Pourquoi vous n’arrivez pas à lâcher prise

de Joyce Fetteroll
Transcription d’une présentation intitulée « Why you can’t let go » donnée à la Conférence Live and Learn de 2002
Traduit de l’anglais par Béatrice Mantovani

Beaucoup de unschoolers, même s’ils adoptent sans hésitation le unschooling, se sentent encore occasionnellement attirés par des cours. [NdT: le mot utilisé en anglais est « curriculum », et désigne les cours par correspondance ou les cahiers faits pour apprendre des matières académiques, pas les cours pris dans une école spécialisée comme la danse ou la musique, par exemple.] Il serait réconfortant, parfois, que quelqu’un nous tienne la main pour nous aider à guider nos enfants. Nous savons que les avantages du unschooling l’emportent sur les avantages d’un certain confort, et pourtant, quand même …

Qu’est-ce qui fait que les cours sont si attirants ? Par cours, je veux dire tout ce qui est conçu pour amener les enfants de là où ils sont à là où nous voulons qu’ils soient, que ce soit une année complète de cours dans une boîte ou un cahier d’exercices de maths. Pourquoi est-ce si attrayant ?

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Chacun de nous a sûrement sa propre liste d’avantages, mais quelques-uns de ceux qui me sont venus à l’esprit pour les parents :

1) Les cours suppriment le fardeau et la responsabilité de faire un choix, ils nous permettent d’être assurés que les enfants reçoivent la bonne information de la bonne manière.
2) Les cours fournissent des preuves que les enfants apprennent des choses «importantes». Ils soulagent nos inquiétudes quant à savoir si les enfants apprennent ce dont ils ont besoin. En effet, les connaissances «académiques» paraissant artificielles, il nous semble qu’elles ne peuvent pas être apprises de la vie.

Et quelques-uns des avantages à suivre un cours, pour nos enfants:

1) Cela bâtit une structure. Ils peuvent remplir les détails plus tard.
2) Cela établit une base sur laquelle s’appuyer.
3) Cela fournit une clé pour comprendre tout le reste.
4) Cela filtre «les choses qui sont une perte de temps» et présente l’essentiel, les choses importantes.

Maintenant, pensez à quelque chose que vos enfants ont appris par eux-mêmes, comme parler ou marcher, et essayez de voir si la liste des avantages marche dans ce contexte. Ont-ils un sens ?

Maintenant, pensez à l’apprentissage d’une langue étrangère à l’école. La liste des avantages a un sens, là. Et pourtant, qu’est-ce qui a le mieux fonctionné ?

Ce que cela implique, c’est que si nous ne pouvons pas vivre quelque chose, alors nous avons besoin d’un substitut. Donc, un cours est simplement un substitut à la vie. Un substitut plutôt médiocre! Et parce que c’est un piètre substitut nous avons besoin de contrôler et de vérifier par deux fois pour nous assurer qu’il nous donne les résultats que nous espérons obtenir.

Je vais mettre les avantages de côté pendant un moment et parler de ce à quoi ressemble l’apprentissage naturel. Une des choses insatisfaisantes, à propos du unschooling, c’est que ça ne ressemble pas au modèle que nous avons dans nos têtes de ce à quoi l’apprentissage est censé ressembler. Mais comparer l’apprentissage naturel à l’apprentissage scolaire est comme comparer des choux et des carottes. Si nous nous attendions à ce que nos plants de choux produisent des carottes, nous serions bien mécontents quand il produisent des choux. Donc, ce dont nous avons besoin c’est d’avoir en tête l’image d’un chou, une image de ce à quoi l’apprentissage naturel ressemble.

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Imaginez l’acquisition des connaissances comme l’assemblage d’un immense puzzle.

Avec l’apprentissage naturel, les enfants plongent dans le puzzle de la manière qui leur semble intéressante. Ils assemblent les pièces ici et là, en travaillant un peu partout dans le puzzle. Ils ne vont pas dans un ordre particulier. Ils vont s’en tenir à un seul endroit, ou bien passer d’un endroit à l’autre, en fonction de ce qui est plus intéressant pour eux. Ils vont tomber sur des choses nouvelles et intéressantes. Ils vont voir des choses connues dans des lieux inconnus, donnant aux lieux inconnus un sentiment de familiarité mais les rendant aussi intrigants.

Bien sûr, des cours vraiment mal fichus pourraient aussi sauter dans tous les sens!

Mais il y a trois choses puissantes dans le processus naturel d’apprentissage.

La première chose est l’intérêt. Quand les enfants veulent quelque chose, quand ils veulent comprendre quelque chose, c’est comme s’ils avaient un vide en eux. Parfois, le vide est grand. Parfois, il est petit. Mais quelle que soit sa taille, il veulent absorber des connaissances jusqu’à ce que le vide soit rempli. Quand on enseigne à des enfants qui ne veulent pas ou n’ont pas besoin de l’information, ils n’ont pas de vide qui va aspirer les connaissances, et l’absorption d’information doit être forcée.

La deuxième chose qui est puissante est que les éléments sur lesquels les enfants travaillent leur sont utiles au moment présent. Ce sont des outils et des informations dont les enfants ont besoin maintenant, pas des choses potentiellement utiles pour l’avenir, à ranger jusqu’à ce qu’ils en aient besoin «un jour». La chose géniale au sujet des outils, c’est qu’il est facile de voir s’ils fonctionnent ou pas. Et ce qui est spécial à propos de ces outils est qu’ils n’ont pas besoin d’être complets pour être utiles. Ils ont juste besoin d’être fonctionnels. Il y aura des lacunes par rapport à ce que quelqu’un d’autre pourrait savoir, mais il n’y aura pas de lacunes fonctionnelles. Un enfant ne peut pas faire du vélo sans avoir compris comment utiliser le guidon. Cette lacune ne peut tout simplement pas exister longtemps. Mais certains enfants auront une lacune par rapport aux chemins en terre s’ils n’ont pas besoin ou envie d’aller au-delà des rues pavées.

