Et si apprendre ne l’intéresse pas ?

Traduction de l’article de Joyce Feteroll « What if they aren’t interested in learning? » Traduit de l’anglais par Claire Darbaud et Béatrice Mantovani

Mon mari se demande: «Est ce que ça pourrait arriver qu’un parent fasse du unschooling mais que l’enfant soit trop paresseux, ou totalement désintéressé des choses qu’il aura besoin de savoir dans la vraie vie ? Est ce que le unschooling peut échouer avec des enfants comme ça ? Est-ce vraiment mal d’avoir des attentes ? »

Quand on aborde quelque chose de nouveau et qui semble potentiellement désastreux, on suppose que les gens qui font ça soit 1) ne se soucient pas de leurs enfants ou soit 2)qu’ils ont un problème dans leur tête qui les empêche de voir l’évidence.

Les peurs que votre mari expriment sont tout à fait normales. Tous les parents qui font du unschooling sont passés à travers ces peurs là et la plupart continuent de passer à travers des moments de panique périodiques.

Ces craintes là ne peuvent pas être apaisées par la logique. D’un point de vue « scolaire » ces craintes sont tout à fait fondées. Ce qui aide à les éliminer c’est d’avoir une connaissance approfondie et une expérience directe du unschooling.

Ce que les unschoolers expérimentés ont, c’est une grande connaissance des résultats du unschooling et de ses autres avantages. Ils comprennent comment et pourquoi on apprend et le pour et le contre de l’apprentissage sous contrainte par rapport à un apprentissage guidé par la curiosité.

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Dans la vie, chaque choix a de bons et de mauvais cotés. Choisir consiste à sélectionner la solution qui a plus de bons cotés que de mauvais. Il est utile de lire des témoignages des réussites du unschooling. Mais, bien sûr, les écoles ont des histoires de réussite aussi, donc les témoignages de réussite du unschooling ne sont pas une raison suffisante pour choisir le unschooling.

Je pense que plutôt que de les lire comme des histoires qui prouvent que ça fonctionne, il est plus important de les lire comme des illustrations de comment fonctionne l’apprentissage guidé par les centres d’intérêts. Le fait que Kirby, le fils de sandra Dodd, se soit vu confier d’importantes responsabilités à seulement 16 ans, dans la boutique de jeux où il travaillait depuis plusieurs années, n’est pas significatif en soi. Ce qui est significatif en revanche, en terme de unschooling, c’est que c’est le résultat de sa passion pour les jeux qui a toujours été prise au sérieux et encouragée.

Il est également utile de se rendre compte que les objectifs du unschooling sont différents de ceux de l’école ou de l’école à la maison. Le but du unschooling est d’aider l’enfant à être qui il est en ce moment et de l’aider à grandir en qui il deviendra. L’objectif de la scolarisation est d’obtenir qu’un enfant arrive à un endroit précis qui, selon la société, sera un point de départ pour une carrière réussie (et à ne pas devenir un fardeau pour la société.)

Le but du unschooling peut être difficile à saisir.  Au premier abord, on peut avoir l’impression que les unschoolers ne se soucient pas de ce que les enfants deviennent. Mais ce que c’est, c’est faire confiance au  processus – que la curiosité constitue la meilleure base pour poursuivre ses buts dans la vie. Être en mesure de faire les choses qui nous passionnent est ce qui nous fait sauter hors du lit le matin. C’est ce qui nous rend prêts à supporter les choses que nous n’aimons pas, parce que nous savons que c’est ce qui nous permettra de faire quelque chose dont nous avons vraiment, vraiment envie.

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Et faire confiance aux enfants eux-même, au fait que ce sont des personnes à part entière qui veulent faire des choses dans la vie, pas seulement se laisser vivre. (Même – ou surtout – quand ce qu’ils font à présent peut sembler être tout ce dont ils se soucient.  C’est à ce moment là que nous avons le plus besoin de regarder plus loin et de savoir ce qui se passe réellement, plutôt que ce à quoi ça ressemble en surface.) Et faire confiance à l’instinct biologique, qui nous pousse à vouloir quitter la maison et mener notre propre vie. La biologie est ce qui motive les lions mâles à quitter la bande où ils sont nés, même s’il serait plus facile pour eux de rester.

Il est utile de réfléchir à la raison pour laquelle l’école fonctionne et la raison pour laquelle elle ne fonctionne pas. L’école produit des enfants honnêtes qui vont trouver un emploi et ne pas être un fardeau pour la société. Les gens peuvent vouloir qu’elle fasse plus, ou autre chose, mais c’est essentiellement pour ça qu’elle a été conçu.

Mais parfois, l’école échoue. Parfois, elle fonctionne pas trop mal.

