour mes enfants. Apprendre est une chose agréable – ça peut être difficile – mais c’est également agréable. La contrainte est désagréable et apprendre sous la contrainte c’est désagréable, quelque soit nos efforts pour rendre cela intéressant. Les enfants qui n’ont connu que le plaisir d’apprendre sans contrainte font montre d’une incroyable créativité, de confiance, d’intensité, de concentration, de persévérance, de connaissance de soi, et d’un fort sentiment d’être responsable d’eux mêmes.

Tous les parents ne souhaitent pas que leurs enfants grandissent avec de la volonté et un esprit véritablement indépendant. Et, il est pertinent de se souvenir de « faire attention à ce que vous souhaitez ». Si ce que nous voulons, c’est surtout que nos enfants nous respectent et qu’ils adoptent nos croyances et nos objectifs, le unschooling n’est peut-être pas pour nous. Beaucoup de parents ont une définition générale de «succès» dans leur propre tête, et ce qu’ils veulent pour leurs enfants c’est qu’ils atteignent leur version de succès. Beaucoup veulent que leurs enfants soient une preuve vivante qu’ils ont été de bons parents, ils peuvent même être particulièrement intéressés par les résultats qui impressionneront leurs amis, parents et connaissances. Encore une fois, le unschooling n’est probablement pas le meilleur choix dans ces circonstances là.

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Les unschoolers ont aussi des objectifs, qui guident nos interactions avec nos enfants au quotidien. Nous voulons que nos enfants découvrent leur propres passions et qu’ils y sautent à pieds joints, en ayant confiance en eux même et en la vie. Nous voulons que nos enfants sachent, au plus profond d’eux-mêmes, qu’ils sont forts et capables et peuvent faire leurs propres choix individuels. Nous voulons qu’ils soient des libres penseurs autonomes, quitte à s’opposer à la culture dominante et également à la contre-culture. Nous voulons des enfants capables  de penser par eux-mêmes et faire ce qu’ils estiment être juste.

Mais par dessus tout, nous voulons des enfants heureux d’être en vie, aujourd’hui et demain.

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Apprentissage « Slow » – ou apprendre lentement

Traduction de l’article de Wendy Priesnitz « Slow Learning » 
Publié dans « Natural Life Magazine, September/October  2011  »
Traduit de l’anglais par Claire Rakotonimaro

Il y a une définition de l’intelligence qui implique la vitesse, les résultats, et la compétition – trouver rapidement la bonne réponse à une question et le faire plus vite que tous les autres. C’est la définition utilisée par l’école, où dire d’un enfant qu’il est « lent » est un terme désobligeant qui au final veut dire « bête ». Pire encore, les enfants qui ne rentrent pas dans les plans de l’école, qui sont distraits ou qui s’ennuient reçoivent une étiquette comme « learning disabled » (handicapé de l’apprentissage), en français « dys… »

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Les enseignants montrent qu’ils attachent une grande valeur à la vitesse-vue-comme-intelligence en félicitant les étudiants qui peuvent répondre du tac au tac, qui peuvent rapidement donner la bonne réponse à une question orale, qui lève la main les premiers, ou qui choisissent la réponse prescrite dans le temps imparti pour un questionnaire à choix multiple.

Malheureusement, les bonnes performances dans ce genre d’environnement scolaire ne garantissent aucunement qu’une personne s’épanouira dans la vraie vie. Et inversement, de nombreuses personnes indiscutablement intelligentes et qui ont réussi dans la vie, comme Albert Einstein obtiennent des performances médiocres dans un environnement rapide et compétitif comme l’école.

Il n’empêche que bon nombre des parents épousent cette définition dès la naissance de leur enfant. Ils mesurent la vitesse avec laquelle il maitrise les compétences, sont fiers quand il apprend à marcher, à lire ou à parler avant les enfants du voisin.

Où est l’urgence?

Cela fait près de 40 ans maintenant que je plaide pour un parentage différent et pour aider les enfants; au départ on appelait ça « homeschooling », puis « unschooling », jusqu’à ce que mon mari Rolf mijote le terme de « life learning » (« apprendre de la vie ») dans les années 1990. Et puis il y a environ 10 ans, j’ai commencé à définir cette façon d’apprendre dans la vie (et sans école)  dans les termes du mouvement « slow » qui a commencé au milieu des années 1980 avec le lancement de l’association Italienne Slow Food par un  écrivain écœuré pas l’ouverture d’une chaine de fast food à Rome. J’ai réalisé que la plupart des écoles gavent les enfants d’un régime pré-emballé de savoirs « fast food » – des faits épars et sans liens les uns avec les autres destinés à être avalés le plus rapidement possible.

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L’apprentissage Slow » implique d’explorer le monde à son rythme, en y prenant du plaisir; en se posant des questions et en comprenant les expériences que l’on rencontre et celles que l’on crée.

L’apprentissage Slow » implique au contraire d’explorer le monde à son rythme, en y prenant du plaisir; en se posant des questions et en comprenant les expériences que l’on rencontre et celles que l’on crée. Il n’est pas orienté vers des résultats rapides et la compétition. Il s’agit plutôt de savoir créer des hypothèses et de les tester et il fait la promotion de la recherche et du dialogue. Il donne du temps pour expérimenter, pour faire ce qu’on appelle traditionnellement des « erreurs » pour revenir en arrière et faire de nouvelles expérimentations. Il laisse du temps pour ce que l’environnement d’apprentissage rapide appelle « rêvasser » ou pire « perdre son temps ». Il croise les genres et les disciplines plutôt que de séparer le savoir en sujets déconnectés les uns des autres. Il est ancré dans les centres d’intérêt; les besoins et le style d’apprentissage de chaque individu. Et il ne ferme pas à 3 heures de l’après midi, à la fin juin, à 18 ans ou 30 ans ou 65 ans.

L’apprentissage slow comprends aussi que les réponses ne sont justes que dans un certain contexte et favorise le processus personnalisé plutôt que le produit public testable. Comme Ellen J. Langer, professeure à Harvard l’écrit dans son livre « The power of mindful learning » (ndtr: « le pouvoir de l’apprentissage conscient ») (Perseus Books, 1998) « Si nous pouvons remiser l’orientation vers le résultat, nous pourrons découvrir que la liberté de définir le processus à plus de signification que l’obtention d’un résultat qui n’a pas de sens inhérent ou de valeur en dehors de cet environnement particulier ».

Un enfant qui a la chance d’avoir des parents qui protègent son droit à un apprentissage « slow » a du pouvoir. Il est responsable de ce qu’il apprends, quand; comment et pourquoi… et il est libre de choisir quelles personnes et quelles expériences l’aideront dans sa quête.

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Il n’y a aucun besoin que qui que ce soit questionne, quizz ou teste le savoir d’un tel enfant parce que les objectifs poursuivis sont les siens. S’il venait à décider de se lancer dans quelque chose pour lequel il lui manque des savoirs prérequis, il aurait les outils nécessaires pour combler ce manque.

Mais au delà ce ça, il sera un leader non conformiste, innovateur, intrinsèquement motivé, curieux, preneur de risque qui n’arrêtera jamais d’apprendre et qui voit l’éducation comme un processus plutôt que comme une destination à atteindre le plus vite possible.

Ce que mes enfants apprennent dans les jeux vidéos

de Stéphanie Meloche
(Article republié ici avec son autorisation. Original sur son blog.)

ATTENTION ! J’EXPLIQUE UNE SOLUTION DU JEU ZELDA SKYWARD SWORD !!! (Pas quelque chose de gros, mais quand même, certains m’en voudraient peut-être d’avoir vendu la mèche alors soyez avertis !)

 

Mes enfants ne sont pas seuls dans une pièce à jouer à des jeux simplement parce qu’ils n’ont rien d’autre à faire ou parce que mon conjoint et moi ne sommes pas disponibles; on ne se sert pas des jeux vidéos comme d’une gardienne, d’un parent ou d’un ami pour notre enfant !

On les accompagne en étant présent, à côté d’eux pendant qu’ils jouent. On discute avec eux, on commente, on les regarde jouer…Parfois on joue avec eux ! On cherche des solutions sur Internet pour eux ; on leur apporte des collations, quand on croit qu’ils ne prennent plus plaisir à jouer (agressivité, frustration) on leur propose une pause…Ou une autre activité intéressante ! Bien sûr, je ne peux jouer autant qu’eux ; mais nous avons aménagé la maison de façon à pouvoir toujours être près d’eux, disponible quand ils en ont besoin !

Concrètement, voici une liste de ce que mes garçons de 8 et 11 ans ont appris ces derniers mois, d’abord dans le jeu Zelda Skyward Sword ;

  • Ils ont pratiqué leur lecture ! Il y a BEAUCOUP de textes à lire (je dirais l’équivalent de trois romans pour jeune adolescent et peut-être plus avec les répétitions) et ont améliorés leur fluidité et leur rapidité de lecture ;
 
  • Ils ont travaillé la compréhension de textes ; pas le choix, si on veut comprendre toutes les énigmes et les directives données par les personnages ;
  • Ils ont travaillé la compréhension du sens des mots selon le contexte ; il y avait beaucoup de mots nouveaux pour eux et ils relisaient (d’eux-même) plusieurs fois en émettant des hypothèses et parfois devaient revenir lire les directives d’un personnage pour chercher une autre signification ;
  • Ils ont acquis beaucoup de vocabulaire ; ils me demandaient souvent la signification de nouveaux mots et comme ils reviennent plusieurs fois dans les textes ils s’en souviennent encore ;
  • Ils ont travaillé la résolution de problèmes (et mon conjoint et moi également ; certains étaient de vrais défis ! ) ; il y a BEAUCOUP d’énigmes, de séquences assez complexes qu’on doit réaliser dans le bon ordre et TOUT le jeu est conçu de manière à ce qu’on doive réaliser plusieurs « quêtes » dans un certain ordre pour « ouvrir » la suite de la quête principale, de nouveaux indices ou d’autres quêtes connexes…On doit revenir plusieurs fois dans les différents mondes pour reparler à des personnages qui ont de nouvelles informations (et on ne le découvre qu’en cherchant et en émettant des hypothèses), ou pour utiliser de nouvelles compétences acquises lors de défis, combats, résolution d’énigmes (comme une plus grande force de notre épée, la capacité de respirer sous l’eau, la détection d’objets, etc.). Il y a entre autre, des casse-têtes assez complexes pour ouvrir des portes qui nous ont donnés du fil à retordre ! Celui-ci par exemple :

 

Chaque carré représente une salle et les rectangles verdâtres des portes ; on doit déplacer les salles de façon à pouvoir passer de l’une à l’autre par les portes (selon où on se situe, ce qui change après avoir réussi à passer chaque salle). Dans chacune des salles, il y a un parcours à réaliser dans le bon ordre exemple : tirer avec notre fronde sur une plante qui laisse tomber une goutte d’eau dans la lave qui se solidifie en petit île rocheuse flottante, monter dessus (elle se déplace toute seule), tuer quelques bestioles pour ne pas qu’elles nous fassent tomber, atteindre avec notre grappin une cible pour s’y accrocher et pouvoir atteindre une autre porte et l’ouvrir, revenir sur nos pas, passer la porte pour actionner un levier (qui fait refermer la porte mais ouvrir une autre), etc. etc. Si la séquence n’est pas parfaitement réalisée en effectuant les démarches aux bons moments (et dans l’ordre, toujours), on doit tout recommencer !