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La troisième chose qui est puissante est l’intégration. A mesure que les enfants agencent des pièces dans une zone du puzzle, les pièces sont aussi inconsciemment assemblées dans d’autres domaines. Et mieux encore, les zones dans lesquelles la pièce s’insère peuvent fournir des indications. Une zone peut déclencher une «alarme» si un enfant est sur le point d’ajouter un morceau à un autre domaine qui n’a pas de sens.

Par exemple, accumuler des connaissances sur les faucons va ajouter des pièces à la zone «carnivores» ainsi qu’à beaucoup d’autres domaines. La zone «carnivores» obtiendra également des pièces du puzzle «chats et chiens» et «tyrannosaure» et «requins». Cela va développer l’image que l’enfant se fait du comportement carnivore. Ensuite, si un enfant pense avoir entendu «les faucons mangent du riz», cette donnée n’aura aucun sens dans le domaine «carnivore». Le cerveau de l’enfant se bousculera donc à la recherche de mots qui se trouvent à la fois dans la zone «mots qui finissent par le son ‘ri’» et dans la zone «nourriture pour carnivore». Il va sans doute dire: «Oh, des souris! » Ou, s’il ne trouve rien: «Ça ne me semble pas correct!» Quoi qu’il fasse, il ne va pas bêtement accepter un fait. Il veut que les zones fonctionnent, et qu’elles répondent à ses besoins.

Oui, ce processus de vérification peut marcher aussi avec des cours. Les enfants ne vont pas simplement accepter une erreur évidente, comme 2 +2 = 5. Mais avec l’apprentissage naturel, ils sont motivés à remettre en question et à comprendre. Parce qu’ils essaient de répondre à leurs propres besoins. Pas aux besoins de quelqu’un d’autre. Pas à des besoins qu’ils pourraient éventuellement avoir dans le futur.

Si vous réfléchissez à la façon dont vos enfants apprennent le langage, vous aurez un bon exemple de comment le puzzle se construit. Le langage est une zone du puzzle du monde réel. Plus les enfants utilisent le langage, plus ils ajoutent de pièces à la zone « langage » du puzzle. Mais le langage est également un outil que les enfants utilisent pour assembler d’autres régions du puzzle du monde réel.

Au début de l’apprentissage du langage, les nourrissons et les bambins laissent les conversations passer sans bien écouter, se mettant à l’écoute uniquement quand quelque chose semble lié à ce qui les intéresse. Plus tard, ils manipulent les éléments de leur monde: en posant des questions, en tournant leurs pensées dans leur tête, en lisant. Et, pendant qu’ils font cela, l’effet secondaire est que le puzzle du langage est assemblé et amélioré. Normalement, les enfants ne travaillent pas activement à l’assemblage du puzzle du langage. Ils ne cataloguent pas consciemment les mots de vocabulaire et ne réfléchissent pas consciemment aux règles de grammaire pour savoir si le verbe va avant le nom et ce que sont les noms et les verbes et quel cas utiliser à quel endroit. Ils utilisent simplement le langage pour obtenir ce qu’ils veulent, et réagissent inconsciemment aux indications qu’ils obtiennent sur la façon dont ça a fonctionné, pour que ça marche mieux la prochaine fois. Ils essaient de satisfaire leurs propres besoins, donc ils sont motivés pour faire fonctionner le langage.

Ce qui est étonnant, sur la façon dont l’apprentissage naturel assemble les domaines des puzzles-outils comme le langage, les mathématiques, la science, la grammaire, et ainsi de suite, est que:

1) il n’est pas nécessaire de travailler dessus consciemment,
2) ils n’ont pas besoin d’être consciemment compris pour être utilisés,
3) ils n’ont pas besoin d’être complets pour être utilisés,
4) les informations qu’on obtient en les utilisant les rendent plus complets.

Les bambins n’ont pas besoin de savoir comment faire des phrases complètes ou d’utiliser beaucoup de mots pour pouvoir utiliser le langage comme un outil. Pour eux, le langage est incomplet. Il y a d’énormes trous. Ma fille est en fait arrivée à obtenir beaucoup de choses avec le simple mot «là» pendant un bon moment. Cela signifiait «Prends-moi dans tes bras» et «Prends ceci», et «Emmène-moi là-bas» et «Donne-moi ça».

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Vous pouvez observer ce même processus avec les maths. Par exemple avec les pourcentages, les enfants classent inconsciemment dans leur tête toutes les fois où les pourcentages apparaissent dans la vie réelle. Ils ne vont pas comprendre leur utilisation. Mais ils vont avoir une idée du type de pièces de puzzle avec lesquelles les pourcentages apparaissent, comme les pièces du puzzle de l’épicerie, des conditions météo, et des sports. Ils vont avoir une idée de comment ils s’intègrent dans les pièces de puzzle environnantes. 25% en plus c’est bien. Une tranche d’imposition à 30% rend les parents grincheux. Un agrandissement à 200% dans un programme informatique est beaucoup. 1600% est énorme. 75% des enfants interrogés aiment les Digimons mieux que les Pokémons, c’est beaucoup.

Imaginez les pourcentages comme un morceau de la zone «mathématiques» du puzzle. C’est un morceau qui s’insère également dans des trous du puzzle du monde réel. C’est un outil. Quand les enfants voient pour la première fois le morceau des pourcentages dans le puzzle du monde réel, ça n’ajoute pas grand-chose à leur compréhension de l’ensemble. «30% en moins» ne clarifie pas la vue d’ensemble. Les pourcentages sont juste un gros paquet de pièces de puzzle avec une image floue, qui s’avère rentrer dans un trou. Mais les enfants absorbent inconsciemment où ils apparaissent et comment ils sont utilisés.