Si l’apprentissage forcé fonctionne parfois et échoue parfois, alors ce n’est pas l’apprentissage forcé qui marche. Il y a d’autres facteurs qui font qu’apprendre sous la contrainte fonctionne. Et, malheureusement, ces facteurs ne sont pas contrôlables. Ils ont à voir avec la personnalité, le milieu familial, le milieu scolaire, le style d’apprentissage, et ainsi de suite. Si quelqu’un possède la bonne combinaison de tous ces facteurs – ils ont un style d’apprentissage qui correspond à l’école, ils ont des centre d’intérêts qui correspondent à ce qui est enseigné, ils ont une personnalité qui peut se conformer à se faire dire quoi apprendre et comment s’y prendre pour l’apprendre – alors l’apprentissage forcé «marchera» (c’est à dire, aura les résultats pour lesquels l’école est conçue.)

La beauté du unschooling est que ça ne dépend pas de la plupart des facteurs dont l’apprentissage sous contrainte dépend. Le unschooling s’adapte à l’enfant et à ses besoins, plutôt que ce soit à l’enfant de s’adapter aux besoins de l’école et aux besoins des projets que les adultes ont pour lui.

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La seule chose dont le unschooling dépend est d’un parent capable de respecter les centre d’intérêts de l’enfant (pas seulement les centres d’intérêts qui semblent pouvoir mener à une future carrière ou à quelque chose qu’il ferait à l’école) et de “semer” et nourrir et soutenir et servir de modèle. (Et apprendre à faire ça bien fait partie des but de la liste Always Learning 🙂

Il y a beaucoup plus à dire sur cela, mais c’est quand même un début!

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J’ai été ravie de lire la réponse, mais la question a fini par aller dans une direction différente de ce que j’attendais.

Je vois ça. Je répondais du point de vue d’enfants qui ont toujours fait du unschooling, s’ils évitent d’apprendre ou non. Peut-être que je vais ajouter cette réponse (ci-dessous) pour ceux qui s’interrogent sur leurs enfants scolarisés.

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Mes enfants ont été à l’école publique la plupart de leurs vies. J’aimerais faire du unschooling, mais quand je demande à mon fils ce qu’il aimerait apprendre, il répond qu’il ne sait pas. Si je lui montre quelque chose qui je pense pourrait l’intéresser et que je lui demande à nouveau il me dit encore qu’il ne sait pas.

La réponse est simple: Ne demandez pas! 😉

Plutôt que de demander ce qu’il aimerait apprendre, faites simplement ce qu’il aime, exposez-le à des choses qui pourraient l’amuser (et non-pas des choses qui seraient bonnes pour lui!)

Plutôt que de le regarder comme un récipient que vous voulez remplir, regardez-le comme une personne qui va vers ce qui l’intéresse. Plutôt que de regarder ce qui l’intéresse à travers la loupe de l’école, qui ne fait ressortir que ce qui est fait à l’école, regardez tout ce à quoi il s’intéresse: jeux vidéo, dessins animés, skate board, natation, jouer avec des amis, …

Pensez-y de cette façon: Que feriez-vous si votre mari vous tournait autour pour voir si vous alliez faire quelque chose qui ressemble à l’école, et vous demandait sans cesse ce que vous aimeriez apprendre ? Que diriez-vous ? Comment vous sentiriez-vous ?

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Comment obtenez-vous qu’un enfant qui a été désensibilisé par l’école ait à nouveau envie d’apprendre ?

Les enfants scolarisés (ou récemment déscolarisés) ont l’air de ne rien vouloir apprendre. Tout ce qu’ils veulent faire est jouer. C’est parce que:

  1. Les parents sont à la recherche de ce que fait l’enfant à travers une loupe scolaire. Si ça ne ressemble pas à quelque chose qu’un enfant ferait à l’école alors ça ne ressemble pas à de l’apprentissage.
  2. Les enfants ont besoin de temps et de la liberté de dire «non merci» à tout ce qu’ils associent à l’ennui et aux difficultés de l’école.
  3. Ils ont besoin de temps pour faire le plein de ce qui a été contrôlé ou autorisé à petites doses: regarder la télé, courir, « ne rien faire” (c’est-à-dire réfléchir!)

Les enfants qui ont été scolarisés à l’école ou à la maison ont besoin de temps pour se “déschooler” avant de pouvoir regarder toute la vie comme potentiellement intéressante. Au début, ils vont faire beaucoup de choses qui ressemblent à du pur divertissement. C’est parce que l’école peint une grande partie de la vie avec un pinceau d’ennui.  Les enfants associent «maths» et «science» et «lecture» et «écriture» et «histoire» au fait d’être forcés de lire et d’écouter et de mémoriser et de pratiquer des idées qui sont barbantes à mourir, de sorte que même s’ils avaient été intéressés au début, ils ont vite envie de les éviter.

Les jeux des enfants scolarisés ressemblent à éviter d’apprendre (ce qui est enseigné à l’école). C’est souvent le cas! (Ils ne peuvent pas éviter d’apprendre. Ils apprennent tout le temps. Mais ils peuvent éviter tout ce qui leur rappelle l’école!) Ils ont besoin d’un temps d’arrêt, où ils ne sont pas obligés d’étudier.  Alors les parents supposent qu’il est naturel pour les enfants d’éviter d’apprendre.  Ce n’est pas vrai. Les enfants veulent apprendre. Ils ne veulent pas – tout comme les adultes – être obligés d’étudier des choses qui n’ont aucun sens pour eux.

