Limiter le temps passé devant la télé – le point de vue économique

Traduction de l’article de Pam Sorooshian « Economics of Restricting TV Watching of Children » – Janvier 2005
Traduit de l’anglais par Claire Darbaud et Béatrice Mantovani

Conclusion: Restreindre le temps passé à regarder la télévision augmente l’utilité marginale de cette dernière et pousse les enfants à être extrêmement attirés et à vouloir regarder la télévision plus que toute autre activité non restreinte.

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L’ « utilité » est le mot qui, dans le vocabulaire de l’économiste, décrit le plaisir, la satisfaction, et toute forme de valeur qu’une personne retire d’un produit ou d’un service. Obtenir de l’ « utilité » est la raison pour laquelle une personne achète un produit ou commence une activité. A l’instar des entreprises qui prennent des décisions pour maximiser leur profit, les humains prennent des décisions de façon à maximiser leur utilité totale. Les économistes voient les gens comme des agents de maximisation de l’utilité.

Aux yeux de l’économiste, nous traversons notre vie en faisant constamment des comparaisons – choisissant, minute par minute, ce que nous faisons, ce que nous mangeons, ce que nous achetons, ce que nous disons, et tout le reste, et à chaque fois, nous choisissons de façon à maximiser autant que possible notre utilité totale. Imaginez que vous êtes dans un magasin de glaces et que vous choisissiez un parfum – ce que l’économiste voit c’est que votre cerveau passe rapidement en revue tous les choix possibles, calculant l’utilité que vous pourriez obtenir avec une boule de fraise plutôt qu’une boule chocolat et ainsi de suite, pour finalement choisir celui qui vous donne la plus grande utilité. (En passant, remarquez que l’utilité doit être prédite – nous pouvons nous tromper dans notre choix, mais nous faisons de notre mieux en fonction de l’information que nous possédons. Je peux décider de choisir la fraise pour aujourd’hui – parce que c’est mon parfum préféré à cet instant, celui qui me donnera le plus d’utilité. Et je peux découvrir, dépitée, que la fraise ne répond pas à mes attentes et SOUHAITER pouvoir changer d’avis. Cela arrive. Nos choix sont en fait basés sur l’utilité que nous prévoyons en retirer.)

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Ok – il y a beaucoup plus à dire sur ce concept d’utilité et si vous avez des objections à cette façon de voir le monde, nous pouvons en parler. Mais je garde cela pour une autre fois et avant de développer le lien avec la télévision et les enfants, j’aimerais d’abord introduire une autre notion.
D’abord, imaginez-vous dans ce magasin de glaces, avec cette glace à la fraise que vous avez achetée parce qu’elle avait une grande utilité pour vous. Vous la mangez et elle est délicieuse, et vous calculez l’utilité espérée d’un AUTRE cornet de glace et décidez d’en acheter un. Vous le mangez. MIAM. Maintenant vous calculez l’utilité espérée d’un troisième cornet. Alors – qu’en pensez-vous? Est-ce que le deuxième cornet va vous donner autant d’utilité COMPLÉMENTAIRE que le premier? Est-ce que le troisième va ajouter autant à votre utilité totale que le premier ou le deuxième ? Que va-t-il se passer quand vous mangez plus de cornets de glace? Une fois que vous en avez consommé une, l’utilité espérée de la prochaine est inférieure à ce qu’était l’utilité espérée de la première. Et une fois que vous en avez consommé deux, l’utilité espérée pour la troisième sera inférieure à ce qu’était l’utilité espérée pour la seconde. Elles pourraient encore avoir une valeur pour vous, elles vous donnent toujours de l’utilité, mais pas autant d’utilité supplémentaire.

L’utilité supplémentaire que vous obtenez en ayant «un de plus» de quelque chose, est appelé «utilité marginale». Et – l’utilité marginale diminue à mesure que vous avez de plus en plus de la même chose.

Même si vous avez choisi des parfums différents pour chacun de vos cornets de glace, vous avez choisi le parfum avec la plus haute utilité en premier,  donc les glaces suivantes vous apporteraient une utilité marginale de plus en plus basse.

Cette façon de voir les choix est applicable à presque tout ce que nous faisons.

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Quelle est votre activité préférée? Regarder des films? Lire un livre? Jardiner? Aller à Disneyland? Pourquoi ne faites-vous pas cela tout le temps, et rien d’autre? Ce que je veux dire par là est: si c’est votre activité préférée, ne vous apporte-t-elle pas une plus grande utilité que toute autre chose? Pourquoi vous arrêtez-vous pour faire autre chose?

La réponse est que plus vous pratiquez une activité, plus son utilité marginale baisse. Quand l’utilité marginale d’une chose diminue, les autres choses commencent à sembler de plus en plus attrayantes.

Lorsque vous limitez une activité, vous gardez la personne au point où l’utilité marginale est très élevée.