Au fur et à mesure qu’ils se font une idée du contexte dans lequel les pourcentages apparaissent, ils vont inconsciemment ajouter des pièces au puzzle des pourcentages. L’image commencera à apparaître et ils l’essayeront quand ils penseront que c’est un outil qui leur serait utile dans la situation où ils se trouvent. Ils pourraient jouer au magasin et parler de pourcentages. Même s’ils ne les utilisent pas de la bonne manière, ils auront reconnu qu’acheter des choses est un des contextes dans lequel les pourcentages sont utilisés, et que ça a à voir avec les chiffres. Ou bien, ils pourraient reconnaître qu’un rabais de 150% ne semble pas correct, mais qu’élargir quelque chose à 150% est acceptable. Ou bien ils pourraient saisir un pourcentage pour diminuer des photos dans un programme d’art. (Et si leur image mentale de la façon dont fonctionnent les pourcentages les conduit à mettre un pourcentage qui ne fonctionne pas, le résultat bizarre leur donnera des indications sur la façon dont ils pourraient améliorer leur vision des pourcentages.) Tout ça avant d’être en mesure de calculer un pourboire de 15%. Ils vont connecter et remplir les pièces du puzzle des pourcentages au fur et à mesure qu’ils en auront besoin.

Ma fille Kathryn et moi lisions un livre qui commençait avec le narrateur annonçant fièrement que l’horloge de la ville donnait fréquemment la bonne heure. Elle a onze ans et a bien sûr déjà entendu le mot «fréquemment». Elle a probablement compris par les différents contextes que « fréquemment » a à voir avec quelque chose qui arrive souvent. Sa définition n’était pas complète, mais elle avait suffisamment bien fonctionné jusqu’à présent. Mais, en testant les pièces qu’elle avait pour le mot «fréquemment», elle s’est rendu compte que ce n’était pas assez détaillé pour fonctionner dans le contexte de cette plaisanterie, et a demandé à avoir plus de pièces jusqu’à ce que sa définition marche.

Pour en revenir aux avantages et aux inconvénients, si on compare les avantages des cours par rapport à la construction des puzzles, est-ce que se faire du souci à propos des avantages a beaucoup de sens ? Il n’y a pas à craindre de fournir des informations incomplètes ou incorrectes, parce que ce n’est pas important. Ce qui est important, c’est si ça fonctionne. Dans le contexte de la construction du puzzle, se faire du souci parce que nos enfants pourraient manquer de structure, ne pas avoir les bases, ne pas avoir toutes les clés pour comprendre ou perdre leur temps, tout cela n’a plus de sens. Le puzzle fonctionne pour les besoins de l’enfant et il s’affine au fur et à mesure qu’il est utilisé. Parce que l’enfant a besoin qu’il fonctionne.

D’autre part, ce que les cours tentent de faire, c’est de fournir aux enfants des puzzles-outils comme les pourcentages, les dates importantes de l’histoire, la photosynthèse. Donc le morceau du puzzle des pourcentages aura juste suffisamment de morceaux pré-assemblés pour constituer une base, une image claire. Puis, en théorie, les enfants pourront ajouter des pièces au puzzle-outil plus tard. C’est logique. Plus quelque chose est simple, plus cela est facile à apprendre. Mais le morceau des pourcentages par lui-même n’est pas particulièrement intéressant ou utile. L’effet qu’ont les pourcentages sur les pièces alentours, cela peut être intéressant ou éclairant. Mais sans contexte, c’est juste un paquet de pièces de puzzle avec une image plutôt ennuyeuse.

Et les cours ne peuvent pas faire ce que nous attendons d’eux. Ils ne peuvent pas donner à l’enfant des pièces pré-assemblées du puzzle. Tout ce qu’ils peuvent faire est montrer aux enfants les pièces du puzzle et leur montrer comment assembler les morceaux. Les enfants doivent reproduire les morceaux et les connecter dans leurs têtes. Et à moins que les enfants aient vraiment compris, ni les pièces ni les connexions ne vont se reproduire correctement.

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Quand j’étais à l’université, j’ai pris des cours de physique. J’en ai enchainé tant bien que mal pendant trois semestres. Les professeurs m’ont montré tous les bons morceaux, les ont expliqués clairement et les ont assemblés pour moi. Quand les cours ont été finis, j’ai eu l’impression qu’on m’avait remis le puzzle de la mécanique. Je savais que force = masse x accélération, énergie cinétique = masse x vitesse, pour chaque action, il y a une réaction égale et opposée. Je savais que je n’avais pas une grande compréhension, mais la structure de base était là. Tout ce qu’il fallait, c’était étoffer et affiner.

Six ans plus tard, mon mari et moi nous préparions à passer nos examens de ceinture noire de Tae Kwon Do. Une partie de l’épreuve était la rédaction d’un mémoire de recherche. Je me suis dit que ce serait facile et intéressant d’en faire un sur la physique d’un coup de poing. Malheureusement, je me suis vite rendu compte que je n’avais aucune idée de ce que je faisais. Non seulement je ne connaissais pas assez de choses sur le sujet, mais beaucoup de ce que je savais était erroné. Et je ne savais même pas assez pour savoir ce qui était juste et ce qui était faux. J’ai dû quasiment tout jeter et recommencer à zéro.

Le problème c’est qu’on m’avait montré les pièces du puzzle et dit comment elles s’emboîtent. Mais, comme je n’avais pas entièrement compris les pièces ou les connexions, quand je les ai reproduites dans ma tête, les pièces étaient de mauvaise qualité et les connexions étaient mal fichues. Le livre de cours avait toujours défini le contexte et indiqué quel outil, quel ensemble de pièces de puzzle utiliser dans celui-ci. Je n’étais pas capable d’observer une situation et de savoir quel outil utiliser. Je n’étais pas capable de regarder un outil et de savoir dans quel contexte il devrait être utilisé. J’avais mémorisé correctement suffisamment de pièces pour réussir à l’examen. Mais « en grande partie correct » n’a pas abouti à quelque chose qui fonctionnait. Ça a simplement abouti à une note assez bonne pour que je n’aie pas à redoubler le cours.

Avec les cours, le plus souvent, les enfants construisent un puzzle dont ils ne se soucient pas ou dont ils n’ont pas besoin tout de suite. Dans la vraie vie, le test est de savoir si quelque chose fonctionne. Par exemple, si vous ne connaissez pas la capitale de l’Allemagne, vous atterrissez dans la mauvaise ville. Avec les cours, l’objectif est d’avoir autant de réponses correctes que possible, donc si quelqu’un ne connait pas la capitale de l’Allemagne, cela a autant d’impact sur sa vie que de ne pas connaitre la date de la bataille d’Hastings. Ce qui compte est le pourcentage de ce qui a été mémorisé correctement, pas si cette accumulation de connaissances sert à quelque chose.