Combien d’enfants se ferment quand ils voient des pourcentages dans la vie réelle ?  Ce n’est pas parce que les pourcentages sont difficiles. C’est parce qu’à l’école ils sont difficiles: apprendre les détails de quelque chose dont vous avez eu peu d’expérience, et retiré de tout contexte auquel vous pourriez vous rapporter, est difficile. C’est comme mémoriser des règles de grammaire et de vocabulaire dans une langue que vous n’avez jamais entendu parlée. Dans la vrai vie, les pourcentages sont simplement un moyen utile de présenter de l’information: changer les dimensions des images dans un logiciel d’art, les points de vie qui vous restent dans un jeu vidéo, combien vous allez économiser sur un article en solde, les moyennes des joueurs de baseball …

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L’apprentissage des enfants non scolarisés ressemble aussi à du jeu, mais pour eux, le monde n’est pas divisé en apprentissage et jeu. Il est divisé en choses qui les intéressent et choses et qui ne les intéressent pas encore.  Gengis Khan, Bob l’éponge, les araignées, la comédie, le dessin, les biscuits, Songe d’Une Nuit d’Eté, le Seigneur des Anneaux, jouer au bon et au méchant, les maquettes de fusées, CSI: Miami, les animaux en peluche, les voitures Hot Wheels… Tout ça fait tout simplement partie de la vie qui les intéresse ou pas pour le moment. (Vous pouvez avoir, lorsque vous lisiez la liste, inconsciemment classifié les choses soit en « apprentissage » soit en « divertissement / jeu ». C’est une habitude qu’il est utile de reconnaître et d’essayer d’éliminer!)

L’apprentissage des enfants non-scolarisés ressemble à du jeu. Le processus est similaire à la façon dont ils ont acquis la maitrise du langage: ils n’ont pas décidé qu’ils voulaient apprendre à mieux parler afin qu’ils puissent vivre une vie meilleure. Ils ont simplement vécu leur vie et fait des choses qui les intéressaient.  Le langage était un outil qu’ils ont utilisé de temps en temps pour obtenir ce qu’ils voulaient, parce que c’était plus efficace que de pleurer 😉 L’effet secondaire de l’utilisation du langage, c’est qu’ils ont parlé de mieux en mieux. Et plus ils se sont améliorés, plus ils l’ont utilisé parce qu’il était plus utile. Et ils se sont donc encore améliorés.

C’est comme ça pour toute les choses qu’on apprend. Nous utilisons les choses et l’effet secondaire est que nous nous améliorons. Contrairement au message que nous recevons de l’école, nous n’avons pas besoin de comprendre quelque chose avant de l’utiliser. Nous avons juste besoin de comprendre assez pour le faire fonctionner. Et plus nous l’utilisons, mieux nous le comprenons. Nous utilisons un peu de notre savoir et nous le connectons à d’autres morceaux de connaissance et progressivement nous construisons notre compréhension du monde.

Si vous allez à la page où Sandra collectionne certains de mes écrits et cliquez sur « Transcript » (traduction en français ici), vous trouverez une bonne explication de comment fonctionne l’apprentissage naturel.

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Tous ça fait que, malheureusement, le unschooling est perçu comme: prendre du recul et laisser les enfants jouer. Mais, non, les parents ont un rôle actif. Plus actif après que les enfants ont fini de  “deschooler”. La meilleure chose que vous puissiez faire pendant qu’ils sont en phase de “deschooling” est de les laisser jouer. Et les aider à jouer. Invitez d’autres enfants à venir jouer chez vous. Assurez-vous qu’ils ont des choses avec lesquels ils aiment jouer. Soyez avec eux. Découvrez pourquoi ils aiment tellement quelque chose. Quand ils se sentiront libres – la règle générale est un mois pour chaque année où ils sont allés à l’école, à partir du moment où vous avez arrêter de faire pression sur eux pour apprendre quelque chose – offrez plus activement des choses à faire: des films, des émissions de télévision, des livres, des endroits où aller – restaurants ethniques, musées, balades en forêt, magasins cools ….

Recherchez les choses qui vous font plaisir dans la vie et votre enthousiasme infectera votre enfant 🙂 Tant que c’est un intérêt et un plaisir authentique! Si c’est un faux intérêt pour les amener à accorder une attention à quelque chose que vous pensez être bon pour eux, ils vont le remarquer et l’éviter. C’est la tactique dont ils ont été inondés depuis la maternelle: “L’apprentissage, c’est amusant!”

Il y a un autre article sur ma page sur le site de Sandra, “Cinq étapes vers le unschooling”, qui pourraient aussi vous aider.