Lorsque vous limitez le temps passé devant la télé, l’utilité marginale d’un peu plus de temps est élevée, et toutes les autres options semblent relativement peu attrayantes. Regarder plus de télé devient le centre de la pensée de la personne, car l’utilité marginale est très haute. Relâchez les contraintes et, après une période d’adaptation et d’expérimentation pour déterminer précisément les utilités marginales, l’obsession de regarder la télé disparaît et ça devient juste une autre option.

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« Je sais lire, tu sais! »

Traduction de l’article de Pam Laricchia  « I can read, you know! »
Publié dans:
Life Learning Magazine, May/June 2004
Photos de Lissy Larrichia quand elle était enfant.
Traduit de l’anglais par Béatrice Mantovani

« Je sais lire, tu sais! » répliqua nonchalamment ma fille de neuf ans à son frère aîné l’été dernier. Je ne me souviens même pas ce qu’il lui avait dit, mais la réponse fut remarquable. Ce fut un tournant pour elle, de déclarer qu’elle pouvait lire.

J’avais retiré mes trois enfants de l’école un peu plus d’un an avant cet incident. Ou, plus justement, ils avaient sauté sur l’occasion de partir quand elle leur avait été offerte! À l’époque, ma fille était en deuxième année (Ndt: équivalent du CE1) et l’une des élèves préférées de sa maîtresse. C’était une bonne élève et elle semblait prendre plaisir à aller à l’école, même si elle était dans l’un des groupes les plus faibles en lecture. J’ai donc été surprise, bien qu’agréablement, qu’elle aie été sur un petit nuage pendant trois jours en envisageant le fait de ne pas avoir besoin de retourner à l’école après les vacances de mars.

Même si elle avait lu les premiers livres de lecture donnés par l’école sans trop se plaindre, elle ne voulait pas lire de livres une fois à la maison. On pouvait souvent l’entendre déclarer « je ne peux pas lire”, et rien de ce que je disais ne pouvait la convaincre du contraire. Je lui ai dit que si ça l’intéressait de lire un livre elle-même, elle pouvait me demander n’importe quel mot qu’elle rencontrerait et qu’elle ne connaissait pas encore, et je le lirai pour elle. Non merci fut sa réponse.

J’ai donc complètement lâché prise; aucune pression ou attentes. En même temps j’ai veillé à lire des livres à haute voix pour elle et ses frères à peu près tous les jours. Son frère aîné avait reçu le premier livre de Harry Potter, donc nous avons commencé par là. Tous ont énormément apprécié l’histoire et nous avons lu les quatre livres de nombreuses fois, avons attendu avec impatience la sortie du cinquième livre en juin, puis l’avons dévoré ensemble en trois jours. Si un film que nous regardions était basé sur un livre, je pouvais le mentionner. Si quelqu’un posait une question dont la réponse devait être cherchée dans un livre, je le faisais moi-même. Les livres étaient juste une autre partie de notre vie, je n’en faisais pas tout une histoire. Et quand elle me le demandait, je lisais pour elle. Ou son frère aîné le faisait, généralement quand ils étaient en train de jouer à des jeux vidéo. Je lui ai dit en passant que je découvrais encore de nouveaux mots, que personne ne les connaît tous … et ça a probablement aidé de me voir buter en essayant de prononcer des mots nouveaux et des noms dans les livres de Harry Potter.

De temps en temps, elle lisait un mot ou deux, ici et là. Occasionnellement je le lui faisais remarquer, mais elle insistait quand même sur le fait qu’elle ne pouvait pas lire. Il semblait que sa définition d ‘«être capable de lire» était d’être capable de lire les livres de Harry Potter couramment. Ou, plus généralement, je pense, être capable de lire et de comprendre des «vrais» livres, ceux au niveau de son vocabulaire, de sa compréhension et de son intérêt, pas des livres de lecture débutants où le vocabulaire est limité et l’histoire sacrifiée sur l’autel du « savoir lire ». Je sais maintenant que c’était un bon raisonnement. Où est l’urgence?

Notre première année d’apprentissage naturel s’est passée comme ça. Mais je pouvais voir des indices. Comme toujours avec le unschooling, les moments venaient à l’improviste et passaient ensuite. C’est quand vous les mettez tous ensemble sur une certaine période de temps que vous pouvez commencer à voir l’image en train de prendre vie sur la toile. Pendant nos trajets en voiture, elle commença à faire des commentaires sur les panneaux. Intéressant. Et à lire des trucs sur les publicités à la télé. Très intéressant.

Et puis, comme sorti de nulle part, l’été dernier, son commentaire à son frère: «Je sais lire, tu sais! » Ça peut ne pas sembler beaucoup, mais je sentais qu’elle avait pris un tournant. Même si elle n’avait pas encore pris un livre pour le lire, même si elle déclarait encore ouvertement qu’elle «détestait les livres», dans son esprit, il ne s’agissait plus d’ »être un lecteur », il s’agissait d’être intéressé par la lecture.