Et celui-là :

 

Chacun des cercles tourne dans un certain sens quand on actionne un bouton avec notre fronde ; certains cercles (les petits) tourne de plus d’un tour et les plus grands de moins d’un tour et ils ne vont pas tous dans le même sens en même temps ! Certains éléments ne bougent pas à certains moments ce qui peut bloquer certaines stalles ; on doit réussir à aligner les stalles et trois sections d’un pont en pierres en une seule ligne en actionnant les boutons dans le bon ordre.

  • Ils ont travaillés plusieurs autres notions comme ; la musique (rythme), le calcul (ramasser des émeraudes et acheter des objets et des potions), la persévérance (recommencer parfois plusieurs fois un même combat ou une longue séquence), leur créativité (parfois on doit chercher vraiment beaucoup et essayer plusieurs choses sans avoir d’indices) ;
Dans cette séquence, les trois yeux regardent dans tous les sens ; lorsqu’on s’approche d’un oeil il se met à nous suivre. L’astuce (qu’on a mis du temps à comprendre !!) consiste à rapprocher une caisse pour la placer à endroit précis qui est exactement le point où se croise les trois espaces où on est assez près des trois yeux en même temps pour qu’ils se synchronisent (ouf ! pas certaine d’être clair là). Bref, par la suite Link doit sortir son épée et faire des cercles devant lui pour « étourdir » les trois yeux, ce qui ouvre la porte !
  • Ils ont développé leur aptitude à se repérer sur un plan et une carte (parfois les cartes comportent différents niveaux de planchers ce qui complexifie la chose) ;
  • Ils ont développé leur capacité à visualiser en trois dimensions (comme lorsqu’ils devaient trouver la façon d’insérer des clés en 3D dans une serrure) ;
  • Ils ont travaillé leur mémoire ; entre autre dans le désert, il y a des chemins sur lesquelles on peut marcher sous le sable mais on ne les voit que sur une carte qu’on doit refermer pour avancer…Et si on marche à côté, on meurt. Il y a aussi toutes les séquences et indices qui ne font sens qu’après avoir réalisé certaines épreuves ; on doit alors se souvenir qui a dit quoi sur la suite des choses si on veut continuer la partie ;
  • Je dois ajouter aussi tous les intérêts, questions et/ou discussions que ce jeu a déclenché ou alimenté ; les pierres précieuses, les jeux de rôles, l’invention d’histoires et d’aventures, les araignées, les dragons (mythologie et légendes), l’aérodynamisme (oiseaux et avions), la conception de dessins en 3D à l’ordinateur (avec le programme sketchup de Google, ils ont essayé de reproduire la clé qu’on voit ci-dessus), le dessin, la couture (ils ont essayé de se fabriquer des chapeaux comme celui de Link), le travail du bois (épées et boucliers), la décoration intérieur (ils ont cherché et trouvé plusieurs images et vidéos de chambres et pièces décorées comme les paysages du jeu et conçu et dessiné la déco de leur future chambre), les volcans, l’architecture, la sculpture…
Voilà un bon résumé…Sûrement pas complet, mais cela peut vous donner une bonne idée ! Dans la deuxième partie de cet article, j’aborderai les apprentissages qu’ils font dans le jeu MINECRAFT ! C’est absolument inimaginable les possibilité de ce jeu qui est génial (du mot « génie » rien de moins) !

Deschooling pour les parents

de Sandra Dodd – Traduit par Sylvie Martin Rodriguez (révisé par Béatrice Mantovani)
L’article original en anglais : Deschooling for parents
La traduction française originale sur le site de Sandra Dodd est ici.
Publié sur ce blog avec la permission de Sandra Dodd.

Comment se « déschooler » expliqué aux parents !

Il était une fois un étudiant expérimenté et sûr de lui qui allait rencontrer le meilleur professeur zen qu’il connaissait, pour lui demander s’il pouvait être son élève. Le maître lui offrit du thé et lui tendit une tasse. Pendant que l’étudiant récitait tout son savoir et tout ce qu’il avait accompli jusqu’à ce jour, le maître continuait de verser le thé, lentement. Le vantard continuait à parler, le maître continuait à verser le thé, jusqu’à ce que l’étudiant se rende compte que sa tasse était pleine et qu’il s’écrie : « ma tasse est pleine ! ». Le maître sourit et dit : « oui, elle l’est. Et jusqu’à ce que tu te délestes toi-même de ce que tu penses savoir, tu ne seras pas capable d’apprendre ».

Weird Al le dit d’une autre manière dans « Everything you know is wrong » (« tout ce que vous savez est faux »). Ce que cela signifie, en terme de « homeschooling », c’est qu’aussi longtemps que vous pensez pouvoir contrôler et ajouter ce que vous savez déjà, il vous sera difficile de vous ouvrir au « unschooling ». Plus vite vous viderez votre tasse, plus vite vous vous ouvrirez aux nouvelles idées avec tolérance, plus vite vous verrez l’apprentissage naturel s’épanouir.

Assez de philosophie…
Comment faire ?

Cela peut-il marcher pour les anciens professeurs ? Qu’en est-il des ingénieurs qui sont persuadés que leurs enfants ont besoin d’une certaines quantité de mathématiques, et d’être très organisés ? Qu’en est-il des mamans qui aiment les programmes et l’organisation ?

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Le deschooling est bien plus nécessaire aux parents qu’à leurs enfants. Je dois encore me débarrasser de tout un tas de manies scolaires et inconscientes, qui refont surface au moment où je m’y attends le moins : je les attrape, je les mets dans une boîte et j’essaie d’oublier.

Voici un moyen de se préparer au deschooling et d’éliminer le stress dû aux pertes de temps lorsqu’on tente de mettre en place le unschooling avec du scolaire :

Pour une rapide mise en place du unschooling : Arrêtez !

Arrêtez de pensez de façon scolaire. Arrêtez d’agir comme un enseignant. Arrêtez de parler de l’apprentissage comme étant séparé de la vie.

Pour une mise en place graduelle (nécessaire pour la plupart de ceux qui ont été élevés de façon scolaire) :

  • Pensez à tout ce que vous avez appris. Vous pouvez faire une liste dans laquelle vous compterez certaines choses comme changer l’huile de votre moteur, ou celle de votre friteuse. Comptez aussi l’utilisation d’une machine à calculer, ou d’une machine à coudre. Comptez le vélo, l’observation des oiseaux. Comptez comment vous avez appris à roter et comment vous avez appris à tourner comme une toupie les yeux fermés, si vous voulez. Pensez à tout ce qu’il était amusant d’apprendre et à tout ce que vous avez appris en dehors des murs de l’école.
  • Regardez certains ou tous les films de la liste ci-dessous. S’ils vous font penser à d’autres films que vous n’avez jamais vus, regardez-les aussi. Regardez ces films avec ou sans vos enfants :
    • Mary Poppins
    • Heidi (avec Shirley Temple)
    • The sound of music (« La Mélodie du bonheur »)
    • Searching for Bobby Fisher (« À la recherche de Bobby Fischer »)
    • La folle journée de Ferris Bueller.

Vous n’avez pas besoin de réfléchir trop profondément au sujet de ces films. Pas de tests, d’analyses ou de comptes-rendus. Laissez simplement les images et les idées vous traverser et flotter en vous. Revenez à ces films un peu plus tard, après avoir unschoolé quelque temps.

  • Souvenez-vous de l’école. Respirez et imaginez l’année que vous avez préférée. Voyez tous les éléments qui la composaient et son organisation. Est-ce que c’est précis ?

OK. Voici comment apprendre à ne pas recouvrir votre vie de unschooling avec tout cela, là où la structure et la terminologie dérangeront la paix et entraveront le progrès. Je vous demande de prendre vos souvenirs d’école, d’y ajouter de la lumière et d’agiter le tout. 

Première phase : « Apprendre » remplace « Enseigner ».

Remplacez toutes les formes du verbe « enseigner » par « apprendre ». Cela impliquera quelques modifications dans la tournure de vos phrases, et quelquefois, vous devrez remplacer et réviser totalement le discours ou l’idée. Remplacez : « Je lui ai enseigné… » par « Il a appris… ». Remplacez : « Je projette de lui enseigner… » par « Quand il apprendra… » (peut-être voudrez-vous, rétrospectivement, réviser vos pensées antérieures. Si vous pensez que vous avez appris à manger à votre enfant, ou à parler ou à marcher, peut-être voudrez-vous remplacer ces souvenirs par « Il a appris à marcher en se mettant debout et en essayant », et ainsi de suite…).

Phase avancée : L’abandon d’une certaine façon de parler

N’utilisez plus aucun de ces mots scolaires : semestre, note, niveau, classe, matière, année scolaire, heures scolaires, jour d’école. N’ayez même pas une minute scolaire. Lorsque l’école sera évacuée, la vie restera.
Prenez une boîte avec un trou. C’est important. Au sens littéral ou imaginaire, si vous êtes timide. Si vous prononcez un mot scolaire, mettez une pièce dans votre « boîte à amendes ». Si vous utilisez ce mot pour vous convaincre que le unschooling ne marchera pas, doublez l’amende.

Quand la boîte est pleine, dépensez cet argent pour votre enfant et vous-même. Une glace, ou un film peut-être… ou un ballon à l’hélium. Surtout pas un cahier d’exercices ou un rapporteur. Si, au bout d’une année, la boîte n’est pas remplie, emmenez toute votre famille dîner dans un bon restaurant que vous ne connaissez pas et fêtez l’évènement !

Phase finale : L’abandon de certaines pensées.

Si seulement ces pensées scolaires effleurent votre esprit, donnez-vous une amende.

Après avoir supprimé les concepts problématiques, vous aurez davantage de place disponible dans votre tête pour votre toute nouvelle conscience du « unschooling ».

  • Changez votre programme. Certaines personnes aiment que l’apprentissage soit fragmenté, uniforme sur une année, une semaine ou un jour. Mais la vie est pleine d’aspérités. Comme dans la théorie du chaos, ou dans les statistiques et les probabilités, il y a des périodes actives et des périodes très calmes qui semblent ne mener nulle part, mais qui, en fait, ont une destination. Pensez à des bonds, des sauts, suivis de pauses.

Au lieu de vouloir un rythme régulier, recherchez les « à-coups ». Quelle importance si un enfant joue du piano pendant une semaine entière en pratiquant deux heures par jour, et qu’ensuite, il en ait marre et qu’il arrête pour le reste du mois ? Tout ne serait pas perdu, fini, ruiné. Quelle importance si un jour, il comprend un concept mathématique ? Allez-vous re-calibrer le niveau auquel vous voulez qu’il travaille ? Ou peut-il faire une pause pour un mois ou un an sans que vous paniquiez ? A l’école, on explique à chaque enfant les tables de multiplication. Ensuite, ils entendent cette même explication encore et encore lorsque le professeur la répète encore et encore dans l’espoir que quelques autres enfants la comprendront aussi ce jour-là.

Le rythme régulier de l’école est un faux-semblant parce que :
1) Il n’est pas réel ;
2) Il n’est pas applicable à un apprentissage naturel.

Faire de l’Histoire 180 fois par an, c’est comme essayer d’apprendre à chanter à un cochon. En une bonne demi-heure, un enfant motivé et curieux (un enfant prêt) pourrait en apprendre autant sur la guerre civile ou sur Apollo 11 que ce qu’il apprendrait en une semaine d’école. Et l’Histoire est tout autour de nous, en permanence. Nous faisons l’Histoire, aujourd’hui même.