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Limiter le temps passé devant la télé – le point de vue économique

Traduction de l’article de Pam Sorooshian « Economics of Restricting TV Watching of Children » – Janvier 2005
Traduit de l’anglais par Claire Darbaud et Béatrice Mantovani

Conclusion: Restreindre le temps passé à regarder la télévision augmente l’utilité marginale de cette dernière et pousse les enfants à être extrêmement attirés et à vouloir regarder la télévision plus que toute autre activité non restreinte.

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L’ « utilité » est le mot qui, dans le vocabulaire de l’économiste, décrit le plaisir, la satisfaction, et toute forme de valeur qu’une personne retire d’un produit ou d’un service. Obtenir de l’ « utilité » est la raison pour laquelle une personne achète un produit ou commence une activité. A l’instar des entreprises qui prennent des décisions pour maximiser leur profit, les humains prennent des décisions de façon à maximiser leur utilité totale. Les économistes voient les gens comme des agents de maximisation de l’utilité.

Aux yeux de l’économiste, nous traversons notre vie en faisant constamment des comparaisons – choisissant, minute par minute, ce que nous faisons, ce que nous mangeons, ce que nous achetons, ce que nous disons, et tout le reste, et à chaque fois, nous choisissons de façon à maximiser autant que possible notre utilité totale. Imaginez que vous êtes dans un magasin de glaces et que vous choisissiez un parfum – ce que l’économiste voit c’est que votre cerveau passe rapidement en revue tous les choix possibles, calculant l’utilité que vous pourriez obtenir avec une boule de fraise plutôt qu’une boule chocolat et ainsi de suite, pour finalement choisir celui qui vous donne la plus grande utilité. (En passant, remarquez que l’utilité doit être prédite – nous pouvons nous tromper dans notre choix, mais nous faisons de notre mieux en fonction de l’information que nous possédons. Je peux décider de choisir la fraise pour aujourd’hui – parce que c’est mon parfum préféré à cet instant, celui qui me donnera le plus d’utilité. Et je peux découvrir, dépitée, que la fraise ne répond pas à mes attentes et SOUHAITER pouvoir changer d’avis. Cela arrive. Nos choix sont en fait basés sur l’utilité que nous prévoyons en retirer.)

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Ok – il y a beaucoup plus à dire sur ce concept d’utilité et si vous avez des objections à cette façon de voir le monde, nous pouvons en parler. Mais je garde cela pour une autre fois et avant de développer le lien avec la télévision et les enfants, j’aimerais d’abord introduire une autre notion.
D’abord, imaginez-vous dans ce magasin de glaces, avec cette glace à la fraise que vous avez achetée parce qu’elle avait une grande utilité pour vous. Vous la mangez et elle est délicieuse, et vous calculez l’utilité espérée d’un AUTRE cornet de glace et décidez d’en acheter un. Vous le mangez. MIAM. Maintenant vous calculez l’utilité espérée d’un troisième cornet. Alors – qu’en pensez-vous? Est-ce que le deuxième cornet va vous donner autant d’utilité COMPLÉMENTAIRE que le premier? Est-ce que le troisième va ajouter autant à votre utilité totale que le premier ou le deuxième ? Que va-t-il se passer quand vous mangez plus de cornets de glace? Une fois que vous en avez consommé une, l’utilité espérée de la prochaine est inférieure à ce qu’était l’utilité espérée de la première. Et une fois que vous en avez consommé deux, l’utilité espérée pour la troisième sera inférieure à ce qu’était l’utilité espérée pour la seconde. Elles pourraient encore avoir une valeur pour vous, elles vous donnent toujours de l’utilité, mais pas autant d’utilité supplémentaire.

L’utilité supplémentaire que vous obtenez en ayant «un de plus» de quelque chose, est appelé «utilité marginale». Et – l’utilité marginale diminue à mesure que vous avez de plus en plus de la même chose.

Même si vous avez choisi des parfums différents pour chacun de vos cornets de glace, vous avez choisi le parfum avec la plus haute utilité en premier,  donc les glaces suivantes vous apporteraient une utilité marginale de plus en plus basse.

Cette façon de voir les choix est applicable à presque tout ce que nous faisons.

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Quelle est votre activité préférée? Regarder des films? Lire un livre? Jardiner? Aller à Disneyland? Pourquoi ne faites-vous pas cela tout le temps, et rien d’autre? Ce que je veux dire par là est: si c’est votre activité préférée, ne vous apporte-t-elle pas une plus grande utilité que toute autre chose? Pourquoi vous arrêtez-vous pour faire autre chose?

La réponse est que plus vous pratiquez une activité, plus son utilité marginale baisse. Quand l’utilité marginale d’une chose diminue, les autres choses commencent à sembler de plus en plus attrayantes.

Lorsque vous limitez une activité, vous gardez la personne au point où l’utilité marginale est très élevée.

Lorsque vous limitez le temps passé devant la télé, l’utilité marginale d’un peu plus de temps est élevée, et toutes les autres options semblent relativement peu attrayantes. Regarder plus de télé devient le centre de la pensée de la personne, car l’utilité marginale est très haute. Relâchez les contraintes et, après une période d’adaptation et d’expérimentation pour déterminer précisément les utilités marginales, l’obsession de regarder la télé disparaît et ça devient juste une autre option.