J’avais lu les livres de Harry Potter aux enfants à maintes reprises durant l’année et nous les avions enfin obtenus sur CD à la mi-été. Les garçons avaient eu leur dose, mais elle se blottissait régulièrement dans sa chambre pour les écouter. Parfois, je lui apportais de la nourriture, ou du thé, et elle souriait et disait merci et continuait d’écouter.

Septembre arriva et après les avoir écoutés tous les cinq un certain nombre de fois elle commença à écrire les choses qui lui semblait intéressantes: le discours de Dolorès Ombrage, la prophétie, l’énigme du Sphinx, les noms des centaures, les indices qu’elle constatait et étaient communs d’un livre à l’autre, etc. Je remarquais que son carnet se remplissait vite, et une nuit, alors que je faisais les courses, je lui en achetai un nouveau, que je pensais qu’elle aimerait. Elle apprécia vraiment et l’utilisa pour ses «bonnes copies» – elle dit que parfois elle écrit si vite qu’il est difficile de lire.

Écrire l’a conduite à rechercher des choses dans les livres, car parfois elle ne parvenait pas à bien comprendre les mots à partir des CD.

Elle prit les cinq livres dans sa chambre et les plaça à côté du lecteur CD pour y avoir accès plus rapidement. Peu de temps après, elle mentionna qu’elle suivait parfois dans le livre tout en écoutant. Je pensais que c’était chouette.

Puis, un après-midi quelques jours plus tard, elle descendit de sa chambre pour me montrer qu’elle avait lu les deux premiers chapitres de “L’Ecole des Sorciers”! Et elle dit qu’elle était très surprise de voir que les mots ne sont pas aussi difficile que dans son souvenir (quand elle regardait les livres quand j’ai commencé à les lui lire, j’imagine). Et elle fit remarquer que la plupart des mots dans les livres de Harry Potter sont plus difficiles à lire, car ce sont des mots inventés, qu’elle ne voit pas ailleurs. Chouette! Elle passa le lendemain matin dans son lit et lut jusqu’au chapitre quatre. Elle était très contente d’elle. Les jours suivants, elle lut dans son lit tous les matins et à divers moments de la journée et de la nuit. Une nuit, elle emmena sa couverture chauffante dans la cour arrière jusqu’à la balançoire, sortit la rallonge, apporta ses oreillers et une lampe de poche et s’installa pour lire … jusqu’à ce qu’il commence à pleuvoir! Elle était tellement enthousiasmée qu’elle apportait le livre partout et disait sans cesse « je veux lire » en cherchant un endroit tranquille. Et je trouvais discrètement un moment ici et là pour filer trouver où elle se terrait et l’entreapercevoir plongée dans un livre.

Tout au long du mois d’octobre, elle fonçait encore à toute vapeur dans la lecture et l’écriture, elle se plongeait dans les mots. Terminer la lecture de “L’Ecole des Sorciers” ne lui prit pas beaucoup de temps et elle commença vite “La Chambre des Secrets”, mais après quelques chapitres elle dit que c’était assez ennuyeux car elle savait déjà tout. Elle dit qu’au moins pendant qu’elle écoutait des livres audio elle pouvait aussi faire d’autres choses. Et wow, elle en fait des autres de choses! Hmmm, voyons si je peux en citer quelques-unes: coudre des costumes pour ses animaux en peluche; coudre des coussins pour les vendre; créer des bijoux en fil de fer en utilisant des perles qu’elle a trouvées autour de la maison et des fermoirs qu’elle crée elle-même; réparer les coussins du canapé, des pyjamas et des bas de Noël. Puis elle repassa à l’écriture – elle marqua tous ses endroits préférés dans les livres et écrivit de nombreux signes, lettres, chansons, etc. qu’elle trouva dans le scénario. Parfois, elle les écrivait à la main, parfois, elle les tapait à l’ordinateur. Certains sont accrochés à sa porte, d’autres placés en décoration autour de sa chambre, et d’autres encore stockés en sécurité pour être utilisés comme accessoires au concours de jeunes talents à la conférence Live and Learn cet été (Ndt: conférence de unschooling qui a eu lieu annuellement de 2002 à 2008.) Encore des jeux avec les mots.

En Novembre, elle sortit notre livre “les mondes magiques de Harry Potter” et les jours suivants, elle lut régulièrement. Passant en douceur au-delà de la saga Harry Potter à un livre qui avait probablement encore un vocabulaire avec lequel elle était à l’aise, elle nourrissait en même temps sa passion. De temps en temps elle me lisait certains passages à voix haute et à d’autres moments elle m’expliquait ce qu’elle avait lu. Puis, quelques semaines plus tard, elle lisait tout les emails envoyés par ses amis de la conférence. Jusque-là elle m’avait toujours demandé de les lui lire. Puis elle prit un livre de Alice Roy dans notre bibliothèque à la maison, et commença à le lire. Elle était maintenant décidément plus à l’aise avec la lecture et s’étendait au-delà de son domaine initial « Harry Potter ».

