La face cachée des jeux vidéos

de Stéphanie Meloche
(Article republié ici avec son autorisation. Original sur son blog.)

J’ai dit durant des années qu’il n’y aurait jamais de jeux vidéos dans ma maison. Je *croyais* que c’était mauvais pour les enfants, que cela le empêchait de faire autre chose de plus « constructif », comme de jouer dehors ou de lire des livres.

Puis, je me suis demandé sur quoi mes *croyances* s’appuyaient. Elles s’appuyaient sur « ce que les gens en disent » , sur les articles et reportages dans les médias qui parlaient de la violence à la télévision et dans les jeux vidéos.

Pour ce qui est de la première source (les gens), je me suis dit que j’avais souvent fait des choix dans ma vie qui allaient « à l’encontre » de ce que « les gens en disent » , comme l’allaitement prolongé, le cododo, ne pas faire baisser la fièvre systématiquement quand mes enfants sont malades, endormir mes enfants dans mes bras, ne pas laisser mes enfants pleurer, ne pas faire vacciner, arrêter moi-même de boire du lait de vache plutôt que de donner un médicament anti-reflux à mon enfant allaité (on m’a dit que j’aurai des carences en calcium et que je ferai de l’ostéoporose plus tard…Pffff! Ce qu’on peut faire croire aux gens pour prescrire une pilule à un enfant!!!), démissionner d’un « bon » emploi « bien payé » parce que je n’y étais pas heureuse, rester à la maison pour être avec mes enfants au lieu de « faire quelque chose d’utile » (oui! oui! c’est un vrai commentaire qu’on m’a dit!), ne pas envoyer mes enfants à la garderie et j’en passe! Pour tous ces choix, j’ai beaucoup lu sur le sujet et à différentes sources; j’ai lu les arguments « contre » et les arguments « pour » et à chaque fois, j’ai réalisé que les « contres » venaient de personnes qui disaient savoir mieux que moi ce qui est bon pour mon enfant et qui ne s’appuyaient sur rien de solide. J’ai donc fait mes choix en conséquence.

Pour ma deuxième source (les médias), j’ai beaucoup réfléchis et j’ai mieux écouter, mieux lu ce qui se disait sur les jeux vidéos et j’en ai conclu qu’encore une fois, les « dangers » avancés ne s’appuyaient sur aucunes données scientifiques, aucunes études comparatives, que c’était simplement les conseils des « spécialistes ».

J’ai réalisé alors que dans ma vie, certaines phrases entendues souvent dans mon entourage et même de certains « spécialistes de l’enfance » étaient devenues des « vérités » simplement à force de répétitions. Elles restaient (et restent encore) dans ma tête et se transformaient (se transforment) en une réponse facile, automatique pour bien des problèmes et des questions, sans s’appuyer sur une base solide.

Alors j’ai lu sur les jeux vidéos! J’ai cherché des études, des ressources…Ce que j’ai découvert m’a fascinée!

Les jeux vidéos sont utilisés en gériatrie pour stimuler la mémoire, retarder certaines maladies comme l’Alzheimer,  les troubles de la mémoire causées par le vieillissement et l’inactivité du cerveau, soulager les douleurs rhumatismales et arthritiques;

Les jeux vidéos servent à traiter – et guérir – les phobies comme l’arachnophobie, l’agoraphobie et l’acrophobie (peur des hauteurs) entre autres;

Les jeux vidéos servent aussi dans certains cas de dépression et de maladies mentales;

Ils servent à certaines personnes handicapées à apprendre à devenir plus autonomes;

Ils servent à toutes sortes d’apprentissages très techniques comme aux pilotes d’avions qui se pratiquent à réagir rapidement et efficacement en cas de problèmes mécaniques graves ou en cas d’attaque terroriste!

J’ai aussi appris que l’industrie des jeux vidéos représentent 1,7 milliards de dollars dans l’économie canadienne et que les emplois de ce secteur sont bien mieux payés que la moyenne canadienne tous secteurs confondus (source ici). Voici quelques chiffres;

« Portrait de l’industrie au Canada

15700 personnes travaillent dans l’industrie du jeu vidéo au Canada, dans 347 entreprises. L’industrie représente 1,7 milliard de dollars dans l’économie canadienne.

Le salaire moyen dans ce secteur est de 40 000 à 73 000 $ par an, comparativement au salaire moyen de 29 000 $ pour le reste de l’économie du pays.

Les emplois dans le secteur du jeu vidéo sont détenus en grande partie par des jeunes.

La croissance annuelle de l’industrie a été de 11 % ces deux dernières années et Secor prévoit une croissance de 17 % par an d’ici deux ans.

L’industrie canadienne du jeu vidéo se classe au 3e rang mondial, derrière les États-Unis et le Japon, ou au premier rang par habitant si l’on tient compte des niveaux d’emplois dans les autres pays. »

Pourquoi les jeux vidéos ont si mauvaise réputation ? Ne fait-on pas de la projection de « scénarios catastrophes » sur nos enfants pour quelques cas de dépendance ou de violence qu’on a relié aux jeux vidéos ? Les dépendances ne sont-elles pas plutôt reliées à un manque à combler ? La violence ne vient-elle pas plutôt de nos propres blessures ? La crainte des jeux vidéos ne vient-elle pas plutôt d’un manque de confiance en nous comme parent, comme accompagnateur ?

Si mon enfant passait ses journées à lire des livres et à écrire des histoires ? Et si mon enfant passait son temps à réaliser des expériences scientifiques et à vouloir devenir un grand chercheur ? Et si mon enfant voulait devenir policier pour protéger les gens ? Est-ce que je m’inquiéterais de le voir passer autant de temps  à cet intérêt, cette passion ? Ne serais-je pas fière d’en parler autour de moi ? Qu’est-ce qui est différent avec les jeux vidéos ?

Ce qui est différent avec les jeux vidéos, c’est que ceux qui en parlent en mal, ne connaissent pas les jeux vidéos!

J’ai lu sur les jeux vidéos! J’ai cherché des études, des ressources, des articles, des témoignages…Ce que j’ai découvert m’a fascinée!

Et vous ? À quoi jouez-vous ?

Ü

Publicités