Les jeux vidéos et la science

Traduction de « How Videogames Blind Us With Science  » de Clive Thompson – 09.08.08
Traduit de l’anglais par Claire Rakotonimaro

Il y a quelques années, Constance Steinkuehler – professeur à l’Université du Wisconsin – passait 12 heures par jour à jouer à Lineage, le jeu massivement multijoueur sur internet. Elle était, comme elle le dit, une « princesse assiégée », coordonnant des raids de 150 personnes contre des monstres diablement difficiles à vaincre. La plupart des membres de sa guilde n’étaient que des adolescents.

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Pourtant ils étaient plutôt doués pour trouver des moyens de vaincre les monstres. Un jour, elle a découvert pourquoi. Un groupe d’entre eux avait créé un fichier Excel dans lequel ils déposaient toutes les informations recueillies sur le comportement de chaque monstre:  quelles potions ont un effet sur lui, quelles attaques il utilise, quel type de dommage il inflige, et quand. Ensuite, ils développaient un modèle mathématique pour expliquer comment le monstre fonctionne – et prédire comment le battre.

Souvent, le premier modèle ne fonctionnait pas très bien, alors le groupe discutait sur la façon de l’améliorer. Certains offraient des données nouvelles qu’ils avaient recueillies, et proposaient d’autres hypothèses pour le modèle. Steinkuehler se souvient: « la polémique autour du meilleur modèle, celui qui s’était avéré le plus prédictif, allait bon train ».

C’est alors qu’elle a réalisé: ces enfants font de la science! Ils utilisent la méthode scientifique. Ils émettent une hypothèse – « ce monstre est sensible aux sorts de feu » – puis ils recueillent des preuves pour vérifier si l’hypothèse est correcte. Si  elle ne l’est pas, ils l’améliorent jusqu’à ce qu’elle soit représentative des données observées.

Steinkuehler en arriva à une conclusion fascinante et provocatrice: les jeux vidéo sont en train de devenir le nouveau foyer de la pensée scientifique pour les enfants d’aujourd’hui.

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Réfléchissez un instant. Après tout, qu’est-ce que la science? C’est une technique pour découvrir les règles cachées qui gouvernent le monde. Et les jeux vidéo sont des mondes simulés que les enfants essaient constamment de maîtriser. Lineage et World of Warcraft ne sont pas des «vrais» mondes, bien sûr, mais ils sont consistants – le comportement de l’environnement et des créatures y sont régies par les règles cachées et généralement invariables, codées par les concepteurs de jeux. Dans le processus d’apprentissage d’un jeu, les joueurs tentent de déduire ces règles.

Ce qui les conduit, sans même s’en rendre compte, à la méthode scientifique.

C’est ce que Steinkuehler rapporte dans un document de recherche – « Habitudes mentales scientifiques dans les mondes virtuels » (pdf – en anglais). – Qu’elle publiera dans le numéro de printemps du « Journal of Science Education and Technology ». Elle et son co-auteur, Sean Duncan, ont téléchargé le contenu de 1.984 messages dans 85 discussions d’un forum de discussion pour les joueurs de World of Warcraft.

Qu’ont-ils trouvé? Seule une minorité des messages étaient des «plaisanteries» ou du bavardage. En revanche, la majorité – 86 pour cent – étaient destinés spécifiquement à analyser les règles cachées du jeux.

Plus de la moitié des joueurs utilisent un « raisonnement systémique » – analysant le jeu comme un système complexe et dynamique. Et un dixième des joueurs construient des modèles spécifiques pour expliquer le comportement d’un monstre ou d’une situation; et utilisent souvent leur modèle pour générer des prédictions. Pendant ce temps, un quart des commentateurs argumentent en se basant sur les arguments précédents, et un autre quart réfutent les arguments précédents et les modèles.

Tous ces comportements sont des caractéristiques de la pensée scientifique. En effet, les conversations suivent le déroulement précis d’un congrès scientifique, ou même d’une série d’articles dans un journal scientifique: quelqu’un pose une question – comme le genre de potions qu’un prêtre de haute classe doit transporter, ou comment vaincre un monstre en particulier – et un autre poste une réponse, offrant des données et des faits tirés de ses propres observations. D’autres se jettent dans la mêlée, pour contester la théorie, l’affiner, ou offrir d’autres faits. Finalement, une fois que tout le monde est convaincu que la théorie a été étayée par les données, la discussion se tarit.  «J’étais complètement bluffée » explique Steinkuehler.

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C’est un paradoxe: ces jeunes qui s’engagent avec ardeur dans ces conversations scientifiques sont précisément les mêmes qui, de plus en plus, se désintéressent de la science dans les salles de classe. Chaque étude montre que la culture scientifique à l’école est en chute libre, on estime qu’à peine un cinquième des étudiants qui obtiennent leur diplôme ont une vague idée de comment fonctionne la méthode scientifique. La situation est bien pire pour les garçons que les filles.