Je trouve ça tellement intéressant de suivre son chemin vers la lecture, qui commença à l’école avec les livres de lecture pour débutants. Mais elle rejeta ces livres une fois rentrée à la maison. Elle ne fit aucune tentative de lecture de son propre chef l’année et demie suivante, mais écouta beaucoup la série Harry Potter et quelques autres livres que je lus pour eux. Puis il y eut une percée quand elle déclara qu’elle pouvait lire, le point crucial n’étant plus de devenir un lecteur mais de s’intéresser à la lecture. Trouvant un intérêt passionné, au cours d’un mois elle passa à toute vitesse les étapes: écrire en écoutant les livres audio, chercher des informations dans les livres, suivre la lecture dans les livres, puis lire un des livres de façon indépendante. Je suis tellement reconnaissante que le unschooling lui ait permis de trouver sa propre voie vers la lecture.

Et, il y a quelques semaines, nous discutions dans la cuisine et elle posa une question au sujet d’un livre sur les noms que nous avions et puis s’écria avec une horreur feinte « Arghh! Je deviens un rat de bibliothèque! »

Le unschooling n’est pas de l’apprentissage dirigé par l’enfant

Traduction de « Unschooling is not “Child-Led Learning” » de Pam Sorooshian
Traduit de l’anglais par Béatrice Mantovani

Je ne parle pas de unschooling comme d’«apprentissage dirigé par l’enfant» et j’encourage les autres à ne pas utiliser ce terme, parce que je pense que l’abus de celui-ci a donné lieu à un malentendu très grave de ce que le unschooling est vraiment.

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Le terme «apprentissage dirigé par l’enfant» met l’accent sur quelque chose de très important – que l’enfant est l’apprenant! Je ne pourrais être plus d’accord. Néanmoins, il cache aussi le rôle important que le parent joue en aidant et en soutenant et, oui, très souvent, en prenant l’initiative, dans l’investigation et l’exploration du monde qu’est le unschooling.

Sur une liste de unschooling, quelqu’un a demandé s’il était « correct », en tant qu’unschooler, de demander à son enfant s’il voulait qu’on lui lise un livre. Elle craignait que ça soit trop directif – qu’il faille attendre qu’il demande, s’il était intéressé. En d’autres termes, elle pensait que le unschooling devrait être entièrement «dirigé par l’enfant».

De telles questions me préoccupent, parce que c’est une telle distorsion, et une position tellement extrême et loin de la réalité de la vie unschooling que ma famille a vécue.

Le unschooling est plus comme une danse entre des partenaires qui sont si parfaitement en phase l’un avec l’autre qu’il est difficile de dire qui guide. Les partenaires sont sensibles aux indications de chacun, aux petits mouvements, aux légers décalages, et ils réagissent. Parfois, l’un dirige et parfois l’autre.

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Demander à un enfant s’il veut qu’on  lui lise un livre ne doit pas être différent que de lui demander s’il veut aller dehors jouer aux pirates ou de vous aider à faire un gâteau ou laver le chien ou faire un jeu.

Demander aux enfants s’ils veulent faire quelque chose fait très très souvent partie du unschooling. C’est une énorme partie du unschooling.

Le unschooling c’est également “semer”- apporter des idées, des objets, des expériences, des possibilités de toutes sortes dans leur vie. Nous ne les forçons pas. Mais nous ne manquons pas de proposer. Et nous recommandons souvent, aussi. Et de temps en temps nous disons: «Je pense que vous devriez …. ».

Le unschooling n’est pas de l’apprentissage dirigé par l’enfant.  Il n’est pas non plus dirigé par le parent ou l’enseignant. Il est axé sur l’enfant. L’enfant est pris en compte. L’enfant est soutenu.

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Quand quelqu’un demande s’il est normal de demander à leurs enfants s’ils veulent lire avec eux, je suis vraiment inquiète qu’ils prennent une approche beaucoup trop non-interventionniste – une approche passive – qu’il s’assoient et attendent que les enfants viennent les voir avec des idées de ce qu’ils veulent faire. Les parents unschoolers sont très impliqués dans leur rôle d’offrir le monde à leurs enfants. Savoir quand faire marche arrière et quand intervenir et participer activement est un art, mais même quand les enfants sont occupés à poursuivre leurs intérêts de leur propre chef, les parents unschoolers sont attentifs et préparés à offrir des améliorations ou des extensions ou des alternatives, etc .

Appeler ça «apprentissage dirigé par l’enfant» donne une fausse impression. Ça amène les gens à penser que  unschooling veut dire attendre qu’un enfant dise à sa mère: “Je veux faire des maths.” Ce n’est pas du tout comme cela que ça fonctionne.