Encore une fois, si l’on regarde la liste des avantages des cours, ça semble logique. Il est essentiel d’essayer de faire rentrer les bonnes informations dans la tête de nos enfants parce que nous ne pouvons pas tester si le cours fonctionne ou pas dans un contexte de vie réel. Tout ce que nous pouvons faire est de cocher la case de la liste des données à assimiler quand les enfants démontrent qu’une donnée a été retenue assez longtemps pour réussir l’examen. Donc, il vaut mieux avoir une liste sacrément bonne, et une méthode sacrément bonne pour la lui faire rentrer dans la tête. Et pour ce qui est de la structure, des bases et ainsi de suite, nous sommes entièrement dépendants de la compétence de la personne qui élabore le cours à le faire correctement, car une fois de plus, il n’y a pas de test pour voir si cela fonctionne.

Par exemple, avec un cours, l’objectif est de bien apprendre comment on fait fonctionner le guidon et les pédales du vélo, et l’équilibre et la physique de la rotation et les lois de la circulation et de la signalisation. Si vous retenez 85% de tout ça vous avez une bonne note. Mais cela ne signifie pas que vous savez faire du vélo.

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Avec l’apprentissage naturel, le but est simplement d’en apprendre assez pour que tout fonctionne ensemble. Au début, tourner le guidon et pédaler et trouver l’équilibre seront de niveau 10/20 au mieux. Et on évitera la circulation. Mais tous ces outils fonctionneront ensemble. Et ils s’amélioreront tous à chaque fois que l’enfant obtient des indications supplémentaires en faisant du vélo et qu’il a besoin d’en savoir plus sur ces outils.

Je voulais essayer un exemple: partir d’une définition qui comporte des trous et m’appuyer sur d’autres domaines et outils pour combler mes lacunes, obtenir une vérification et résoudre le puzzle. Je ne sais pas si c’est un bon exemple, mais il est resté coincé dans ma tête et je n’arrivais pas à lâcher prise, donc vous aurez peut-être à faire semblant de ne pas connaître le sens du mot.

[NDT: J’ai gardé la phrase et le mot en anglais car l’exemple ne marche pas en français, la phrase est tirée du chant de Noël « Away in a manger » et peut se traduire par: « Le bétail (verbe mystère), le pauvre bébé se réveille.] « The cattle are lowing, the poor babe awakes. » Autant que je sache, je n’ai jamais entendu « lowing » dans un autre contexte donc dans mon cas, la zone du puzzle pour « lowing » est totalement vide. Sur quelles zones vous appuyez-vous pour comprendre ce que signifie « lowing » ?

Pour moi, c’est connecté à la zone des chants de Noël. Et c’est un sous-ensemble de la zone chansons. Je ne suis pas très musicale, donc j’ai de grosses lacunes dans les deux zones. Je ne connais pas beaucoup plus que les chants de Noël les plus courants. Je sais que les paroles sont de la poésie, ce qui est connecté à la zone de la langue anglaise. Ma zone de la poésie a aussi beaucoup de lacunes. Ça n’apporte peut-être pas beaucoup d’informations, mais ça explique pourquoi la phrase n’a pas l’air d’être une conversation normale.

C’est connecté à la zone de Noël. Ma connaissance de Noël vient essentiellement de la culture populaire, donc par rapport à quelqu’un qui a étudié la Bible ou l’histoire des temps bibliques il y a des lacunes. Mais elle a suffisamment bien marché dans le passé pour ce genre de choses. Je sais où le bébé et le bétail se trouvent et pourquoi ils sont là. Je sais que le bébé vient de naître et que sa maman et son papa sont à proximité.

C’est connecté à la zone de la langue anglaise. Encore une fois, il y a des trous, comme le mot « lowing », évidemment, mais l’expérience m’a conduite à me sentir assez confiante dans les zones non-trouées. C’est une structure grammaticale anglaise, donc il y a probablement une histoire de cause à effet. Les vaches ont fait quelque chose pour réveiller le bébé. Si la phrase était « The poor babe awakes, the cattle are lowing », nous supposerions que c’est le bébé qui a un effet sur les vaches. Nous avons probablement tous rencontré des paroles de poèmes et de chansons qui enfreignent les règles, donc nous ne pouvons pas être certains de ça.

C’est connecté à la zone des vaches. Ma zone des vaches m’a servi pour ce dont j’en avais besoin, mais par rapport à un éleveur, j’ai des lacunes. Mais je sais que les vaches font du bruit. Elles mangent. Elles sont grosses. Elles font des bouses. Elles font pipi. Elles produisent beaucoup de gaz. Elles tapent des pieds. Elles donnent du lait. Certaines personnes aiment les manger. Elles semblent un peu endormies, et pas très intéressantes.

C’est connecté à la zone des bébés. Et la connexion à la zone de Noël nous indique que c’est en particulier connecté à la zone des bébés qui viennent de naître. Je connais des choses au sujet des bébés vivants et des bébés à la télévision et des extrapolations par rapport aux adultes et aux autres animaux, j’ai donc une liste de choses probables qui réveillent les bébés.

Nous pouvons rassembler les possibilités qui correspondent à toutes ces zones. Peut-être que c’est du gaz. Des pets très malodorants pourraient réveiller un bébé. Mais ça ne correspond pas bien à la zone des chants de Noël. Mon expérience avec ces chansons me conduit à être à peu près certaine qu’elles parlent de choses belles et douces. Il pourrait s’agir de lait. Ça c’est doux. Mais la zone de la langue anglaise suggère que les vaches font l’action elles-mêmes. La zone de l’anglais nous indique que la poésie enfreint les règles, mais la zone des bébés ne nous donne pas vraiment l’impression que la traite des vaches réveille les bébés. Mais ma zone des vaches a quelques trous, donc peut-être. Elles pourraient taper des sabots. Ça n’est pas trop mauvais. Ça ne déclenche pas de sonnettes d’alarme, mais ça n’envoie pas de feux d’artifice non plus. Elles pourraient meugler. Ça c’est doux. Je me souviens que c’est bruyant. L’anglais a quelques onomatopées comme « moo » pour décrire le son que fait le bétail et « low » sonne de façon similaire.