Steinkuehler pense que les jeux vidéo sont le moyen d’inverser cette tendance désolante. Elle fait valoir que les écoles devraient reconnaître  les jeux comme des lieux pour montrer aux enfants la valeur de la méthode scientifique – la manière dont elle nous aide à donner un sens au monde.

Une des raisons pour lesquelles la science ennuie les enfants, c’est que trop de professeurs la présentent comme une collection de faits désuets destinés à être mémorisés. C’est une erreur. La science n’est pas une collection de faits, mais une quête des faits – la méthode scientifique, c’est le processus de débroussaillage du maquis confus de l’ignorance. C’est un processus dynamique, argumentatif, collaboratif, compétitif, fait d’éclairs de fol enthousiasme et de longues heures de travail acharné, et entraînée par l’ego: notre désir d’être celui qui a compris le truc, au moins pour l’instant. C’est tout à la fois amusant, dramatique et dingue!

C’est de cette façon que les enfants abordent les jeux qu’ils aiment. Ils sont déjà des scientifiques, ils connaissent déjà la valeur de la méthode scientifique. Les enseignants ont juste besoin de parler dans leur langue, d’inviter les enfants à découvrir la joie de s’interroger aussi sur le monde «réel».

Un jour, Steinkuehler a rencontré l’un des enfants qui avaient construit un modèle Excel pour casser le monstre. « Sais-tu que ce que vous faites est l’essence de la science? » demanda t-elle. Il a souri: « Je ne fais pas de la science, mec, je triche! »

Je vis donc j’apprends – Une vie unschooling

Traduction de « I LIVE THEREFORE I LEARN: Living an Unschooling Life  » de Pam Sorooshian
Traduit de l’anglais par Claire Rakotonimaro

Le unschooling est à la fois facile et difficile à décrire. Le moyen facile est de dire que unschooling signifie « pas d’école »,  mais il est beaucoup plus difficile d’expliquer ce que nous faisons en lieu et place de l’école.

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Unschooling signifie ne pas dépendre des méthodes scolaires. C’est à dire pas de plans de leçon, pas de programme, pas de devoirs, pas de quiz ou tests, pas besoin de mémoriser, et pas de notes. Le parent ne devient pas l’enseignant de l’enfant. On ne recrée pas une école miniature à la maison.

Au lieu de cela, les unschoolers mettent l’accent sur une vie riche et stimulante, une vie ensemble. C’est tout. Vraiment.  Nous ne faisons pas «l’école», au contraire, nous nous concentrons sur une vie remplie d’opportunités, de possibilités et d’expériences. Les enfants humains sont nés apprenants. Littéralement. L’objectif du unschooling est de préserver cet amour de l’apprentissage et cette intense curiosité pendant que les enfants grandissent.

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Comment faisons-nous cela? Dans la pratique, c’est très différent d’une famille unschooling à une autre. « Nous suivons nos intérêts », est l’hymne de l’unschooler. Et, les intérêts de chaque famille permettent tous les types d’apprentissage: histoire, mathématiques, écriture, musique, lecture, sciences, et toutes les choses de la vie réelle qui sont utiles et intéressantes. Mais nous ne les considérons pas comme des «matières». Nous les considérons simplement comme des choses intéressantes, amusantes, fascinantes… quelque chose que nous avons envie de découvrir plus avant… ou pas. Une chose en entraîne une autre et la vie suit son cours et les enfants apprennent et les parents apprennent et la vie est pleine de possibilités partout où nous regardons.

Il est naturel pour les gens d’apprendre, chacun à sa manière. Il est naturel pour les enfants de vouloir comprendre le monde autour d’eux. Ils souhaitent rejoindre le monde des adultes et devenir eux-mêmes des adultes compétents et capables. Ils se démènent pour cela, de la façon qui leur est propre et naturelle. Les parents unschooling travaillent à créer un environnement familial qui soutien le désir naturel de l’enfant d’apprendre et de grandir.

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Chaque enfant est unique. Il fait l’expérience du monde d’une manière qui lui est propre et s’exprime d’une manière différente de toute autre personne. Il n’existe aucun programme dans le monde qui soit conçu spécifiquement et dynamiquement pour un enfant en particulier, mais pourtant le mode de vie unschooling peut fournir une expérience d’apprentissage 100% individualisée. Les unschoolers n’apprendront peut être pas exactement ce que les professionnels de l’éducation et les éditeurs de manuels pense qu’ils devraient-faire, en ce sens, ils ont des lacunes dans leur apprentissage. Mais ils vont aussi apprendre des tas de choses qui ne sont pas inclus dans la listes des « apprentissage standards. » Ce qu’il est important pour une personne d’apprendre n’est pas nécessairement important pour une autre et nous n’avons pas vraiment de moyen de prédire ce qu’il sera important de savoir à l’avenir. Par contre, nous savons que l’apprentissage forcé ou contraint n’est pas durable et que ce qu’on « enseigne » aux enfants ne sera « appris »  de manière durable que si c’est une chose qui les intéresse.