Les jeux vidéos et la science

Traduction de « How Videogames Blind Us With Science  » de Clive Thompson – 09.08.08
Traduit de l’anglais par Claire Rakotonimaro

Il y a quelques années, Constance Steinkuehler – professeur à l’Université du Wisconsin – passait 12 heures par jour à jouer à Lineage, le jeu massivement multijoueur sur internet. Elle était, comme elle le dit, une « princesse assiégée », coordonnant des raids de 150 personnes contre des monstres diablement difficiles à vaincre. La plupart des membres de sa guilde n’étaient que des adolescents.

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Pourtant ils étaient plutôt doués pour trouver des moyens de vaincre les monstres. Un jour, elle a découvert pourquoi. Un groupe d’entre eux avait créé un fichier Excel dans lequel ils déposaient toutes les informations recueillies sur le comportement de chaque monstre:  quelles potions ont un effet sur lui, quelles attaques il utilise, quel type de dommage il inflige, et quand. Ensuite, ils développaient un modèle mathématique pour expliquer comment le monstre fonctionne – et prédire comment le battre.

Souvent, le premier modèle ne fonctionnait pas très bien, alors le groupe discutait sur la façon de l’améliorer. Certains offraient des données nouvelles qu’ils avaient recueillies, et proposaient d’autres hypothèses pour le modèle. Steinkuehler se souvient: « la polémique autour du meilleur modèle, celui qui s’était avéré le plus prédictif, allait bon train ».

C’est alors qu’elle a réalisé: ces enfants font de la science! Ils utilisent la méthode scientifique. Ils émettent une hypothèse – « ce monstre est sensible aux sorts de feu » – puis ils recueillent des preuves pour vérifier si l’hypothèse est correcte. Si  elle ne l’est pas, ils l’améliorent jusqu’à ce qu’elle soit représentative des données observées.

Steinkuehler en arriva à une conclusion fascinante et provocatrice: les jeux vidéo sont en train de devenir le nouveau foyer de la pensée scientifique pour les enfants d’aujourd’hui.

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Réfléchissez un instant. Après tout, qu’est-ce que la science? C’est une technique pour découvrir les règles cachées qui gouvernent le monde. Et les jeux vidéo sont des mondes simulés que les enfants essaient constamment de maîtriser. Lineage et World of Warcraft ne sont pas des «vrais» mondes, bien sûr, mais ils sont consistants – le comportement de l’environnement et des créatures y sont régies par les règles cachées et généralement invariables, codées par les concepteurs de jeux. Dans le processus d’apprentissage d’un jeu, les joueurs tentent de déduire ces règles.

Ce qui les conduit, sans même s’en rendre compte, à la méthode scientifique.

C’est ce que Steinkuehler rapporte dans un document de recherche – « Habitudes mentales scientifiques dans les mondes virtuels » (pdf – en anglais). – Qu’elle publiera dans le numéro de printemps du « Journal of Science Education and Technology ». Elle et son co-auteur, Sean Duncan, ont téléchargé le contenu de 1.984 messages dans 85 discussions d’un forum de discussion pour les joueurs de World of Warcraft.

Qu’ont-ils trouvé? Seule une minorité des messages étaient des «plaisanteries» ou du bavardage. En revanche, la majorité – 86 pour cent – étaient destinés spécifiquement à analyser les règles cachées du jeux.

Plus de la moitié des joueurs utilisent un « raisonnement systémique » – analysant le jeu comme un système complexe et dynamique. Et un dixième des joueurs construient des modèles spécifiques pour expliquer le comportement d’un monstre ou d’une situation; et utilisent souvent leur modèle pour générer des prédictions. Pendant ce temps, un quart des commentateurs argumentent en se basant sur les arguments précédents, et un autre quart réfutent les arguments précédents et les modèles.

Tous ces comportements sont des caractéristiques de la pensée scientifique. En effet, les conversations suivent le déroulement précis d’un congrès scientifique, ou même d’une série d’articles dans un journal scientifique: quelqu’un pose une question – comme le genre de potions qu’un prêtre de haute classe doit transporter, ou comment vaincre un monstre en particulier – et un autre poste une réponse, offrant des données et des faits tirés de ses propres observations. D’autres se jettent dans la mêlée, pour contester la théorie, l’affiner, ou offrir d’autres faits. Finalement, une fois que tout le monde est convaincu que la théorie a été étayée par les données, la discussion se tarit.  «J’étais complètement bluffée » explique Steinkuehler.

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C’est un paradoxe: ces jeunes qui s’engagent avec ardeur dans ces conversations scientifiques sont précisément les mêmes qui, de plus en plus, se désintéressent de la science dans les salles de classe. Chaque étude montre que la culture scientifique à l’école est en chute libre, on estime qu’à peine un cinquième des étudiants qui obtiennent leur diplôme ont une vague idée de comment fonctionne la méthode scientifique. La situation est bien pire pour les garçons que les filles.

Steinkuehler pense que les jeux vidéo sont le moyen d’inverser cette tendance désolante. Elle fait valoir que les écoles devraient reconnaître  les jeux comme des lieux pour montrer aux enfants la valeur de la méthode scientifique – la manière dont elle nous aide à donner un sens au monde.