  • Observez votre enfant. Observez-le sans aucune attente. Essayez de voir ce qu’il fait vraiment, plutôt que de voir ce qu’il ne fait pas. Si vous tenez vraiment à évaluer l’apprentissage et que vous observez votre enfant avec cette intention, il vous sera difficile d’y voir clair. Observez simplement.

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Lorsque vous aurez fait certains ou la plupart des exercices ci-dessus, que vous ne serez plus tendu à l’idée de savoir si votre enfant pourra éventuellement entrer à l’université, et que vous pourrez entendre les mots « exercices de math » sans penser « peut-être que nous pourrions en essayer certains… », vous pouvez vous considérer comme diplômé de l’Université de Deschooling de Sandra Dodd.

Félicitations !

Ci-dessous, voici la combinaison de votre projet final et de votre voyage d’étude : Louez des films et regardez-les avec vos enfants. Voici la liste que je recommande, mais donnez la priorité à vos préférences. Vous pourriez avoir de meilleures idées :

Spartacus
Le Cid
Ben Hur
Le Roi et moi
Monty Python
Star wars (la totale)
Karaté Kid (les trois d’un seul coup, c’est super !)
Hamlet (j’aime celui avec Mel Gibson)
Roméo et Juliette (celui de Zeffirelli, dans les années 60)
Chantons sous la pluie
Joseph and the amazing technicolor dreamcoat
O Brother
The music man
Last action hero
Galaxy Quest
The miracle worker
Fly away home
Paper moon (recommandé par Holly)

Discutez-en un peu, ou aussi longtemps que vos enfants s’intéressent à la discussion. A cette étape là, vous aurez déjà passé le cap d’avoir besoin de savoir s’il y a quelque chose de valable à apprendre dans ces films, et vous verrez vos enfants apprendre et rire, heureux que vous soyez là.

Prenez du plaisir à apprendre pour le reste de votre vie !

La face cachée des jeux vidéos

de Stéphanie Meloche
(Article republié ici avec son autorisation. Original sur son blog.)

J’ai dit durant des années qu’il n’y aurait jamais de jeux vidéos dans ma maison. Je *croyais* que c’était mauvais pour les enfants, que cela le empêchait de faire autre chose de plus « constructif », comme de jouer dehors ou de lire des livres.

Puis, je me suis demandé sur quoi mes *croyances* s’appuyaient. Elles s’appuyaient sur « ce que les gens en disent » , sur les articles et reportages dans les médias qui parlaient de la violence à la télévision et dans les jeux vidéos.

Pour ce qui est de la première source (les gens), je me suis dit que j’avais souvent fait des choix dans ma vie qui allaient « à l’encontre » de ce que « les gens en disent » , comme l’allaitement prolongé, le cododo, ne pas faire baisser la fièvre systématiquement quand mes enfants sont malades, endormir mes enfants dans mes bras, ne pas laisser mes enfants pleurer, ne pas faire vacciner, arrêter moi-même de boire du lait de vache plutôt que de donner un médicament anti-reflux à mon enfant allaité (on m’a dit que j’aurai des carences en calcium et que je ferai de l’ostéoporose plus tard…Pffff! Ce qu’on peut faire croire aux gens pour prescrire une pilule à un enfant!!!), démissionner d’un « bon » emploi « bien payé » parce que je n’y étais pas heureuse, rester à la maison pour être avec mes enfants au lieu de « faire quelque chose d’utile » (oui! oui! c’est un vrai commentaire qu’on m’a dit!), ne pas envoyer mes enfants à la garderie et j’en passe! Pour tous ces choix, j’ai beaucoup lu sur le sujet et à différentes sources; j’ai lu les arguments « contre » et les arguments « pour » et à chaque fois, j’ai réalisé que les « contres » venaient de personnes qui disaient savoir mieux que moi ce qui est bon pour mon enfant et qui ne s’appuyaient sur rien de solide. J’ai donc fait mes choix en conséquence.

Pour ma deuxième source (les médias), j’ai beaucoup réfléchis et j’ai mieux écouter, mieux lu ce qui se disait sur les jeux vidéos et j’en ai conclu qu’encore une fois, les « dangers » avancés ne s’appuyaient sur aucunes données scientifiques, aucunes études comparatives, que c’était simplement les conseils des « spécialistes ».

J’ai réalisé alors que dans ma vie, certaines phrases entendues souvent dans mon entourage et même de certains « spécialistes de l’enfance » étaient devenues des « vérités » simplement à force de répétitions. Elles restaient (et restent encore) dans ma tête et se transformaient (se transforment) en une réponse facile, automatique pour bien des problèmes et des questions, sans s’appuyer sur une base solide.

Alors j’ai lu sur les jeux vidéos! J’ai cherché des études, des ressources…Ce que j’ai découvert m’a fascinée!

Les jeux vidéos sont utilisés en gériatrie pour stimuler la mémoire, retarder certaines maladies comme l’Alzheimer,  les troubles de la mémoire causées par le vieillissement et l’inactivité du cerveau, soulager les douleurs rhumatismales et arthritiques;

Les jeux vidéos servent à traiter – et guérir – les phobies comme l’arachnophobie, l’agoraphobie et l’acrophobie (peur des hauteurs) entre autres;

Les jeux vidéos servent aussi dans certains cas de dépression et de maladies mentales;

Ils servent à certaines personnes handicapées à apprendre à devenir plus autonomes;

Ils servent à toutes sortes d’apprentissages très techniques comme aux pilotes d’avions qui se pratiquent à réagir rapidement et efficacement en cas de problèmes mécaniques graves ou en cas d’attaque terroriste!

J’ai aussi appris que l’industrie des jeux vidéos représentent 1,7 milliards de dollars dans l’économie canadienne et que les emplois de ce secteur sont bien mieux payés que la moyenne canadienne tous secteurs confondus (source ici). Voici quelques chiffres;

« Portrait de l’industrie au Canada

15700 personnes travaillent dans l’industrie du jeu vidéo au Canada, dans 347 entreprises. L’industrie représente 1,7 milliard de dollars dans l’économie canadienne.

Le salaire moyen dans ce secteur est de 40 000 à 73 000 $ par an, comparativement au salaire moyen de 29 000 $ pour le reste de l’économie du pays.

Les emplois dans le secteur du jeu vidéo sont détenus en grande partie par des jeunes.

La croissance annuelle de l’industrie a été de 11 % ces deux dernières années et Secor prévoit une croissance de 17 % par an d’ici deux ans.

L’industrie canadienne du jeu vidéo se classe au 3e rang mondial, derrière les États-Unis et le Japon, ou au premier rang par habitant si l’on tient compte des niveaux d’emplois dans les autres pays. »

Pourquoi les jeux vidéos ont si mauvaise réputation ? Ne fait-on pas de la projection de « scénarios catastrophes » sur nos enfants pour quelques cas de dépendance ou de violence qu’on a relié aux jeux vidéos ? Les dépendances ne sont-elles pas plutôt reliées à un manque à combler ? La violence ne vient-elle pas plutôt de nos propres blessures ? La crainte des jeux vidéos ne vient-elle pas plutôt d’un manque de confiance en nous comme parent, comme accompagnateur ?

Si mon enfant passait ses journées à lire des livres et à écrire des histoires ? Et si mon enfant passait son temps à réaliser des expériences scientifiques et à vouloir devenir un grand chercheur ? Et si mon enfant voulait devenir policier pour protéger les gens ? Est-ce que je m’inquiéterais de le voir passer autant de temps  à cet intérêt, cette passion ? Ne serais-je pas fière d’en parler autour de moi ? Qu’est-ce qui est différent avec les jeux vidéos ?

Ce qui est différent avec les jeux vidéos, c’est que ceux qui en parlent en mal, ne connaissent pas les jeux vidéos!

J’ai lu sur les jeux vidéos! J’ai cherché des études, des ressources, des articles, des témoignages…Ce que j’ai découvert m’a fascinée!

Et vous ? À quoi jouez-vous ?

Ü

Bien mettre en œuvre le unschooling

de Sandra Dodd, 2012
Traduction : Malika Kergoat, 2015
Publié sur ce blog avec la permission de Sandra Dodd – l’original en français est ici.

Original en anglais : Meet Sandra Dodd as she tells us about Doing Unschooling Right !

Lisa Cottrell-Bentley a organisé une téléconférence avec différentes personnes faisant de courtes vidéos sur toute une gamme de sujets. On m’a demandé d’en réaliser une sur le unschooling, c’est ce que vous trouverez ci-dessous, avec des notes et la transcription du texte.

Sandra Dodd est impliquée dans l’attachement parental depuis 1986 et dans le unschooling depuis que son fils ainé, Kirby, n’est pas allé à l’école, en 1990.

Elle vit à Albuquerque avec son mari Keith, son fils Marty et sa fille Holly, de jeunes adultes qui vont à l’université publique et qui ont de riches vies. Kirby travaille pour Blizzard Entertainment, à Austin. Tous les trois ne sont jamais allés à l’école et ont dépassé l’âge scolaire, mais pas celui d’apprendre ! Pas plus que leurs parents !

Sandra est une ancienne professeur d’anglais dont les autres emplois ont toujours été liés aux mots, aux idées ainsi qu’aux apprentissages, et dont la vocation et le loisir sont devenus d’aider les autres parents à trouver des voies pour vivre de manière plus riche et sereine avec leurs enfants. Le site internet de Sandra contient sa collection croissante de notes, écrits et exemples recueillis auprès de plus de cent familles vivant le unschooling depuis bientôt deux décennies de discussions en ligne.

Dans « Doing Unschooling Right » – Bien mettre en œuvre le unschooling – Sandra nous donne des suggestions sur des manières de créer et d’entretenir un environnement dans lequel l’apprentissage naturel peut fleurir.

Si les sous-titres ne s’affichent pas automatiquement, cliquer sur l’icone des sous-titres : le rectangle blanc avec les lettres CC.

 

Texte de la vidéo :

Bonjour. Je suis Sandra Dodd. J’aimerais vous donner quelques conseils pour bien mettre en œuvre le unschooling. Cette vidéo a été réalisée pour la téléconférence « Doing Life Right », en 2012.

Il n’y a pas une seule et unique bonne façon de vivre le unschooling, mais il y a de nombreuses routes qui, à terme, éloignent de la réussite ; j’aimerais donc vous dresser les grandes lignes pour devenir un heureux « parent-unschooling » – un parent en dehors des clous scolaires *.

Le unschooling s’inscrit dans le mouvement de réforme scolaire et de recherche de la fin des années 1960 et du début des années 70. John Holt, dans ces années-là, écrivit au sujet de la réforme scolaire, mais vers la fin des années 70, il s’est mis à recommander aux parents de garder leurs enfants à la maison.

Aux Etats-Unis, l’école à la maison est apparue dans les années 1980, avec les fondamentalistes chrétiens qui pensaient que les écoles ne contrôlaient pas suffisamment les enfants et leur donnaient trop d’information. Mais le unschooling était déjà pratiqué par des familles qui avaient le sentiment que les écoles contrôlaient trop et donnaient trop peu d’information. Il y a donc là, une grande dichotomie.

John Holt a écrit : « Aux parents, je dis, par dessus toute autre chose, de ne pas laisser leur foyer se transformer en une affreuse copie miniature de l’école. Pas de plans de cours ! Pas de questionnaires ! Pas de contrôles ! ».

Ma définition du unschooling est « créer et entretenir un environnement dans lequel l’apprentissage naturel peut fleurir ».