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Les unschoolers gardent également à l’esprit que le calendrier des apprentissage s’étale en réalité sur toute la vie. Nous ne nous inquiétons pas de savoir si un enfant est « au niveau » parce que nous savons que les enfants apprennent tout le temps et qu’ils finiront par apprendre ce qu’ils ont besoin de savoir pour les raisons qui sont les leurs. Nous ne nous inquiétons pas de savoir s’ils vont manquer quelque chose d’important, parce que, si une chose est importante, ils vont s’en rendre compte d’eux même et trouver une façon de l’apprendre.

Un slogan unschooling dit que « vivre c’est apprendre, apprendre c’est vivre ». Les unschoolers ne pensent pas que il y a des moments pour apprendre et de temps ou l’on n’apprend pas. Ils ne divisent pas la vie en temps scolaire ou heures de cours par opposition à du temps de jeu ou temps de loisir. Il n’y a pas de temps extra-scolaire pour un unschooler, chaque minute de chaque jour est un temps d’apprentissage et il n’y a pas de temps distinct consacré à l’éducation.

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Est-ce que le unschooling est fait pour tout le monde? Ma réponse est: «Cela dépend». Je pense que TOUS les enfants peuvent apprendre, grandir et s’épanouir en tant que unschoolers. Mais, je pense aussi qu’il faut une envie intense et beaucoup d’enthousiasme pour la vie pour être un parent unschooling. Etre un parent unschooling est un travail acharné. Par exemple, ils doivent développer un niveau très élevé de sensibilité à leurs enfants pour savoir quoi offrir, quand soutenir, quand s’effacer, comment l’enfant souhaite s’occuper, quel besoin de solitude il a, quand il a besoin d’un coup de pouce ou d’un peu d’encouragements, quand s’impliquer davantage, et ainsi de suite… Et les parents doivent être en mesure d’avoir toujours en tête les centres d’intérêts de leurs enfants, en pensant toujours à ce qui les intéressent, ce qui peux créer une rencontre entre le monde et cet enfant là de manière à ce que ça « clique ». Et il faut beaucoup de confiance que l’enfant va apprendre sans pression extérieure.

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Nous pourrions suivre un programme – je pourrais organiser quelques heures par jour de « travail scolaire », en insistant pour que mes enfants s’y soumettent. Mais j’ai lu tout ce que je pouvais trouver sur l’apprentissage et j’ai 30 ans d’expérience en enseignement et je sais, au fond de moi, que toute contrainte dans l’apprentissage crée soit une résistance ouverte, soit la passivité ou l’apathie, et je ne souhaite aucune de ces choses là pour mes enfants. Apprendre est une chose agréable – ça peut être difficile – mais c’est également agréable. La contrainte est désagréable et apprendre sous la contrainte c’est désagréable, quelque soit nos efforts pour rendre cela intéressant. Les enfants qui n’ont connu que le plaisir d’apprendre sans contrainte font montre d’une incroyable créativité, de confiance, d’intensité, de concentration, de persévérance, de connaissance de soi, et d’un fort sentiment d’être responsable d’eux mêmes.

Tous les parents ne souhaitent pas que leurs enfants grandissent avec de la volonté et un esprit véritablement indépendant. Et, il est pertinent de se souvenir de « faire attention à ce que vous souhaitez ». Si ce que nous voulons, c’est surtout que nos enfants nous respectent et qu’ils adoptent nos croyances et nos objectifs, le unschooling n’est peut-être pas pour nous. Beaucoup de parents ont une définition générale de «succès» dans leur propre tête, et ce qu’ils veulent pour leurs enfants c’est qu’ils atteignent leur version de succès. Beaucoup veulent que leurs enfants soient une preuve vivante qu’ils ont été de bons parents, ils peuvent même être particulièrement intéressés par les résultats qui impressionneront leurs amis, parents et connaissances. Encore une fois, le unschooling n’est probablement pas le meilleur choix dans ces circonstances là.

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Les unschoolers ont aussi des objectifs, qui guident nos interactions avec nos enfants au quotidien. Nous voulons que nos enfants découvrent leur propres passions et qu’ils y sautent à pieds joints, en ayant confiance en eux même et en la vie. Nous voulons que nos enfants sachent, au plus profond d’eux-mêmes, qu’ils sont forts et capables et peuvent faire leurs propres choix individuels. Nous voulons qu’ils soient des libres penseurs autonomes, quitte à s’opposer à la culture dominante et également à la contre-culture. Nous voulons des enfants capables  de penser par eux-mêmes et faire ce qu’ils estiment être juste.

Mais par dessus tout, nous voulons des enfants heureux d’être en vie, aujourd’hui et demain.