Une des raisons pour lesquelles la science ennuie les enfants, c’est que trop de professeurs la présentent comme une collection de faits désuets destinés à être mémorisés. C’est une erreur. La science n’est pas une collection de faits, mais une quête des faits – la méthode scientifique, c’est le processus de débroussaillage du maquis confus de l’ignorance. C’est un processus dynamique, argumentatif, collaboratif, compétitif, fait d’éclairs de fol enthousiasme et de longues heures de travail acharné, et entraînée par l’ego: notre désir d’être celui qui a compris le truc, au moins pour l’instant. C’est tout à la fois amusant, dramatique et dingue!

C’est de cette façon que les enfants abordent les jeux qu’ils aiment. Ils sont déjà des scientifiques, ils connaissent déjà la valeur de la méthode scientifique. Les enseignants ont juste besoin de parler dans leur langue, d’inviter les enfants à découvrir la joie de s’interroger aussi sur le monde «réel».

Un jour, Steinkuehler a rencontré l’un des enfants qui avaient construit un modèle Excel pour casser le monstre. « Sais-tu que ce que vous faites est l’essence de la science? » demanda t-elle. Il a souri: « Je ne fais pas de la science, mec, je triche! »

Je vis donc j’apprends – Une vie unschooling

Traduction de « I LIVE THEREFORE I LEARN: Living an Unschooling Life  » de Pam Sorooshian
Traduit de l’anglais par Claire Rakotonimaro

Le unschooling est à la fois facile et difficile à décrire. Le moyen facile est de dire que unschooling signifie « pas d’école »,  mais il est beaucoup plus difficile d’expliquer ce que nous faisons en lieu et place de l’école.

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Unschooling signifie ne pas dépendre des méthodes scolaires. C’est à dire pas de plans de leçon, pas de programme, pas de devoirs, pas de quiz ou tests, pas besoin de mémoriser, et pas de notes. Le parent ne devient pas l’enseignant de l’enfant. On ne recrée pas une école miniature à la maison.

Au lieu de cela, les unschoolers mettent l’accent sur une vie riche et stimulante, une vie ensemble. C’est tout. Vraiment.  Nous ne faisons pas «l’école», au contraire, nous nous concentrons sur une vie remplie d’opportunités, de possibilités et d’expériences. Les enfants humains sont nés apprenants. Littéralement. L’objectif du unschooling est de préserver cet amour de l’apprentissage et cette intense curiosité pendant que les enfants grandissent.

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Comment faisons-nous cela? Dans la pratique, c’est très différent d’une famille unschooling à une autre. « Nous suivons nos intérêts », est l’hymne de l’unschooler. Et, les intérêts de chaque famille permettent tous les types d’apprentissage: histoire, mathématiques, écriture, musique, lecture, sciences, et toutes les choses de la vie réelle qui sont utiles et intéressantes. Mais nous ne les considérons pas comme des «matières». Nous les considérons simplement comme des choses intéressantes, amusantes, fascinantes… quelque chose que nous avons envie de découvrir plus avant… ou pas. Une chose en entraîne une autre et la vie suit son cours et les enfants apprennent et les parents apprennent et la vie est pleine de possibilités partout où nous regardons.

Il est naturel pour les gens d’apprendre, chacun à sa manière. Il est naturel pour les enfants de vouloir comprendre le monde autour d’eux. Ils souhaitent rejoindre le monde des adultes et devenir eux-mêmes des adultes compétents et capables. Ils se démènent pour cela, de la façon qui leur est propre et naturelle. Les parents unschooling travaillent à créer un environnement familial qui soutien le désir naturel de l’enfant d’apprendre et de grandir.

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Chaque enfant est unique. Il fait l’expérience du monde d’une manière qui lui est propre et s’exprime d’une manière différente de toute autre personne. Il n’existe aucun programme dans le monde qui soit conçu spécifiquement et dynamiquement pour un enfant en particulier, mais pourtant le mode de vie unschooling peut fournir une expérience d’apprentissage 100% individualisée. Les unschoolers n’apprendront peut être pas exactement ce que les professionnels de l’éducation et les éditeurs de manuels pense qu’ils devraient-faire, en ce sens, ils ont des lacunes dans leur apprentissage. Mais ils vont aussi apprendre des tas de choses qui ne sont pas inclus dans la listes des « apprentissage standards. » Ce qu’il est important pour une personne d’apprendre n’est pas nécessairement important pour une autre et nous n’avons pas vraiment de moyen de prédire ce qu’il sera important de savoir à l’avenir. Par contre, nous savons que l’apprentissage forcé ou contraint n’est pas durable et que ce qu’on « enseigne » aux enfants ne sera « appris »  de manière durable que si c’est une chose qui les intéresse.