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Cela ne nous donne pas une réponse définitive, mais si je devais en choisir une, ce serait « meugler ».

Mettre les pièces du puzzle ensemble, c’est un peu comme résoudre un mystère. Si quelqu’un nous avait dit ce que « lowing » voulait dire et que nous n’étions pas curieux, ça aurait été comme lire le dernier chapitre d’un roman policier que nous n’avions aucune intention de lire. Le plaisir vient d’avoir des questions et d’obtenir la réponse, pas nécessairement de la réponse elle-même.

Alors, que pouvons-nous faire pour aider l’apprentissage naturel à suivre son cours ?

Nous pouvons aider nos enfants à explorer leurs centres d’intérêt. S’ils explorent leurs centres d’intérêt, ils font du vrai travail qui leur fournira des indications sur la façon dont ils assemblent leur puzzle. Nous pouvons amener le monde à eux afin qu’ils aient accès à de nouveaux intérêts. Ils ne peuvent pas savoir qu’ils sont intéressés par les poèmes Haïku ou le Titanic ou la tonte des moutons s’ils ne savent pas que ça existe.

Le pire crime que nous puissions commettre, quand il s’agit d’apprentissage, est de traîner les enfants de force à travers quelque chose d’ennuyeux pour construire une base. Ils pourraient retenir ce que nous les avons forcé à parcourir, mais le prix à payer est qu’ils marqueraient ça d’une grosse étiquette « ENNUYEUX », et il est probable qu’ils évitent de construire dans cette zone. S’ils s’ennuient nous devrions arrêter. Il y a tout simplement trop de choses dans le monde pour se soucier d’une chose en particulier. Quand ils en auront besoin, ils ne pourront pas l’ignorer.

Donc, pensez en termes de plaisir plutôt que de besoin ou d’importance. Une seule connexion à l’Egypte, s’ils la trouvent cool ou qu’elle est associée à un sentiment positif, avec la possibilité et la disponibilité d’y retourner à tout moment s’ils veulent en savoir plus, leur servira bien plus qu’un paquet de faits soi-disant importants qui s’effacera de leur mémoire par manque de pratique et d’intérêt.

Pensez en termes de créer l’envie d’apprendre toute leur vie, plutôt que de créer une base standard ou une structure. Si nous leur offrons l’assurance qu’ils peuvent apprendre tout ce qu’ils décident d’apprendre, qu’il n’y a pas de limite de temps à l’apprentissage, qu’à aucun moment ils n’auront fini d’apprendre, alors nous leur avons ouvert toutes les portes possibles.

Pensez en termes de moment présent. Aujourd’hui. Aidez-les à être ce qu’ils sont maintenant. Ils ont quatre ans et six ans et douze ans pour une raison. Les écoliers passent leur enfance à se préparer à devenir des adultes. Laissez-les être ce qu’ils sont aujourd’hui. Après tout, nous ne nous sommes pas inquiétés quand ils parlaient de caca et de Teletubbies quand ils étaient bambins, même si nous n’avions pas l’impression que ça allait les préparer à devenir des grands patrons ou des médecins ou même des élèves de CP. Nous savions qu’ils allaient arriver là où ils devaient arriver linguistiquement, quel que soit le chemin qu’ils prenaient.

Pensez en termes de voyage plutôt que de destination. Ils ne sont pas coincés sur un chemin qui les emmène vers une destination spécifique, mais sur le voyage de toute une vie d’exploration et de découverte, qui peut les emmener n’importe où ils veulent.

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Pensez en termes de nourrir votre propre enthousiasme envers la vie plutôt que de nourrir leur enthousiasme. Ne sautez pas de joie à propos de George Washington s’il vous endort. Soyez honnête dans votre quête de ce qui vous intéresse. Faites-leur savoir quand vous pensez que quelque chose est vraiment cool. Pas pour qu’ils s’intéressent à quelque chose que vous pensez être bon pour eux, mais avec un honnête « Wow! J’adore ce truc! » Et posez des questions sur la vie autour de vous. Soyez curieux. Parce que ce sont les questions qui sont importantes. N’importe qui peut chercher les réponses, mais ce n’est pas tout le monde qui peut poser les bonnes questions.

Pensez en termes de nourrir vos propres centres d’intérêts plutôt que d’attendre de vous jeter sur leurs centres d’intérêts. Attaquez-vous à des nouvelles recettes pour vous-même, et pas parce que vous voulez qu’ils se joignent à vous. Mais si vous avez le choix, sachez que faire les choses d’une manière qui plaît aux enfants crée une atmosphère accueillante et joyeuse. Vous êtes plus susceptibles d’avoir de la compagnie dans le jardin si vous plantez des haricots qui vont pousser sur un tipi que si vous plantez un champ de rutabagas.

Pensez en termes de créer une atmosphère d’émerveillement, d’étonnement et de réflexion, où tout le monde est vraiment curieux envers la vie, et où il se passe des choses intrigantes qui favorisent la curiosité. Pas parce que c’est ce qui serait bon pour eux, mais comme cadeau, sans aucune condition.

Pensez en termes de « leurs centres d’intérêts qui les guident vers le monde », plutôt que chercher des avenues pour que le monde entre en eux.

Si nous mettons ce programme en action à la place de cours, l’apprentissage du monde leur est ouvert pour le reste de leurs vies.

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Le unschooling ne ressemble pas du tout à l’école

Traduction de l’article de Pam Laricchia: Unschooling doesn’t look like school at all
Traduit de l’anglais par Stéphanie Meloche
(Traduction republiée ici avec son autorisation. Original sur son blog.)