Apprentissage « Slow » – ou apprendre lentement

Traduction de l’article de Wendy Priesnitz « Slow Learning » 
Publié dans « Natural Life Magazine, September/October  2011  »
Traduit de l’anglais par Claire Rakotonimaro

Il y a une définition de l’intelligence qui implique la vitesse, les résultats, et la compétition – trouver rapidement la bonne réponse à une question et le faire plus vite que tous les autres. C’est la définition utilisée par l’école, où dire d’un enfant qu’il est « lent » est un terme désobligeant qui au final veut dire « bête ». Pire encore, les enfants qui ne rentrent pas dans les plans de l’école, qui sont distraits ou qui s’ennuient reçoivent une étiquette comme « learning disabled » (handicapé de l’apprentissage), en français « dys… »

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Les enseignants montrent qu’ils attachent une grande valeur à la vitesse-vue-comme-intelligence en félicitant les étudiants qui peuvent répondre du tac au tac, qui peuvent rapidement donner la bonne réponse à une question orale, qui lève la main les premiers, ou qui choisissent la réponse prescrite dans le temps imparti pour un questionnaire à choix multiple.

Malheureusement, les bonnes performances dans ce genre d’environnement scolaire ne garantissent aucunement qu’une personne s’épanouira dans la vraie vie. Et inversement, de nombreuses personnes indiscutablement intelligentes et qui ont réussi dans la vie, comme Albert Einstein obtiennent des performances médiocres dans un environnement rapide et compétitif comme l’école.

Il n’empêche que bon nombre des parents épousent cette définition dès la naissance de leur enfant. Ils mesurent la vitesse avec laquelle il maitrise les compétences, sont fiers quand il apprend à marcher, à lire ou à parler avant les enfants du voisin.

Où est l’urgence?

Cela fait près de 40 ans maintenant que je plaide pour un parentage différent et pour aider les enfants; au départ on appelait ça « homeschooling », puis « unschooling », jusqu’à ce que mon mari Rolf mijote le terme de « life learning » (« apprendre de la vie ») dans les années 1990. Et puis il y a environ 10 ans, j’ai commencé à définir cette façon d’apprendre dans la vie (et sans école)  dans les termes du mouvement « slow » qui a commencé au milieu des années 1980 avec le lancement de l’association Italienne Slow Food par un  écrivain écœuré pas l’ouverture d’une chaine de fast food à Rome. J’ai réalisé que la plupart des écoles gavent les enfants d’un régime pré-emballé de savoirs « fast food » – des faits épars et sans liens les uns avec les autres destinés à être avalés le plus rapidement possible.

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L’apprentissage Slow » implique d’explorer le monde à son rythme, en y prenant du plaisir; en se posant des questions et en comprenant les expériences que l’on rencontre et celles que l’on crée.

L’apprentissage Slow » implique au contraire d’explorer le monde à son rythme, en y prenant du plaisir; en se posant des questions et en comprenant les expériences que l’on rencontre et celles que l’on crée. Il n’est pas orienté vers des résultats rapides et la compétition. Il s’agit plutôt de savoir créer des hypothèses et de les tester et il fait la promotion de la recherche et du dialogue. Il donne du temps pour expérimenter, pour faire ce qu’on appelle traditionnellement des « erreurs » pour revenir en arrière et faire de nouvelles expérimentations. Il laisse du temps pour ce que l’environnement d’apprentissage rapide appelle « rêvasser » ou pire « perdre son temps ». Il croise les genres et les disciplines plutôt que de séparer le savoir en sujets déconnectés les uns des autres. Il est ancré dans les centres d’intérêt; les besoins et le style d’apprentissage de chaque individu. Et il ne ferme pas à 3 heures de l’après midi, à la fin juin, à 18 ans ou 30 ans ou 65 ans.

L’apprentissage slow comprends aussi que les réponses ne sont justes que dans un certain contexte et favorise le processus personnalisé plutôt que le produit public testable. Comme Ellen J. Langer, professeure à Harvard l’écrit dans son livre « The power of mindful learning » (ndtr: « le pouvoir de l’apprentissage conscient ») (Perseus Books, 1998) « Si nous pouvons remiser l’orientation vers le résultat, nous pourrons découvrir que la liberté de définir le processus à plus de signification que l’obtention d’un résultat qui n’a pas de sens inhérent ou de valeur en dehors de cet environnement particulier ».

Un enfant qui a la chance d’avoir des parents qui protègent son droit à un apprentissage « slow » a du pouvoir. Il est responsable de ce qu’il apprends, quand; comment et pourquoi… et il est libre de choisir quelles personnes et quelles expériences l’aideront dans sa quête.

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Il n’y a aucun besoin que qui que ce soit questionne, quizz ou teste le savoir d’un tel enfant parce que les objectifs poursuivis sont les siens. S’il venait à décider de se lancer dans quelque chose pour lequel il lui manque des savoirs prérequis, il aurait les outils nécessaires pour combler ce manque.

Mais au delà ce ça, il sera un leader non conformiste, innovateur, intrinsèquement motivé, curieux, preneur de risque qui n’arrêtera jamais d’apprendre et qui voit l’éducation comme un processus plutôt que comme une destination à atteindre le plus vite possible.