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Les unschoolers gardent également à l’esprit que le calendrier des apprentissage s’étale en réalité sur toute la vie. Nous ne nous inquiétons pas de savoir si un enfant est « au niveau » parce que nous savons que les enfants apprennent tout le temps et qu’ils finiront par apprendre ce qu’ils ont besoin de savoir pour les raisons qui sont les leurs. Nous ne nous inquiétons pas de savoir s’ils vont manquer quelque chose d’important, parce que, si une chose est importante, ils vont s’en rendre compte d’eux même et trouver une façon de l’apprendre.

Un slogan unschooling dit que « vivre c’est apprendre, apprendre c’est vivre ». Les unschoolers ne pensent pas que il y a des moments pour apprendre et de temps ou l’on n’apprend pas. Ils ne divisent pas la vie en temps scolaire ou heures de cours par opposition à du temps de jeu ou temps de loisir. Il n’y a pas de temps extra-scolaire pour un unschooler, chaque minute de chaque jour est un temps d’apprentissage et il n’y a pas de temps distinct consacré à l’éducation.

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Est-ce que le unschooling est fait pour tout le monde? Ma réponse est: «Cela dépend». Je pense que TOUS les enfants peuvent apprendre, grandir et s’épanouir en tant que unschoolers. Mais, je pense aussi qu’il faut une envie intense et beaucoup d’enthousiasme pour la vie pour être un parent unschooling. Etre un parent unschooling est un travail acharné. Par exemple, ils doivent développer un niveau très élevé de sensibilité à leurs enfants pour savoir quoi offrir, quand soutenir, quand s’effacer, comment l’enfant souhaite s’occuper, quel besoin de solitude il a, quand il a besoin d’un coup de pouce ou d’un peu d’encouragements, quand s’impliquer davantage, et ainsi de suite… Et les parents doivent être en mesure d’avoir toujours en tête les centres d’intérêts de leurs enfants, en pensant toujours à ce qui les intéressent, ce qui peux créer une rencontre entre le monde et cet enfant là de manière à ce que ça « clique ». Et il faut beaucoup de confiance que l’enfant va apprendre sans pression extérieure.

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Nous pourrions suivre un programme – je pourrais organiser quelques heures par jour de « travail scolaire », en insistant pour que mes enfants s’y soumettent. Mais j’ai lu tout ce que je pouvais trouver sur l’apprentissage et j’ai 30 ans d’expérience en enseignement et je sais, au fond de moi, que toute contrainte dans l’apprentissage crée soit une résistance ouverte, soit la passivité ou l’apathie, et je ne souhaite aucune de ces choses là pour mes enfants. Apprendre est une chose agréable – ça peut être difficile – mais c’est également agréable. La contrainte est désagréable et apprendre sous la contrainte c’est désagréable, quelque soit nos efforts pour rendre cela intéressant. Les enfants qui n’ont connu que le plaisir d’apprendre sans contrainte font montre d’une incroyable créativité, de confiance, d’intensité, de concentration, de persévérance, de connaissance de soi, et d’un fort sentiment d’être responsable d’eux mêmes.

Tous les parents ne souhaitent pas que leurs enfants grandissent avec de la volonté et un esprit véritablement indépendant. Et, il est pertinent de se souvenir de « faire attention à ce que vous souhaitez ». Si ce que nous voulons, c’est surtout que nos enfants nous respectent et qu’ils adoptent nos croyances et nos objectifs, le unschooling n’est peut-être pas pour nous. Beaucoup de parents ont une définition générale de «succès» dans leur propre tête, et ce qu’ils veulent pour leurs enfants c’est qu’ils atteignent leur version de succès. Beaucoup veulent que leurs enfants soient une preuve vivante qu’ils ont été de bons parents, ils peuvent même être particulièrement intéressés par les résultats qui impressionneront leurs amis, parents et connaissances. Encore une fois, le unschooling n’est probablement pas le meilleur choix dans ces circonstances là.

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Les unschoolers ont aussi des objectifs, qui guident nos interactions avec nos enfants au quotidien. Nous voulons que nos enfants découvrent leur propres passions et qu’ils y sautent à pieds joints, en ayant confiance en eux même et en la vie. Nous voulons que nos enfants sachent, au plus profond d’eux-mêmes, qu’ils sont forts et capables et peuvent faire leurs propres choix individuels. Nous voulons qu’ils soient des libres penseurs autonomes, quitte à s’opposer à la culture dominante et également à la contre-culture. Nous voulons des enfants capables  de penser par eux-mêmes et faire ce qu’ils estiment être juste.

Mais par dessus tout, nous voulons des enfants heureux d’être en vie, aujourd’hui et demain.