L’environnement dont je parle – que nous appelons parfois un cocon unschooling – ne correspond toutefois pas seulement à l’espace physique de la maison. Cela englobe les relations au sein de la famille et l’exploration du monde à l’extérieur de la maison à la fois par les parents et les enfants. L’environnement émotionnel est crucial – les relations.

Il y a un autre bon conseil en général – pas seulement pour le unschooling, pour tout ce que vous voulez apprendre.

Lisez un peu, essayez un peu, attendez un certain temps, observez.
Lisez un peu plus… essayez un peu plus …

Et petit à petit, vous verrez de plus en plus d’apprentissages se produire, et bientôt cela arrivera tout le temps !

Les parents doivent devenir des « unschoolers »,
– c’est à dire sortir du schéma scolaire * –
ils doivent devenir des « parents-unschooling »
– des parents qui pensent à l’opposé du schéma scolaire * –
et ce processus ne se fait pas en un jour.
Pour commencer, apprenez ce qu’est l’apprentissage.
Pas ce qu’est l’école et ce genre d’apprentissages, mais apprenez comment l’apprentissage naturel se produit en situation réelle.
Repensez à la manière dont les bébés et les tout-petits apprennent.
Rappelez-vous comment vous avez appris des jeux, des chansons, comment cuisiner ou réparer ou construire des choses en dehors de l’école.

Et pendant que vous trouvez de nouvelles manières de voir le monde, votre enfant apprendra en jouant et en posant des questions.

Soyez son partenaire, pas son adversaire.
C’est le meilleur conseil que j’aie jamais reçu et il me vient de La Leche League.
Soyez son partenaire, pas son adversaire.
Aider-le à trouver, à réaliser et à explorer les choses qu’il a envie de faire.
Encouragez-le. Rendez cela possible et offrez votre aide. Voyez tout ce qui est bien chez votre enfant.

Soyez le genre de personne que vous voulez que votre enfant soit.
Nourrissez votre propre curiosité et gaieté.
Trouvez de la gratitude et de l’abondance dans votre vie.
Explorez. Faites des liens entre les choses de votre coté.
Partagez-les avec vos enfants quand cela les intéresse.

Trouvez et rencontrez d’autres familles vivant le unschooling et imitez celles dont les relations au sein de leur famille et la compréhension de l’apprentissage semblent les meilleures.

Lisez un peu. Essayez un peu. Ne faites pas ce que vous ne comprenez pas.

Attendez un certain temps. Vous ne verrez probablement pas de changement immédiat. Mais ne déracinez pas vos plantes pour voir si elles grandissent. Ce n’est bon pour aucune plante ni pour aucun enfant. Soyez patient. Ayez la confiance que l’apprentissage peut se produire si vous y donnez du temps et de l’espace.

Observez vos enfants. Sont-ils calmes ? Sont-ils heureux ? Sont-ils curieux et intéressés par les choses ? Ne gâchez pas leur tranquillité ou leur joie par des limites arbitraires ou par des vexations ou en leur mettant la pression. Soyez leur partenaire.

Abraham Maslow a dit dans sa hiérarchie des besoins que l’apprentissage ne peut pas avoir lieu quand les gens ont peur ou faim, alors donnez à manger à votre enfant avec plaisir. Partagez nourriture, sourires et rires.
Regardez des films ensemble.
Ecoutez de la musique.
Explorez Internet. Suivez des pistes d’information. Faites des connexions.
Touchez votre enfant avec douceur. Sentez leurs cheveux. Détendez-vous en reconnaissant le bienfait que procure la présence de chaque enfant dans votre vie.

Si vous pouvez envisager le genre de relations et de vie d’apprentissages que vous voulez avoir, alors à chaque fois que vous faites un choix, choisissez celui qui vous rapproche le plus de votre but.
Apprenez à prendre plusieurs décisions par jour et choisissez les options les plus sereines, les plus bienveillantes chaque fois que vous le pouvez.
Faite le choix de rendre votre vie plus positive et moins négative.
Je n’insisterai jamais assez sur ce point.
Les familles que je vois échouer sont négatives.
Elles s’accrochent à leur négativité. Elles s’accrochent au cynisme et au pessimisme. Jetez tout ça. Choisissez l’optimisme.
Choisissez la joie.

Certaines choses ne sont pas possibles, mais n’ayez pas de règles arbitraires.
Si vous dites « non », dites non pour une véritable et bonne raison.
Prenez en compte de dire « oui » plus souvent. C’est sain.

Créez de bons souvenirs pour votre enfant.

Regarder directement votre enfant sans filtres ou étiquettes.
Même un nouveau-né est la personne qu’il sera une fois adulte et vieux.
Les bébés ne sont pas de futurs humains. Ils sont des personnes à part entière. Aidez-les à rester entier et à grandir exemptés de peines et de vexations.
Mon mari Keith a dit, un jour que quelqu’un lui demandait ce que nous souhaitions accomplir avec le unschooling, que nous voulions que nos enfants grandissent intacts.

Si vous pouvez apprendre à choisir de vivre une vie d’apprentissages et de joie avec vos enfants, le unschooling peut marcher pour vous.

Merci d’avoir écouté « Doing Unschooling Right » – Bien mettre en œuvre le unschooling. Pour des liens vers des ressources gratuites de Joyce Fetteroll, Pam Laricchia et d’autres fabuleux penseurs et auteurs du unschooling, merci d’aller sur sandradodd.com

Toutefois, avant cela, allez et faites quelque chose d’agréable avec un enfant.
Ensuite lisez un peu, essayez un peu, attendez un certain temps et observez


Notes :

Alors que j’échangeais avec les gens sur le fait d’avoir accepté de faire cette vidéo, Colleen Prieto a écrit ceci. Elle ne veut pas le dire et être filmée, mais quand je l’ai lu, ultérieurement, j’aurais aimé avoir dit toutes ces choses. Donc, en complément, voici ce que Colleen pensait que je devrais envisager de dire ☺

Regardez vos enfants. Regardez-les vraiment et voyez qui ils sont et non qui vous voudriez qu’ils soient. Apprenez à les connaître. Soyez gentil avec eux. Plus gentil que gentil. Soyez bienveillant. Aimez-les, embrassez-les et câlinez-les et Soyez avec eux. Jouez avec eux. Ecoutez-les. Ne vous adressez pas à eux, parlez avec eux.
Soyez patients et calmes.

Aimez votre époux(se) ou conjoint(e) si vous en avez un(e).
Soyez bon, gentil et patient avec votre époux ou conjoint également. Souvenez-vous que vous êtes une personne importante et saisissez quand vous le pouvez des moments pour vous reposer, manger, respirer ou vous poser, de manière à ce que vous puissiez rester dans de bonnes dispositions quand vos enfants ou votre époux/conjoint sont fatigués ou de mauvaise humeur.

Emplissez votre foyer de sérénité, de jouets, de choses intéressantes, de choses bonnes à manger et d’amour.

Créez l’abondance pas le manque, même si vous avez peu de ressources financières. L’amour, la sérénité et le bonheur ne coûtent rien ☺

Dites beaucoup « oui ». Faites des choses, allez visiter des lieux et explorez le monde ensemble en famille – que le monde veuille dire, pour vous, votre jardin, votre quartier, votre ville, votre département/pays, ou une immense partie du globe.

Partagez vos passions et vos intérêts avec vos enfants et votre conjoint, et réjouissez-vous des leurs.

Prenez conscience que votre manière de vivre le unschooling et celle de quelqu’un d’autre ne vont pas exactement se ressembler et cela parce que vos enfants et leurs enfants, votre conjoint et son conjoint, votre maison et leur maison, vos intérêts et leurs intérêts… ne sont pas les mêmes non plus. Mais continuez à lire, parler et penser à ce que vous êtes en train de faire et soyez attentif à ce que font les autres. Tirez des leçons de l’exemple des gens qui ont été dans cette situation et ont fait cela, et soyez un exemple pour ceux qui vont venir après vous sur le chemin du unschooling.

C’est ce à quoi, pour moi « Bien mettre en œuvre le unschooling» ressemble ☺

* notes de la traduction

Pourquoi vous n’arrivez pas à lâcher prise

de Joyce Fetteroll
Transcription d’une présentation intitulée « Why you can’t let go » donnée à la Conférence Live and Learn de 2002
Traduit de l’anglais par Béatrice Mantovani

Beaucoup de unschoolers, même s’ils adoptent sans hésitation le unschooling, se sentent encore occasionnellement attirés par des cours. [NdT: le mot utilisé en anglais est « curriculum », et désigne les cours par correspondance ou les cahiers faits pour apprendre des matières académiques, pas les cours pris dans une école spécialisée comme la danse ou la musique, par exemple.] Il serait réconfortant, parfois, que quelqu’un nous tienne la main pour nous aider à guider nos enfants. Nous savons que les avantages du unschooling l’emportent sur les avantages d’un certain confort, et pourtant, quand même …

Qu’est-ce qui fait que les cours sont si attirants ? Par cours, je veux dire tout ce qui est conçu pour amener les enfants de là où ils sont à là où nous voulons qu’ils soient, que ce soit une année complète de cours dans une boîte ou un cahier d’exercices de maths. Pourquoi est-ce si attrayant ?

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Chacun de nous a sûrement sa propre liste d’avantages, mais quelques-uns de ceux qui me sont venus à l’esprit pour les parents :

1) Les cours suppriment le fardeau et la responsabilité de faire un choix, ils nous permettent d’être assurés que les enfants reçoivent la bonne information de la bonne manière.
2) Les cours fournissent des preuves que les enfants apprennent des choses «importantes». Ils soulagent nos inquiétudes quant à savoir si les enfants apprennent ce dont ils ont besoin. En effet, les connaissances «académiques» paraissant artificielles, il nous semble qu’elles ne peuvent pas être apprises de la vie.

Et quelques-uns des avantages à suivre un cours, pour nos enfants:

1) Cela bâtit une structure. Ils peuvent remplir les détails plus tard.
2) Cela établit une base sur laquelle s’appuyer.
3) Cela fournit une clé pour comprendre tout le reste.
4) Cela filtre «les choses qui sont une perte de temps» et présente l’essentiel, les choses importantes.

Maintenant, pensez à quelque chose que vos enfants ont appris par eux-mêmes, comme parler ou marcher, et essayez de voir si la liste des avantages marche dans ce contexte. Ont-ils un sens ?

Maintenant, pensez à l’apprentissage d’une langue étrangère à l’école. La liste des avantages a un sens, là. Et pourtant, qu’est-ce qui a le mieux fonctionné ?

Ce que cela implique, c’est que si nous ne pouvons pas vivre quelque chose, alors nous avons besoin d’un substitut. Donc, un cours est simplement un substitut à la vie. Un substitut plutôt médiocre! Et parce que c’est un piètre substitut nous avons besoin de contrôler et de vérifier par deux fois pour nous assurer qu’il nous donne les résultats que nous espérons obtenir.

Je vais mettre les avantages de côté pendant un moment et parler de ce à quoi ressemble l’apprentissage naturel. Une des choses insatisfaisantes, à propos du unschooling, c’est que ça ne ressemble pas au modèle que nous avons dans nos têtes de ce à quoi l’apprentissage est censé ressembler. Mais comparer l’apprentissage naturel à l’apprentissage scolaire est comme comparer des choux et des carottes. Si nous nous attendions à ce que nos plants de choux produisent des carottes, nous serions bien mécontents quand il produisent des choux. Donc, ce dont nous avons besoin c’est d’avoir en tête l’image d’un chou, une image de ce à quoi l’apprentissage naturel ressemble.