Le unschooling ressemble à la vie

Le unschooling c’est comme des vacances d’été qui ne finissent jamais, moins la chaleur (à moins que vous n’habitiez plus près de l’équateur que moi!), mais avec une grande différence : les enfants ne passent pas leur temps à décompresser, à évacuer le stress accumulé causé par les horaires stricts et par la pression de performance. Et ils ne finissent pas par se plaindre qu’ils s’ennuient parce que personne ne leur dit quoi faire. À la place, ils sont occupés à poursuivre leurs intérêts.

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Et à quoi ressemble l’apprentissage à l’école? La vaste majorité d’entre nous, parents, avons été à l’école, alors nous comprenons très bien le système : il y a un programme qui nous dicte ce que nous devons apprendre; un professeur qui tente de nous aider à le comprendre; et un test qui détermine si nous nous en souvenons. Répétez cette boucle sur plusieurs années et pour plusieurs sujets. C’est une méthode destinée à atteindre son but : enseigner à un grand nombre d’élèves une gamme prédéfinie d’informations.

La question est : comment les unschoolers arrivent à apprendre de cette façon, alors qu’on nous a appris qu’on ne pouvait apprendre que dans le système?

Regardons en quoi le unschooling est différent de l’école et pourquoi.

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(1) Pas de programme

Les unschoolers ne croient pas en l’idée que tous ont besoin de connaître les mêmes compétences et les mêmes informations générales à un âge précis. Ils comprennent que chaque personne est unique et fera différentes choses à l’âge adulte. Les parents d’unschoolers croient que c’est plus efficace pour leurs enfants d’apprendre ce qui les intéressent. Ces intérêts ont plus de chance de leur faire développer des compétences qui leur servira dans leur travail et dans leur vie d’adulte qu’un programme général. Ce qu’ils aiment faire en ce moment est une étape sur le chemin de ce qu’ils choisiront dans le futur. Ils suivent leurs intérêts, leur curiosité, à la place d’un programme.

Qu’en est-il de ce savoir et de ces compétences qui sont nécessaire pour se débrouiller dans la société? Puisque les enfants unschoolers, en grandissant, apprennent et vivent dans le vrai monde, qu’ils interagissent avec les personnes de leur communauté, ils rencontreront des occasions où le besoin se fera sentir de développer ces connaissances et compétences, et ils les développeront à ce moment.

Feeding the chickadees

(2) Atmosphère soutenante

Le fait de ne pas suivre un programme ne veut pas dire que les parents d’unschoolers ne font rien. Remplacez le programme par un environnement propice aux apprentissages. Non pas basé sur un calendrier précis, mais sur les intérêts de votre enfant. À la place d’un enseignant qui dispense de l’information et qui dirige les activités des enfants, les parents d’unschoolers supportent activement leurs enfants dans la poursuite de leurs intérêts. Le but des enfants n’est pas d’apprendre, mais de faire ce qui les attire. Le plus fascinant, c’est que lorsque leur but est de simplement vivre leur vie, les apprentissages deviennent des conséquences, merveilleuses et intenses, qui se produisent en cours de route. Et selon mon expérience, ils apprennent énormément!

Un autre aspect différent du unschooling, c’est que les parents ne croient pas que leurs enfants n’apprendront rien à moins d’y être forcé. Mon expérience m’a prouvé le contraire! Les enfants sont intéressés à explorer le monde autour d’eux. Vous n’avez qu’à observer un bambin qui a récemment appris à marcher! Cela ne change pas quand ils grandissent, à moins que les adultes dans leur vie leur retirent tout enthousiasme en les forçant ou en prenant le contrôle.

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 (3) L’emphase sur les aspirations

Les écoles mettent l’emphase sur les compétences qui seront nécessaires selon elles aux enfants plus tard. Avec le unschooling, nous poursuivons nos intérêts et choisissons les compétences dont nous avons besoin pour accomplir nos objectifs tout au long du chemin – autant les parents que les enfants! L’important, ce ne sont pas les compétences mais ce que vous pouvez faire avec elles.

Et les apprentissages sont bien plus efficaces dans cette perspective. Souvenez-vous combien de fois un enseignant vous a dit : « tu auras besoin de savoir ceci quand tu seras grand ». En tout cas pour moi, cela ne constituait pas une motivation suffisante pour investir de mon temps et de mon énergie. Mais qu’en est-il lorsque vous souhaitez accomplir quelque chose, maintenant? Les compétences et les informations nécessaires à cet accomplissement prennent alors tout leur sens. Vous avez maintenant une raison pour comprendre ces informations et pour acquérir ces compétences – vous souhaitez apprendre pour réaliser votre objectif. Il y a aussi de meilleures chances pour que vous vous souveniez de tout puisque cela a un sens et est relié à vos connaissances actuelles. Voilà le vrai apprentissage – celui que l’on comprend et que l’on retient.

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 (4) Interagir avec des personnes de tous âges

Les écoles regroupent les enfants du même âge – c’est la façon la plus simple de délivrer le programme en sections. Un des désavantages de ce système est qu’il n’y a qu’un adulte pour un grand nombre d’élèves; les élèves n’ont donc pas accès à différents modèles significatifs; ils acquièrent beaucoup de leurs compétences sociales avec leurs pairs du même âge, qui n’ont pas plus d’expérience qu’eux.

À la place d’avoir la possibilité de se faire des amis uniquement de leur âge et qui vivent dans la même région qu’eux, les enfants unschoolers ont souvent des amis d’âges très variés. Mais sans ces possibilités qu’offre l’école, comment les unschoolers trouvent-ils des amis? Grâce à leurs intérêts. Le karaté. La construction de robots. Les sports. L’art. Les jeux vidéo. Un intérêt commun est une base bien plus solide que l’âge pour développer une amitié.

Avoir des amis d’âges différents permet aussi aux enfants d’aider les plus jeunes et les moins expérimentés, de jouer avec enthousiasme avec ceux qui ont des intérêts et compétences similaires, et d’apprendre de ceux qui ont plus d’expérience qu’eux. L’âge n’est pas un facteur important dans la vraie vie (à l’extérieure de l’école), elle n’est donc pas non plus un facteur important pour les unschoolers qui vivent tous les jours dans le vrai monde.