Apprentissage « Slow » – ou apprendre lentement

Traduction de l’article de Wendy Priesnitz « Slow Learning » 
Publié dans « Natural Life Magazine, September/October  2011  »
Traduit de l’anglais par Claire Rakotonimaro

Il y a une définition de l’intelligence qui implique la vitesse, les résultats, et la compétition – trouver rapidement la bonne réponse à une question et le faire plus vite que tous les autres. C’est la définition utilisée par l’école, où dire d’un enfant qu’il est « lent » est un terme désobligeant qui au final veut dire « bête ». Pire encore, les enfants qui ne rentrent pas dans les plans de l’école, qui sont distraits ou qui s’ennuient reçoivent une étiquette comme « learning disabled » (handicapé de l’apprentissage), en français « dys… »

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Les enseignants montrent qu’ils attachent une grande valeur à la vitesse-vue-comme-intelligence en félicitant les étudiants qui peuvent répondre du tac au tac, qui peuvent rapidement donner la bonne réponse à une question orale, qui lève la main les premiers, ou qui choisissent la réponse prescrite dans le temps imparti pour un questionnaire à choix multiple.

Malheureusement, les bonnes performances dans ce genre d’environnement scolaire ne garantissent aucunement qu’une personne s’épanouira dans la vraie vie. Et inversement, de nombreuses personnes indiscutablement intelligentes et qui ont réussi dans la vie, comme Albert Einstein obtiennent des performances médiocres dans un environnement rapide et compétitif comme l’école.

Il n’empêche que bon nombre des parents épousent cette définition dès la naissance de leur enfant. Ils mesurent la vitesse avec laquelle il maitrise les compétences, sont fiers quand il apprend à marcher, à lire ou à parler avant les enfants du voisin.

Où est l’urgence?

Cela fait près de 40 ans maintenant que je plaide pour un parentage différent et pour aider les enfants; au départ on appelait ça « homeschooling », puis « unschooling », jusqu’à ce que mon mari Rolf mijote le terme de « life learning » (« apprendre de la vie ») dans les années 1990. Et puis il y a environ 10 ans, j’ai commencé à définir cette façon d’apprendre dans la vie (et sans école)  dans les termes du mouvement « slow » qui a commencé au milieu des années 1980 avec le lancement de l’association Italienne Slow Food par un  écrivain écœuré pas l’ouverture d’une chaine de fast food à Rome. J’ai réalisé que la plupart des écoles gavent les enfants d’un régime pré-emballé de savoirs « fast food » – des faits épars et sans liens les uns avec les autres destinés à être avalés le plus rapidement possible.

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L’apprentissage Slow » implique d’explorer le monde à son rythme, en y prenant du plaisir; en se posant des questions et en comprenant les expériences que l’on rencontre et celles que l’on crée.

L’apprentissage Slow » implique au contraire d’explorer le monde à son rythme, en y prenant du plaisir; en se posant des questions et en comprenant les expériences que l’on rencontre et celles que l’on crée. Il n’est pas orienté vers des résultats rapides et la compétition. Il s’agit plutôt de savoir créer des hypothèses et de les tester et il fait la promotion de la recherche et du dialogue. Il donne du temps pour expérimenter, pour faire ce qu’on appelle traditionnellement des « erreurs » pour revenir en arrière et faire de nouvelles expérimentations. Il laisse du temps pour ce que l’environnement d’apprentissage rapide appelle « rêvasser » ou pire « perdre son temps ». Il croise les genres et les disciplines plutôt que de séparer le savoir en sujets déconnectés les uns des autres. Il est ancré dans les centres d’intérêt; les besoins et le style d’apprentissage de chaque individu. Et il ne ferme pas à 3 heures de l’après midi, à la fin juin, à 18 ans ou 30 ans ou 65 ans.

L’apprentissage slow comprends aussi que les réponses ne sont justes que dans un certain contexte et favorise le processus personnalisé plutôt que le produit public testable. Comme Ellen J. Langer, professeure à Harvard l’écrit dans son livre « The power of mindful learning » (ndtr: « le pouvoir de l’apprentissage conscient ») (Perseus Books, 1998) « Si nous pouvons remiser l’orientation vers le résultat, nous pourrons découvrir que la liberté de définir le processus à plus de signification que l’obtention d’un résultat qui n’a pas de sens inhérent ou de valeur en dehors de cet environnement particulier ».

Un enfant qui a la chance d’avoir des parents qui protègent son droit à un apprentissage « slow » a du pouvoir. Il est responsable de ce qu’il apprends, quand; comment et pourquoi… et il est libre de choisir quelles personnes et quelles expériences l’aideront dans sa quête.

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Il n’y a aucun besoin que qui que ce soit questionne, quizz ou teste le savoir d’un tel enfant parce que les objectifs poursuivis sont les siens. S’il venait à décider de se lancer dans quelque chose pour lequel il lui manque des savoirs prérequis, il aurait les outils nécessaires pour combler ce manque.

Mais au delà ce ça, il sera un leader non conformiste, innovateur, intrinsèquement motivé, curieux, preneur de risque qui n’arrêtera jamais d’apprendre et qui voit l’éducation comme un processus plutôt que comme une destination à atteindre le plus vite possible.