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Imaginez l’acquisition des connaissances comme l’assemblage d’un immense puzzle.

Avec l’apprentissage naturel, les enfants plongent dans le puzzle de la manière qui leur semble intéressante. Ils assemblent les pièces ici et là, en travaillant un peu partout dans le puzzle. Ils ne vont pas dans un ordre particulier. Ils vont s’en tenir à un seul endroit, ou bien passer d’un endroit à l’autre, en fonction de ce qui est plus intéressant pour eux. Ils vont tomber sur des choses nouvelles et intéressantes. Ils vont voir des choses connues dans des lieux inconnus, donnant aux lieux inconnus un sentiment de familiarité mais les rendant aussi intrigants.

Bien sûr, des cours vraiment mal fichus pourraient aussi sauter dans tous les sens!

Mais il y a trois choses puissantes dans le processus naturel d’apprentissage.

La première chose est l’intérêt. Quand les enfants veulent quelque chose, quand ils veulent comprendre quelque chose, c’est comme s’ils avaient un vide en eux. Parfois, le vide est grand. Parfois, il est petit. Mais quelle que soit sa taille, il veulent absorber des connaissances jusqu’à ce que le vide soit rempli. Quand on enseigne à des enfants qui ne veulent pas ou n’ont pas besoin de l’information, ils n’ont pas de vide qui va aspirer les connaissances, et l’absorption d’information doit être forcée.

La deuxième chose qui est puissante est que les éléments sur lesquels les enfants travaillent leur sont utiles au moment présent. Ce sont des outils et des informations dont les enfants ont besoin maintenant, pas des choses potentiellement utiles pour l’avenir, à ranger jusqu’à ce qu’ils en aient besoin «un jour». La chose géniale au sujet des outils, c’est qu’il est facile de voir s’ils fonctionnent ou pas. Et ce qui est spécial à propos de ces outils est qu’ils n’ont pas besoin d’être complets pour être utiles. Ils ont juste besoin d’être fonctionnels. Il y aura des lacunes par rapport à ce que quelqu’un d’autre pourrait savoir, mais il n’y aura pas de lacunes fonctionnelles. Un enfant ne peut pas faire du vélo sans avoir compris comment utiliser le guidon. Cette lacune ne peut tout simplement pas exister longtemps. Mais certains enfants auront une lacune par rapport aux chemins en terre s’ils n’ont pas besoin ou envie d’aller au-delà des rues pavées.

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La troisième chose qui est puissante est l’intégration. A mesure que les enfants agencent des pièces dans une zone du puzzle, les pièces sont aussi inconsciemment assemblées dans d’autres domaines. Et mieux encore, les zones dans lesquelles la pièce s’insère peuvent fournir des indications. Une zone peut déclencher une «alarme» si un enfant est sur le point d’ajouter un morceau à un autre domaine qui n’a pas de sens.

Par exemple, accumuler des connaissances sur les faucons va ajouter des pièces à la zone «carnivores» ainsi qu’à beaucoup d’autres domaines. La zone «carnivores» obtiendra également des pièces du puzzle «chats et chiens» et «tyrannosaure» et «requins». Cela va développer l’image que l’enfant se fait du comportement carnivore. Ensuite, si un enfant pense avoir entendu «les faucons mangent du riz», cette donnée n’aura aucun sens dans le domaine «carnivore». Le cerveau de l’enfant se bousculera donc à la recherche de mots qui se trouvent à la fois dans la zone «mots qui finissent par le son ‘ri’» et dans la zone «nourriture pour carnivore». Il va sans doute dire: «Oh, des souris! » Ou, s’il ne trouve rien: «Ça ne me semble pas correct!» Quoi qu’il fasse, il ne va pas bêtement accepter un fait. Il veut que les zones fonctionnent, et qu’elles répondent à ses besoins.

Oui, ce processus de vérification peut marcher aussi avec des cours. Les enfants ne vont pas simplement accepter une erreur évidente, comme 2 +2 = 5. Mais avec l’apprentissage naturel, ils sont motivés à remettre en question et à comprendre. Parce qu’ils essaient de répondre à leurs propres besoins. Pas aux besoins de quelqu’un d’autre. Pas à des besoins qu’ils pourraient éventuellement avoir dans le futur.

Si vous réfléchissez à la façon dont vos enfants apprennent le langage, vous aurez un bon exemple de comment le puzzle se construit. Le langage est une zone du puzzle du monde réel. Plus les enfants utilisent le langage, plus ils ajoutent de pièces à la zone « langage » du puzzle. Mais le langage est également un outil que les enfants utilisent pour assembler d’autres régions du puzzle du monde réel.

Au début de l’apprentissage du langage, les nourrissons et les bambins laissent les conversations passer sans bien écouter, se mettant à l’écoute uniquement quand quelque chose semble lié à ce qui les intéresse. Plus tard, ils manipulent les éléments de leur monde: en posant des questions, en tournant leurs pensées dans leur tête, en lisant. Et, pendant qu’ils font cela, l’effet secondaire est que le puzzle du langage est assemblé et amélioré. Normalement, les enfants ne travaillent pas activement à l’assemblage du puzzle du langage. Ils ne cataloguent pas consciemment les mots de vocabulaire et ne réfléchissent pas consciemment aux règles de grammaire pour savoir si le verbe va avant le nom et ce que sont les noms et les verbes et quel cas utiliser à quel endroit. Ils utilisent simplement le langage pour obtenir ce qu’ils veulent, et réagissent inconsciemment aux indications qu’ils obtiennent sur la façon dont ça a fonctionné, pour que ça marche mieux la prochaine fois. Ils essaient de satisfaire leurs propres besoins, donc ils sont motivés pour faire fonctionner le langage.

Ce qui est étonnant, sur la façon dont l’apprentissage naturel assemble les domaines des puzzles-outils comme le langage, les mathématiques, la science, la grammaire, et ainsi de suite, est que:

1) il n’est pas nécessaire de travailler dessus consciemment,
2) ils n’ont pas besoin d’être consciemment compris pour être utilisés,
3) ils n’ont pas besoin d’être complets pour être utilisés,
4) les informations qu’on obtient en les utilisant les rendent plus complets.

Les bambins n’ont pas besoin de savoir comment faire des phrases complètes ou d’utiliser beaucoup de mots pour pouvoir utiliser le langage comme un outil. Pour eux, le langage est incomplet. Il y a d’énormes trous. Ma fille est en fait arrivée à obtenir beaucoup de choses avec le simple mot «là» pendant un bon moment. Cela signifiait «Prends-moi dans tes bras» et «Prends ceci», et «Emmène-moi là-bas» et «Donne-moi ça».

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Vous pouvez observer ce même processus avec les maths. Par exemple avec les pourcentages, les enfants classent inconsciemment dans leur tête toutes les fois où les pourcentages apparaissent dans la vie réelle. Ils ne vont pas comprendre leur utilisation. Mais ils vont avoir une idée du type de pièces de puzzle avec lesquelles les pourcentages apparaissent, comme les pièces du puzzle de l’épicerie, des conditions météo, et des sports. Ils vont avoir une idée de comment ils s’intègrent dans les pièces de puzzle environnantes. 25% en plus c’est bien. Une tranche d’imposition à 30% rend les parents grincheux. Un agrandissement à 200% dans un programme informatique est beaucoup. 1600% est énorme. 75% des enfants interrogés aiment les Digimons mieux que les Pokémons, c’est beaucoup.

Imaginez les pourcentages comme un morceau de la zone «mathématiques» du puzzle. C’est un morceau qui s’insère également dans des trous du puzzle du monde réel. C’est un outil. Quand les enfants voient pour la première fois le morceau des pourcentages dans le puzzle du monde réel, ça n’ajoute pas grand-chose à leur compréhension de l’ensemble. «30% en moins» ne clarifie pas la vue d’ensemble. Les pourcentages sont juste un gros paquet de pièces de puzzle avec une image floue, qui s’avère rentrer dans un trou. Mais les enfants absorbent inconsciemment où ils apparaissent et comment ils sont utilisés.

Au fur et à mesure qu’ils se font une idée du contexte dans lequel les pourcentages apparaissent, ils vont inconsciemment ajouter des pièces au puzzle des pourcentages. L’image commencera à apparaître et ils l’essayeront quand ils penseront que c’est un outil qui leur serait utile dans la situation où ils se trouvent. Ils pourraient jouer au magasin et parler de pourcentages. Même s’ils ne les utilisent pas de la bonne manière, ils auront reconnu qu’acheter des choses est un des contextes dans lequel les pourcentages sont utilisés, et que ça a à voir avec les chiffres. Ou bien, ils pourraient reconnaître qu’un rabais de 150% ne semble pas correct, mais qu’élargir quelque chose à 150% est acceptable. Ou bien ils pourraient saisir un pourcentage pour diminuer des photos dans un programme d’art. (Et si leur image mentale de la façon dont fonctionnent les pourcentages les conduit à mettre un pourcentage qui ne fonctionne pas, le résultat bizarre leur donnera des indications sur la façon dont ils pourraient améliorer leur vision des pourcentages.) Tout ça avant d’être en mesure de calculer un pourboire de 15%. Ils vont connecter et remplir les pièces du puzzle des pourcentages au fur et à mesure qu’ils en auront besoin.

Ma fille Kathryn et moi lisions un livre qui commençait avec le narrateur annonçant fièrement que l’horloge de la ville donnait fréquemment la bonne heure. Elle a onze ans et a bien sûr déjà entendu le mot «fréquemment». Elle a probablement compris par les différents contextes que « fréquemment » a à voir avec quelque chose qui arrive souvent. Sa définition n’était pas complète, mais elle avait suffisamment bien fonctionné jusqu’à présent. Mais, en testant les pièces qu’elle avait pour le mot «fréquemment», elle s’est rendu compte que ce n’était pas assez détaillé pour fonctionner dans le contexte de cette plaisanterie, et a demandé à avoir plus de pièces jusqu’à ce que sa définition marche.

Pour en revenir aux avantages et aux inconvénients, si on compare les avantages des cours par rapport à la construction des puzzles, est-ce que se faire du souci à propos des avantages a beaucoup de sens ? Il n’y a pas à craindre de fournir des informations incomplètes ou incorrectes, parce que ce n’est pas important. Ce qui est important, c’est si ça fonctionne. Dans le contexte de la construction du puzzle, se faire du souci parce que nos enfants pourraient manquer de structure, ne pas avoir les bases, ne pas avoir toutes les clés pour comprendre ou perdre leur temps, tout cela n’a plus de sens. Le puzzle fonctionne pour les besoins de l’enfant et il s’affine au fur et à mesure qu’il est utilisé. Parce que l’enfant a besoin qu’il fonctionne.

D’autre part, ce que les cours tentent de faire, c’est de fournir aux enfants des puzzles-outils comme les pourcentages, les dates importantes de l’histoire, la photosynthèse. Donc le morceau du puzzle des pourcentages aura juste suffisamment de morceaux pré-assemblés pour constituer une base, une image claire. Puis, en théorie, les enfants pourront ajouter des pièces au puzzle-outil plus tard. C’est logique. Plus quelque chose est simple, plus cela est facile à apprendre. Mais le morceau des pourcentages par lui-même n’est pas particulièrement intéressant ou utile. L’effet qu’ont les pourcentages sur les pièces alentours, cela peut être intéressant ou éclairant. Mais sans contexte, c’est juste un paquet de pièces de puzzle avec une image plutôt ennuyeuse.