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 (5) Pas de vacance pour les apprentissages

Les apprentissages sont vécus au quotidien. Une fois que votre famille est engagée dans le unschooling, cela devient la vie, simplement. Et il n’y pas d’utilité à prendre des vacances de la vie. Les vacances servent à explorer de nouveaux endroits et à expérimenter de nouveaux domaines; et non pas à s’échapper de nos obligations. Lorsque juin arrive, mon plus jeune me demande encore s’il aura congé durant l’été et nous répondons « Non, nous continuerons simplement à faire ce que nous faisons tous les jours ». Le concept de vacance n’a plus vraiment de sens lorsque toute notre vie est vécue comme des vacances d’été!

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Voilà seulement cinq différences entre l’école et le unschooling. C’est une façon complètement différente de vivre et d’apprendre! Et c’est un style de vie qui encourage les vrais apprentissages, mais développe aussi des liens familiaux solides qui dureront bien après les années d’école obligatoires.

Cinq étapes vers le unschooling

Traduction de l’article de Joyce Kurtak Fetteroll: “Five steps to unschooling
Traduit de l’anglais par Béatrice Mantovani

Certaines personnes comprennent le unschooling dès qu’ils en entendent parler. D’autres se promènent dans un brouillard de confusion, se demandant comment les unschoolers peuvent être si certains de quelque chose qui semble si contraire à l’intuition, à tout ce que nous avons entendu sur la façon dont les enfants ont besoin d’apprendre. Peut-être que quelques étapes bien définies aideraient ces personnes à mieux comprendre le unschooling.

Première étape

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Pour faire du unschooling, vous commencez avec les centres d’intérêt de votre enfant. Si il ou elle est intéressé(e) par les oiseaux, vous allez lire – ou parcourir, ou laisser de côté, ou seulement regarder les photos – dans des livres sur les oiseaux, regarder des vidéos sur les oiseaux, parler des oiseaux, rechercher puis construire des mangeoires pour oiseaux et des nichoirs (ou en acheter), tenir un journal sur les oiseaux, les enregistrer et réfléchir à leur comportement, rechercher sur internet des articles sur les oiseaux, visiter des réserves ornithologiques, dessiner des oiseaux, colorier quelques pages dans le livre de coloriage “Dover Birds of Prey”, jouer avec des plumes, étudier les dessins des machines volantes que Léonard de Vinci a basées sur les oiseaux, regarder « Les oiseaux » de Alfred Hitchcock.

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Mais allez-y DOUCEMENT. Estimez la quantité et le bon moment en fonction des réactions de votre enfant. Laissez-le dire non merci. Laissez-la choisir. Laissez son intérêt fixer le rythme. Si ça prend des années, laissez ça prendre des années. Si ça dure une heure, laissez ça durer une heure.

Deuxième étape

Deuxièmement, vous devez vous assurer que votre enfant a la possibilité de développer ses centres d’intérêts. Ayez des livres, des vidéos, des kits de bricolage, des jeux, des puzzles, des cassettes de musique, des marionnettes, des collections sur la nature, et d’autres choses intéressantes à sa disposition, qu’il ou elle peut prendre quand il (ou elle) le souhaite. (Cherchez des trésors dans les bibliothèques, les vide-grenier, dans votre cave.) Faites des excursions comme moyen de susciter son intérêt.

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Promenez-vous dans des musées et regardez simplement les choses qui intéressent l’un(e) de vous. Résistez à l’envie de vous forcer à vous intéresser à quelque chose parce que vous pensez que ça serait bon pour elle (ou lui). Lisez un livre ou assemblez un kit, même si vous êtes certaine que ça ne mènera nulle part. Laissez-le dire non merci s’il n’est pas intéressé à faire quelque chose dès maintenant, ou à s’impliquer dans un degré moindre que ce que vous pensez qu’il “devrait”.

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Troisième étape

Intéressez-vous vous-même aux choses. Pas pour éduquer votre enfant, mais pour apprendre pour vous-même. Trouvez un centre d’intérêt qui vous a toujours passionné, mais que vous n’avez jamais eu le temps d’explorer. Regardez la vie autour de vous avec curiosité.

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Recherchez de l’information pour satisfaire votre propre curiosité. Ou, tout simplement, méditez sur les merveilles tout autour de vous. Posez des questions dont vous ne connaissez pas les réponses. «Pourquoi y a-t-il de belles couleurs sous le vert des feuilles? » « Pourquoi ont-ils construit le pont ici plutôt que là-bas? » « Pourquoi y-a-t-il tout à coup plus de circulation qu’avant sur ma route ? »

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Dites à votre enfant que toutes les questions n’ont pas encore reçu de réponse et que ce n’est pas son travail de continuer à absorber les réponses jusqu’à ce qu’elle les ait toutes en tête.

Quatrième étape

Commencez à remarquer les possibilités d’apprentissage qui se trouvent partout autour de vous. Il y a des fractions dans le temps et la cuisine, et dans les relations entre les objets. (Il a un tiers de plus de M&M bleus que de M&M marrons.) La TVA est un pourcentage du total, certains articles contiennent 20% de produit gratuit en plus, pendant les soldes les magasins offrent un pourcentage de rabais sur le prix initial.

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Il y a des tas de sciences dans la cuisine. Pourquoi la chaleur transforme-t-elle le blanc d’un œuf, liquide et clair au départ, en solide blanc? Quel processus transforme de la pâte liquide en un gâteau solide plein d’air ? Ne vous inquiétez pas si vous ne connaissez pas les réponses. N’importe qui peut chercher les réponses. Peu de gens peuvent poser des questions.