Et les cours ne peuvent pas faire ce que nous attendons d’eux. Ils ne peuvent pas donner à l’enfant des pièces pré-assemblées du puzzle. Tout ce qu’ils peuvent faire est montrer aux enfants les pièces du puzzle et leur montrer comment assembler les morceaux. Les enfants doivent reproduire les morceaux et les connecter dans leurs têtes. Et à moins que les enfants aient vraiment compris, ni les pièces ni les connexions ne vont se reproduire correctement.

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Quand j’étais à l’université, j’ai pris des cours de physique. J’en ai enchainé tant bien que mal pendant trois semestres. Les professeurs m’ont montré tous les bons morceaux, les ont expliqués clairement et les ont assemblés pour moi. Quand les cours ont été finis, j’ai eu l’impression qu’on m’avait remis le puzzle de la mécanique. Je savais que force = masse x accélération, énergie cinétique = masse x vitesse, pour chaque action, il y a une réaction égale et opposée. Je savais que je n’avais pas une grande compréhension, mais la structure de base était là. Tout ce qu’il fallait, c’était étoffer et affiner.

Six ans plus tard, mon mari et moi nous préparions à passer nos examens de ceinture noire de Tae Kwon Do. Une partie de l’épreuve était la rédaction d’un mémoire de recherche. Je me suis dit que ce serait facile et intéressant d’en faire un sur la physique d’un coup de poing. Malheureusement, je me suis vite rendu compte que je n’avais aucune idée de ce que je faisais. Non seulement je ne connaissais pas assez de choses sur le sujet, mais beaucoup de ce que je savais était erroné. Et je ne savais même pas assez pour savoir ce qui était juste et ce qui était faux. J’ai dû quasiment tout jeter et recommencer à zéro.

Le problème c’est qu’on m’avait montré les pièces du puzzle et dit comment elles s’emboîtent. Mais, comme je n’avais pas entièrement compris les pièces ou les connexions, quand je les ai reproduites dans ma tête, les pièces étaient de mauvaise qualité et les connexions étaient mal fichues. Le livre de cours avait toujours défini le contexte et indiqué quel outil, quel ensemble de pièces de puzzle utiliser dans celui-ci. Je n’étais pas capable d’observer une situation et de savoir quel outil utiliser. Je n’étais pas capable de regarder un outil et de savoir dans quel contexte il devrait être utilisé. J’avais mémorisé correctement suffisamment de pièces pour réussir à l’examen. Mais « en grande partie correct » n’a pas abouti à quelque chose qui fonctionnait. Ça a simplement abouti à une note assez bonne pour que je n’aie pas à redoubler le cours.

Avec les cours, le plus souvent, les enfants construisent un puzzle dont ils ne se soucient pas ou dont ils n’ont pas besoin tout de suite. Dans la vraie vie, le test est de savoir si quelque chose fonctionne. Par exemple, si vous ne connaissez pas la capitale de l’Allemagne, vous atterrissez dans la mauvaise ville. Avec les cours, l’objectif est d’avoir autant de réponses correctes que possible, donc si quelqu’un ne connait pas la capitale de l’Allemagne, cela a autant d’impact sur sa vie que de ne pas connaitre la date de la bataille d’Hastings. Ce qui compte est le pourcentage de ce qui a été mémorisé correctement, pas si cette accumulation de connaissances sert à quelque chose.

Encore une fois, si l’on regarde la liste des avantages des cours, ça semble logique. Il est essentiel d’essayer de faire rentrer les bonnes informations dans la tête de nos enfants parce que nous ne pouvons pas tester si le cours fonctionne ou pas dans un contexte de vie réel. Tout ce que nous pouvons faire est de cocher la case de la liste des données à assimiler quand les enfants démontrent qu’une donnée a été retenue assez longtemps pour réussir l’examen. Donc, il vaut mieux avoir une liste sacrément bonne, et une méthode sacrément bonne pour la lui faire rentrer dans la tête. Et pour ce qui est de la structure, des bases et ainsi de suite, nous sommes entièrement dépendants de la compétence de la personne qui élabore le cours à le faire correctement, car une fois de plus, il n’y a pas de test pour voir si cela fonctionne.

Par exemple, avec un cours, l’objectif est de bien apprendre comment on fait fonctionner le guidon et les pédales du vélo, et l’équilibre et la physique de la rotation et les lois de la circulation et de la signalisation. Si vous retenez 85% de tout ça vous avez une bonne note. Mais cela ne signifie pas que vous savez faire du vélo.

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Avec l’apprentissage naturel, le but est simplement d’en apprendre assez pour que tout fonctionne ensemble. Au début, tourner le guidon et pédaler et trouver l’équilibre seront de niveau 10/20 au mieux. Et on évitera la circulation. Mais tous ces outils fonctionneront ensemble. Et ils s’amélioreront tous à chaque fois que l’enfant obtient des indications supplémentaires en faisant du vélo et qu’il a besoin d’en savoir plus sur ces outils.

Je voulais essayer un exemple: partir d’une définition qui comporte des trous et m’appuyer sur d’autres domaines et outils pour combler mes lacunes, obtenir une vérification et résoudre le puzzle. Je ne sais pas si c’est un bon exemple, mais il est resté coincé dans ma tête et je n’arrivais pas à lâcher prise, donc vous aurez peut-être à faire semblant de ne pas connaître le sens du mot.

[NDT: J’ai gardé la phrase et le mot en anglais car l’exemple ne marche pas en français, la phrase est tirée du chant de Noël « Away in a manger » et peut se traduire par: « Le bétail (verbe mystère), le pauvre bébé se réveille.] « The cattle are lowing, the poor babe awakes. » Autant que je sache, je n’ai jamais entendu « lowing » dans un autre contexte donc dans mon cas, la zone du puzzle pour « lowing » est totalement vide. Sur quelles zones vous appuyez-vous pour comprendre ce que signifie « lowing » ?

Pour moi, c’est connecté à la zone des chants de Noël. Et c’est un sous-ensemble de la zone chansons. Je ne suis pas très musicale, donc j’ai de grosses lacunes dans les deux zones. Je ne connais pas beaucoup plus que les chants de Noël les plus courants. Je sais que les paroles sont de la poésie, ce qui est connecté à la zone de la langue anglaise. Ma zone de la poésie a aussi beaucoup de lacunes. Ça n’apporte peut-être pas beaucoup d’informations, mais ça explique pourquoi la phrase n’a pas l’air d’être une conversation normale.

C’est connecté à la zone de Noël. Ma connaissance de Noël vient essentiellement de la culture populaire, donc par rapport à quelqu’un qui a étudié la Bible ou l’histoire des temps bibliques il y a des lacunes. Mais elle a suffisamment bien marché dans le passé pour ce genre de choses. Je sais où le bébé et le bétail se trouvent et pourquoi ils sont là. Je sais que le bébé vient de naître et que sa maman et son papa sont à proximité.

C’est connecté à la zone de la langue anglaise. Encore une fois, il y a des trous, comme le mot « lowing », évidemment, mais l’expérience m’a conduite à me sentir assez confiante dans les zones non-trouées. C’est une structure grammaticale anglaise, donc il y a probablement une histoire de cause à effet. Les vaches ont fait quelque chose pour réveiller le bébé. Si la phrase était « The poor babe awakes, the cattle are lowing », nous supposerions que c’est le bébé qui a un effet sur les vaches. Nous avons probablement tous rencontré des paroles de poèmes et de chansons qui enfreignent les règles, donc nous ne pouvons pas être certains de ça.

C’est connecté à la zone des vaches. Ma zone des vaches m’a servi pour ce dont j’en avais besoin, mais par rapport à un éleveur, j’ai des lacunes. Mais je sais que les vaches font du bruit. Elles mangent. Elles sont grosses. Elles font des bouses. Elles font pipi. Elles produisent beaucoup de gaz. Elles tapent des pieds. Elles donnent du lait. Certaines personnes aiment les manger. Elles semblent un peu endormies, et pas très intéressantes.

C’est connecté à la zone des bébés. Et la connexion à la zone de Noël nous indique que c’est en particulier connecté à la zone des bébés qui viennent de naître. Je connais des choses au sujet des bébés vivants et des bébés à la télévision et des extrapolations par rapport aux adultes et aux autres animaux, j’ai donc une liste de choses probables qui réveillent les bébés.

Nous pouvons rassembler les possibilités qui correspondent à toutes ces zones. Peut-être que c’est du gaz. Des pets très malodorants pourraient réveiller un bébé. Mais ça ne correspond pas bien à la zone des chants de Noël. Mon expérience avec ces chansons me conduit à être à peu près certaine qu’elles parlent de choses belles et douces. Il pourrait s’agir de lait. Ça c’est doux. Mais la zone de la langue anglaise suggère que les vaches font l’action elles-mêmes. La zone de l’anglais nous indique que la poésie enfreint les règles, mais la zone des bébés ne nous donne pas vraiment l’impression que la traite des vaches réveille les bébés. Mais ma zone des vaches a quelques trous, donc peut-être. Elles pourraient taper des sabots. Ça n’est pas trop mauvais. Ça ne déclenche pas de sonnettes d’alarme, mais ça n’envoie pas de feux d’artifice non plus. Elles pourraient meugler. Ça c’est doux. Je me souviens que c’est bruyant. L’anglais a quelques onomatopées comme « moo » pour décrire le son que fait le bétail et « low » sonne de façon similaire.

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Cela ne nous donne pas une réponse définitive, mais si je devais en choisir une, ce serait « meugler ».

Mettre les pièces du puzzle ensemble, c’est un peu comme résoudre un mystère. Si quelqu’un nous avait dit ce que « lowing » voulait dire et que nous n’étions pas curieux, ça aurait été comme lire le dernier chapitre d’un roman policier que nous n’avions aucune intention de lire. Le plaisir vient d’avoir des questions et d’obtenir la réponse, pas nécessairement de la réponse elle-même.

Alors, que pouvons-nous faire pour aider l’apprentissage naturel à suivre son cours ?

Nous pouvons aider nos enfants à explorer leurs centres d’intérêt. S’ils explorent leurs centres d’intérêt, ils font du vrai travail qui leur fournira des indications sur la façon dont ils assemblent leur puzzle. Nous pouvons amener le monde à eux afin qu’ils aient accès à de nouveaux intérêts. Ils ne peuvent pas savoir qu’ils sont intéressés par les poèmes Haïku ou le Titanic ou la tonte des moutons s’ils ne savent pas que ça existe.

Le pire crime que nous puissions commettre, quand il s’agit d’apprentissage, est de traîner les enfants de force à travers quelque chose d’ennuyeux pour construire une base. Ils pourraient retenir ce que nous les avons forcé à parcourir, mais le prix à payer est qu’ils marqueraient ça d’une grosse étiquette « ENNUYEUX », et il est probable qu’ils évitent de construire dans cette zone. S’ils s’ennuient nous devrions arrêter. Il y a tout simplement trop de choses dans le monde pour se soucier d’une chose en particulier. Quand ils en auront besoin, ils ne pourront pas l’ignorer.

Donc, pensez en termes de plaisir plutôt que de besoin ou d’importance. Une seule connexion à l’Egypte, s’ils la trouvent cool ou qu’elle est associée à un sentiment positif, avec la possibilité et la disponibilité d’y retourner à tout moment s’ils veulent en savoir plus, leur servira bien plus qu’un paquet de faits soi-disant importants qui s’effacera de leur mémoire par manque de pratique et d’intérêt.

Pensez en termes de créer l’envie d’apprendre toute leur vie, plutôt que de créer une base standard ou une structure. Si nous leur offrons l’assurance qu’ils peuvent apprendre tout ce qu’ils décident d’apprendre, qu’il n’y a pas de limite de temps à l’apprentissage, qu’à aucun moment ils n’auront fini d’apprendre, alors nous leur avons ouvert toutes les portes possibles.

Pensez en termes de moment présent. Aujourd’hui. Aidez-les à être ce qu’ils sont maintenant. Ils ont quatre ans et six ans et douze ans pour une raison. Les écoliers passent leur enfance à se préparer à devenir des adultes. Laissez-les être ce qu’ils sont aujourd’hui. Après tout, nous ne nous sommes pas inquiétés quand ils parlaient de caca et de Teletubbies quand ils étaient bambins, même si nous n’avions pas l’impression que ça allait les préparer à devenir des grands patrons ou des médecins ou même des élèves de CP. Nous savions qu’ils allaient arriver là où ils devaient arriver linguistiquement, quel que soit le chemin qu’ils prenaient.

Pensez en termes de voyage plutôt que de destination. Ils ne sont pas coincés sur un chemin qui les emmène vers une destination spécifique, mais sur le voyage de toute une vie d’exploration et de découverte, qui peut les emmener n’importe où ils veulent.

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Pensez en termes de nourrir votre propre enthousiasme envers la vie plutôt que de nourrir leur enthousiasme. Ne sautez pas de joie à propos de George Washington s’il vous endort. Soyez honnête dans votre quête de ce qui vous intéresse. Faites-leur savoir quand vous pensez que quelque chose est vraiment cool. Pas pour qu’ils s’intéressent à quelque chose que vous pensez être bon pour eux, mais avec un honnête « Wow! J’adore ce truc! » Et posez des questions sur la vie autour de vous. Soyez curieux. Parce que ce sont les questions qui sont importantes. N’importe qui peut chercher les réponses, mais ce n’est pas tout le monde qui peut poser les bonnes questions.

Pensez en termes de nourrir vos propres centres d’intérêts plutôt que d’attendre de vous jeter sur leurs centres d’intérêts. Attaquez-vous à des nouvelles recettes pour vous-même, et pas parce que vous voulez qu’ils se joignent à vous. Mais si vous avez le choix, sachez que faire les choses d’une manière qui plaît aux enfants crée une atmosphère accueillante et joyeuse. Vous êtes plus susceptibles d’avoir de la compagnie dans le jardin si vous plantez des haricots qui vont pousser sur un tipi que si vous plantez un champ de rutabagas.

Pensez en termes de créer une atmosphère d’émerveillement, d’étonnement et de réflexion, où tout le monde est vraiment curieux envers la vie, et où il se passe des choses intrigantes qui favorisent la curiosité. Pas parce que c’est ce qui serait bon pour eux, mais comme cadeau, sans aucune condition.

Pensez en termes de « leurs centres d’intérêts qui les guident vers le monde », plutôt que chercher des avenues pour que le monde entre en eux.

Si nous mettons ce programme en action à la place de cours, l’apprentissage du monde leur est ouvert pour le reste de leurs vies.

Les maths ne se résument pas qu’à l’arithmétique

Traduction de l’article de Pam Laricchia “Math is More Than Arithmetic
Traduit de l’anglais par Béatrice Mantovani

Nous poursuivons le thème de ce mois-ci et continuons à explorer les différences entre le unschooling et l’école. Après avoir vu la lecture et l’écriture, attaquons-nous aujourd’hui aux maths. Les unschoolers ne divisent pas le monde en différentes matières: nous avons une vue d’ensemble plus large et nous reconnaissons la myriade de façons dont les mathématiques sont intrinsèquement mêlées au monde. Nous voyons que les maths ne se résument pas qu’à l’arithmétique, la branche des mathématiques concernant le calcul numérique qui est l’objectif principal des programmes de mathématiques de l’école, du moins pour les premières années.

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On m’a récemment demandé de résumer mon expérience avec les mathématiques en tant qu’unschooler et voici ce que j’ai écrit:

“En tant que parent unschooler depuis plus de dix ans, j’ai vu avec quelle détermination mes enfants se consacrent à leurs centres d’intérêt et à leurs objectifs. Quand ils sont curieux et motivés, leur persistance semble inépuisable, même à travers les frustrations et les déceptions. En revanche, les parents unschoolers se rendent compte que l’apprentissage réel est minime quand la personne n’est pas intéressée. Les enfants apprennent les maths quand ils ont besoins des maths. Mes enfants ont rencontré l’arithmétique au quotidien, en vivant et en apprenant dans le monde qui les entoure: en comptant leurs jouets, en jouant à des jeux de société, en calculant leurs points de vie dans leurs jeux vidéos, en faisant de délicieux gâteaux, en faisant des courses, en mesurant des distances, en calculant leurs soldes de compte en banque. Les raisons d’effectuer ces tâches étaient évidentes, et ils ont acquis leurs compétences en calcul en cours de route – sans développer cette aversion pour les maths si souvent induite par l’école. D’ailleurs, beaucoup d’adultes mènent une vie active et joyeuse sans avoir besoin de compétences plus avancées.

Pourtant, dans le monde réel, le domaine des mathématiques est bien plus vaste que l’arithmétique, et à travers leurs années à explorer le monde, analyser les situations, et faire des choix, mes enfants ont développé de très bonnes compétences en sens critique, en raisonnement et en logique. Je suis certaine que ces bases solides en raisonnement mathématique, en plus de leurs compétences en calcul, leur seront d’une aide précieuse peu importe la voie qu’ils choisiront. Si, à n’importe quel moment, ils ont besoin ou envie d’apprendre des maths plus avancées, ce sera le bon moment pour le faire. Le temps que les élèves conventionnels passent à apprendre ce qu’ils savent (par exemple, le programme de maths de l’enseignement secondaire), mes enfants le passent à apprendre d’autres choses qui vont constituer leur propre base de connaissances. Quand on a une vision de l’apprentissage qui s’étend sur toute une vie, il est inutile de comparer l’âge auquel les gens apprennent les choses. Ce n’est pas une compétition; il n’y a pas de retard ou d’avance. Le temps n’est pas perdu, mais simplement utilisé comme bon leur semble.”

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Il y a là dedans plusieurs idées que j’aimerais développer, maintenant que j’ai la place pour le faire 🙂

“sans développer cette aversion pour les maths si souvent induite par l’école”

C’est un problème important: il suffit de rechercher “phobie des maths” dans Google pour s’en rendre compte. Le programme de mathématiques à l’école contribue à ce phénomène de deux manières. Premièrement, avec l’accent mis très tôt sur l’arithmétique, ce qu’on attend d’un élève se réduit à donner une bonne ou une mauvaise réponse. Mais qui aime se tromper ? Très vite, beaucoup d’enfants préfèrent simplement éviter le sujet.

Deuxièmement, avec l’importance d’écrire tous les calculs pour obtenir tous les points, les enfants ne sont pas encouragés à penser et à jouer avec les nombres. Le temps passé en cours sert en grande partie à préparer les enfants au prochain examen. Il n’y a plus de temps pour explorer d’autres façons d’arriver à la réponse, ou pour comprendre pourquoi certaines approches, qui semblent logiques au premier abord, peuvent nous induire en erreur, ou comment l’intuition d’un élève l’a emmené à la bonne réponse sans qu’il puisse décrire sa démarche. On leur demande d’apprendre par cœur un procédé qui mènera à la bonne réponse, et de le répéter ad nauseam. Et à l’examen, on a intérêt à utiliser la même méthode que la maîtresse pour arriver à la réponse, souvent parce que les enseignants du primaire ne maîtrisent eux-mêmes pas bien les maths, et ne connaissent qu’une seule méthode pour trouver la solution. Je n’écris pas cela pour critiquer les enseignants – c’est la façon dont marche le système.

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Je me souviens encore des fois où, assise à la table de la cuisine, je retenais mes larmes parce que mon père, pourtant bien intentionné, me montrait une méthode différente pour résoudre un problème de maths. Je savais que ça ne serait pas accepté. Je lui disais “mais c’est pas comme ça que la maîtresse veut qu’on le fasse!!” Et ce n’est pas du tout parce que j’avais la phobie des maths. Plus tard j’ai obtenu un diplôme en génie physique et j’ai suivi des cours de maths pendant toute ma carrière universitaire. Mais l’environnement créé par l’école était tel que je voulais juste apprendre la méthode qu’on voulait que j’utilise et passer à autre chose.

“Beaucoup d’adultes mènent une vie active et joyeuse sans avoir besoin de compétences plus avancées.”

J’ai suivi beaucoup de cours de maths pendant ma carrière scolaire, et, est-ce que ça a valu le coup? J’aimais les maths et je prenais plaisir à jongler avec les chiffres pour obtenir la réponse correcte – c’était un jeu, un puzzle. Je suppose que ces compétences avancées en mathématiques sont utiles pour beaucoup d’ingénieurs, même si en dix ans de carrière je n’en ai personnellement jamais eu besoin. Et je ne pourrais certainement plus m’en servir aujourd’hui, quoique je suis presque sûre que je pourrais les réapprendre, si j’en avais besoin.

“Mais ils doivent apprendre ce que sont les dérivées et les intégrales!”

Ce n’est pas parce que les enfants qui font du unschooling ne suivent pas de programme de maths qu’ils ne sauront jamais que les mathématiques supérieures existent; ne pas enseigner quelque chose et en tenir les enfants éloignés sont deux choses très différentes. Si un centre d’intérêt ou une passion débouche sur des maths plus avancées (comme par exemple la programmation informatique, les origamis complexes, la théorie des jeux, ou l’astronomie) il se peut qu’ils veuillent en apprendre plus. S’ils adorent jouer avec les nombres, il se peut qu’ils en rencontrent de cette façon, en explorant les maths de plus en plus profondément. Le besoin de comprendre et d’utiliser des mathématiques supérieures existe dans le monde pour de vraies raisons. Et c’est pour ces raisons-là que les enfants qui font du unschooling les aborderont.

Rush Hour Jr.

Malgré ça, il n’y a pas énormément de carrières qui nécessitent des compétences avancées en maths. Beaucoup d’adultes vivant une vie active et joyeuse n’en ont jamais besoin – y compris moi-même. Un des avantages du unschooling est que les enfants ne passent pas leur temps à apprendre des choses dont ils pourraient éventuellement avoir besoin un jour; ils passent leur temps à apprendre ce qu’ils ont envie ou besoin de savoir *aujourd’hui*. Ce qui implique comme corollaire que quand ils ont besoin ou envie de savoir quelque chose, ils l’apprendront.

“ces bases solides en raisonnement mathématique, en plus de leurs compétences en calcul”

En écrivant ça, j’ai surfé sur le web afin de me remémorer les raisons invoquées pour convaincre les élèves d’étudier les mathématiques supérieures. La citation suivante est une bonne représentation de ce que j’ai trouvé: “Dans beaucoup d’emplois et de hobbies, il est important d’avoir l’esprit vif et logique, et de pouvoir faire preuve de créativité pour résoudre les problèmes. Ces compétences peuvent être perfectionnées en étudiant les maths. Vous pourriez penser que vous n’utiliserez jamais les choses que vous apprendrez, mais elles développeront votre esprit et vous aideront à avoir plus de choix dans votre vie.” (Cette citation est tirée de http://www.freemathhelp.com/math-real-world.html )

Je comprends ce raisonnement. Pour résoudre des problèmes de mathématiques supérieures il faut avoir un bon esprit d’analyse et un excellent raisonnement logique afin de pouvoir discerner la méthode à utiliser. Mais suivre un programme de maths n’est pas la seule façon de développer ces compétences. A la place, les enfants qui font du unschooling perfectionnent leur raisonnement logique en analysant des situations et en faisant des choix au jour le jour. Les parents unschoolers travaillent dur pour donner à leurs enfants le temps, l’espace et le soutien nécessaire pour acquérir des compétences en pensée critique et leur permettre d’évaluer, de comparer, d’analyser, de faire la critique, et de synthétiser des informations, peu importe le domaine. Le unschooling encourage énormément tout cela . Comme la citation ci-dessus le suggère, et je suis d’accord, il ne s’agit pas vraiment de maths.

“Le temps n’est pas perdu, mais simplement utilisé comme bon leur semble.”

Dans ce même ordre d’idée, pendant que les enfants à l’école travaillent sur leurs cours de maths, les enfants qui font du unschooling ne restent pas assis à ne rien faire; ça ne crée pas un vide dans leur vie. Ils vivent et apprennent d’autres choses, qui sont utiles pour eux. Ils connaissent beaucoup de choses qui ont du sens pour leur vie, que les enfants scolarisés ne connaissent pas. Ce que je veux dire, c’est que ce n’est pas une compétition. Le temps n’est pas perdu, ils l’utilisent simplement comme bon leur semble. Si apprendre des maths supérieures devient un besoin ou un centre d’intérêt, ils pourront le faire à ce moment là, peu importe leur âge.

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Voilà ce à quoi les maths ressemblent de mon point de vue de unschooler. L’arithmétique est utile parce que ce sont des compétences de base que nous utilisons quotidiennement – les enfants qui font du unschooling acquièrent ces compétences en calcul en les abordant dans leur vie de tous les jours. Avoir un esprit critique est bénéfique pour contribuer à la société et parvenir à nos objectifs personnels – les enfant qui font du unschooling obtiennent ces compétences en rassemblant des informations et en les analysant, en faisant des choix, et en intégrants les résultats de ces expériences au fur et à mesure; pendant qu’ils poursuivent leurs passions et qu’ils développent leurs intérêts.

Et, d’après mon expérience, c’est une base solide pour une vie active et joyeuse.

Apprendre à écrire pour communiquer

Traduction de l’article de Pam Laricchia “Learning To Write is About Communication
Traduit de l’anglais par Béatrice Mantovani

L’écriture est une autre de ces compétences de base que de nombreux parents ont peur de ne pas enseigner, au début de leur exploration du unschooling. Revenons à la vue d’ensemble de la communication, que j’ai abordée dans “Apprendre à Lire sans Leçons”:

Il est vrai que la lecture et l’écriture sont des compétences qu’il est utile de développer – ce sont les deux côtés de la médaille de la communication écrite. Pourtant, précisément à cause de cela, les enfants qui évoluent librement dans le monde les côtoieront fréquemment. Ils rencontreront des raisons réelles de les apprendre, ce qui est à la fois plus motivant que de s’entendre dire par un parent ou un enseignant que c’est “quelque chose qu’on doit faire”, et plus efficace pour l’apprentissage réel, car au fur et à mesure qu’ils apprennent, ils utiliseront activement leurs nouvelles compétences pour atteindre leurs propres objectifs.

Tout comme il existe des raisons réelles pour apprendre à lire, il y a de vraies raisons pour apprendre à écrire. Pas pour obtenir des bons points ou des autocollants, pas pour avoir de bonnes notes, mais pour communiquer. Et encore une fois, les enseignants ont besoin de pousser les enfants à développer ces compétences à un âge précoce parce qu’ils dépendent de la communication écrite. La plupart des jeunes enfants préfèrent jouer activement: jouer, jouer, et encore jouer. Et s’ils choisissent de faire ça, c’est que c’est la meilleure façon pour eux d’apprendre à se connaître et à comprendre le monde qui les entoure.

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Les besoins d’un enfant en matière de communication écrite ne font souvent surface que quelques années plus tard, quand leur monde commence à s’élargir au-delà de leur entourage immédiat. Leurs parents ne possèdent plus toutes les réponses à leurs questions. Leurs centres d’intérêts commencent peut-être à  s’étendre  au-delà de leur portée locale, et ils veulent communiquer avec ceux qui partagent leur passion mais qui habitent loin. Ils veulent lire pour recueillir plus d’informations, ils veulent écrire pour poser des questions à d’autres ou pour partager leurs propres connaissances. Ou partager leurs histoires. Ou communiquer avec les autres dans un contexte social. Quand leur monde s’étend, il existe tellement de raisons et de possibilités réelles d’écrire.

Mais avant de nous plonger là dedans, nous allons faire un détour rapide pour explorer l’acte physique de l’écriture. À l’école, avoir une écriture lisible est important. Lorsque les devoirs et les interrogations écrites sont mal interprétés ou illisibles, on perd des points. Et quand on perd des points, les notes en souffrent. Mais quand on sort du contexte de l’école, l’écriture reste-t-elle une compétence aussi importante ? D’une façon plus générale, qu’est-ce qu’on essaye accomplir ? Une communication qui persiste dans le temps. La méthode employée pour produire cette communication n’est pas primordiale.

Dans le monde d’aujourd’hui, la communication électronique est devenue omniprésente. Taper sur un clavier ne relève plus uniquement du domaine de compétences des secrétaires et des écrivains, mais de tout le monde. Les seules fois où j’ai écrit à la main ces dernières années étaient pour mon usage personnel – je serais perdue sans mes listes! – mais je pourrais même gérer celles-ci électroniquement, si c’était ma préférence. De toutes manières, si une personne ressent le besoin de communiquer avec une autre en écrivant à la main, et que la communication souffre du fait qu’il est difficile de déchiffrer les messages, ça sera une excellente motivation pour écrire plus lisiblement. Parce que quand on a un besoin, on a une motivation interne, et on est plus réceptif à l’information – on apprend vraiment. Ou alors, le pharmacien appellera simplement le bureau du médecin pour confirmer les détails de l’ordonnance. 😉

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Mon fils aîné a appris à bien taper sur un clavier en quelques semaines, parce qu’il voulait communiquer avec les autres joueurs, dans un jeu en ligne. Si vous avez lu l’article sur le cheminement de ma fille vers la lecture, vous avez sans doute remarqué qu’elle écrivait les scènes intéressantes dans les livres de Harry Potter. Au lieu de lire un livre puis d’en écrire l’exposé parce que c’est ce qui est demandé par la maîtresse, les enfants qui font du unschooling trouvent des raisons réelles pour écrire, des raisons qui ont un sens pour eux au cours de leurs journées, et qui les motivent à le faire relativement bien. Ils découvrent que le succès de la communication dépend de la façon dont le destinataire comprend le message écrit. Ils découvrent qu’il y a différents niveaux de formalité écrite, en fonction de la situation.

Et n’oubliez pas que quand ils sont engagés dans une conversation écrite réelle, ils communiquent avec une autre personne – peut-être en temps réel, par texto ou tchat en ligne, peut-être avec un petit délai par le biais de forums électroniques, ou peut-être sur des périodes encore plus longues à travers des livres, des magazines et des sites web internationaux. La communication n’est pas un acte solitaire. L’apprentissage de la communication écrite ne démarre pas à partir de zéro quand ils décident de s’y essayer; ils l’ont observé en action au fil des années quand ils lisaient ou que quelqu’un d’autre leur faisait la lecture. Les textes qui les inspirent à répondre sont aussi des guides pour savoir comment répondre.

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J’ai mentionné plus haut que les compétences en dactylographie de mon fils aîné se sont développées par le biais de jeux en ligne. Son désir de communiquer avec d’autres personnes qui partageaient sa passion pour les jeux vidéos l’a emmené à consulter des forums en ligne. Dans un premier temps il a lu sans participer – juste pour obtenir une idée du ton et des attentes de la communauté. Il a repéré les formes de communication écrite qui fonctionnaient le mieux – c’est à dire les messages qu’il trouvait les plus intéressants, ceux qui l’ont aidé à en apprendre d’avantage sur le sujet. Il a remarqué que l’orthographe, la grammaire et la ponctuation faisait une différence dans la façon dont le message était reçu.

Quand il s’est enfin décidé à participer, il voulait que sa communication soit claire, et il a donc incorporé ces conventions linguistiques à son style de rédaction. Les réponses fournissaient aussi un retour d’information immédiat: si ce qu’il écrivait était mal compris, c’était un indice; s’il n’y avait pas de réponses, c’était un indice. C’était de la communication réelle. Et puis, vous êtes là pour répondre à leur myriade de questions, comme «Pourquoi ce mec-là poste toujours des trucs quand il sait très bien que ça va faire enrager les autres ? » Il a aussi appris les nuances de la communication écrite au-delà de la grammaire.

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Ou peut-être qu’ils commencent par copier des textes qu’ils aiment (comme ma fille et Harry Potter) et finissent par ajouter leurs propres idées (elle a ensuite écrit des textes de fan fiction). Quand elle a voulu recevoir des critiques constructives sur ses écrits, elle a posté ses histoires sur un forum de fan fiction en ligne. Ensuite, elle a commencé à écrire des histoires sur ses propres mondes imaginaires. Parfois manuscrites, parfois dactylographiées – c’était toujours de la communication. Au début de son adolescence, son processus de communication est devenu visuel, par le biais de la photographie. Aujourd’hui, elle apprend le style de langage et de communication qui appartient aux contrats et aux relations avec les clients (NdT: elle est photographe professionnelle.)

Pour mon plus jeune, pour le moment, la communication écrite est la plupart du temps un outil pour ses interactions sociales. Mais même là, en me basant sur les textos qu’il m’envoie, je peux voir qu’il est assez à cheval sur la grammaire et la ponctuation.  Et quand bien même il ne le serait pas, ça ne me dérangerait pas. Ce qui est important c’est l’individu, c’est de faire attention à ce qui est intéressant pour *lui*, car c’est là que l’apprentissage est utile.

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La vie, si elle est vécue activement, en étant ouvert aux possibilités, donne à chacun la chance d’acquérir les compétences qui l’aideront au mieux à suivre sa propre voie – cela inclut la communication écrite. Ce qui est merveilleux, chez les enfants qui font du unschooling, c’est qu’ils ont le temps d’explorer, le temps de trouver les choses qui les intéressent et de développer les compétences qui leur seront utiles dans leur vie, au lieu de passer une grande partie de leur enfance dans une salle de classe, déconnectés de la vie, à essayer de maîtriser des compétences que d’autres pensent qu’ils pourraient avoir besoin un jour.

Comment pouvez-vous aider ?  Soyez ouverts avec vos enfants et partagez avec eux vos expériences avec la communication écrite. Avez-vous écrit une lettre au rédacteur en chef de votre journal local ? Ou participez-vous à des discussions intéressantes sur un forum en ligne? Ou venez-vous de recevoir une lettre-type particulièrement ridicule qui vous a fait rire ? Partagez ces moments avec vos enfants. Pas dans l’attente d’une réponse, mais parce que ce sont des bribes intéressantes de communication dans le monde. Partagez. Partagez. Partagez. Vivez et apprenez ensemble.