Voici un exemple vécu: en regardant “Xena la guerrière” et en lisant “La petite maison dans la prairie”, ma fille a rencontré trois références à Jules César, Brutus et Marc Antoine. Aujourd’hui elle ne «connaît» pas l’histoire romaine, mais elle a une accroche ou point de référence à partir duquel construire, pour demain, la semaine prochaine, dans trois ans: « Tu te souviens de Jules César, le gars que Xena déteste. »

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Malheureusement, nous avons appris à l’école que le savoir est enfermé dans des livres et que la lecture est le seul moyen pour y arriver. Ce n’est pas vrai. Il est libre. Nous en sommes entourés. Nous avons juste besoin de réapprendre à le reconnaître dans son état sauvage.

Cinquième étape

Et enfin, oubliez l’approche linéaire de l’apprentissage avec laquelle nous avons grandi. Par exemple, nous avons appris que pour apprendre il faut lire « toutes les choses importantes » sur un sujet, rassemblées et emballées pour nous dans un manuel, puis passer ensuite au prochain paquet d’information.

Bien sûr, parfois un centre d’intérêt entraîne les enfants à accumuler un énorme paquet de connaissances à la fois. C’est facile à voir. Et il est facile de surestimer ça comme étant la «meilleure» façon d’apprendre.

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Le plus souvent les enfants rassemblent lentement des détails intéressants, faisant des connexions quand les choses leur viennent, pour créer une base. Ils vont ajouter des morceaux ici et là au fil des ans pour bâtir sur cette base. Il n’est pas si facile de voir quand ça se passe. Et il est très facile de sous-estimer cela.

Donc, si nous pouvons nous entraîner à voir ce processus, nous pouvons aider le processus à suivre son cours, en appréciant les fois où ils voient Thomas Jefferson dans la série Animaniacs, puis, sur les pièces de cinq cents, puis encore, sur le Mont Rushmore. Ces moments le rendront reconnaissable et familier. Ensuite, plus ils amasseront d’informations à propos de Jefferson, plus il deviendra intéressant. Et plus il deviendra intéressant, plus ils voudront en savoir à son sujet.

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Il m’a fallu au moins deux ans et beaucoup de messages d’unschoolers très patients (et beaucoup de questions posées par d’autres débutants qui étaient tout aussi confus que moi) pour pouvoir enfin « saisir » le unschooling. J’espère que ces cinq étapes rendront votre passage au unschooling plus facile que le mien!

© 2000, Joyce Kurtak Fetteroll

Cet article a été publié dans l’édition de Janvier-Février 2000 de “Home Education Magazine”.

Et si apprendre ne l’intéresse pas ?

Traduction de l’article de Joyce Feteroll « What if they aren’t interested in learning? » Traduit de l’anglais par Claire Darbaud et Béatrice Mantovani

Mon mari se demande: «Est ce que ça pourrait arriver qu’un parent fasse du unschooling mais que l’enfant soit trop paresseux, ou totalement désintéressé des choses qu’il aura besoin de savoir dans la vraie vie ? Est ce que le unschooling peut échouer avec des enfants comme ça ? Est-ce vraiment mal d’avoir des attentes ? »

Quand on aborde quelque chose de nouveau et qui semble potentiellement désastreux, on suppose que les gens qui font ça soit 1) ne se soucient pas de leurs enfants ou soit 2)qu’ils ont un problème dans leur tête qui les empêche de voir l’évidence.

Les peurs que votre mari expriment sont tout à fait normales. Tous les parents qui font du unschooling sont passés à travers ces peurs là et la plupart continuent de passer à travers des moments de panique périodiques.

Ces craintes là ne peuvent pas être apaisées par la logique. D’un point de vue « scolaire » ces craintes sont tout à fait fondées. Ce qui aide à les éliminer c’est d’avoir une connaissance approfondie et une expérience directe du unschooling.

Ce que les unschoolers expérimentés ont, c’est une grande connaissance des résultats du unschooling et de ses autres avantages. Ils comprennent comment et pourquoi on apprend et le pour et le contre de l’apprentissage sous contrainte par rapport à un apprentissage guidé par la curiosité.

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Dans la vie, chaque choix a de bons et de mauvais cotés. Choisir consiste à sélectionner la solution qui a plus de bons cotés que de mauvais. Il est utile de lire des témoignages des réussites du unschooling. Mais, bien sûr, les écoles ont des histoires de réussite aussi, donc les témoignages de réussite du unschooling ne sont pas une raison suffisante pour choisir le unschooling.

Je pense que plutôt que de les lire comme des histoires qui prouvent que ça fonctionne, il est plus important de les lire comme des illustrations de comment fonctionne l’apprentissage guidé par les centres d’intérêts. Le fait que Kirby, le fils de sandra Dodd, se soit vu confier d’importantes responsabilités à seulement 16 ans, dans la boutique de jeux où il travaillait depuis plusieurs années, n’est pas significatif en soi. Ce qui est significatif en revanche, en terme de unschooling, c’est que c’est le résultat de sa passion pour les jeux qui a toujours été prise au sérieux et encouragée.

Il est également utile de se rendre compte que les objectifs du unschooling sont différents de ceux de l’école ou de l’école à la maison. Le but du unschooling est d’aider l’enfant à être qui il est en ce moment et de l’aider à grandir en qui il deviendra. L’objectif de la scolarisation est d’obtenir qu’un enfant arrive à un endroit précis qui, selon la société, sera un point de départ pour une carrière réussie (et à ne pas devenir un fardeau pour la société.)

Le but du unschooling peut être difficile à saisir.  Au premier abord, on peut avoir l’impression que les unschoolers ne se soucient pas de ce que les enfants deviennent. Mais ce que c’est, c’est faire confiance au  processus – que la curiosité constitue la meilleure base pour poursuivre ses buts dans la vie. Être en mesure de faire les choses qui nous passionnent est ce qui nous fait sauter hors du lit le matin. C’est ce qui nous rend prêts à supporter les choses que nous n’aimons pas, parce que nous savons que c’est ce qui nous permettra de faire quelque chose dont nous avons vraiment, vraiment envie.

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Et faire confiance aux enfants eux-même, au fait que ce sont des personnes à part entière qui veulent faire des choses dans la vie, pas seulement se laisser vivre. (Même – ou surtout – quand ce qu’ils font à présent peut sembler être tout ce dont ils se soucient.  C’est à ce moment là que nous avons le plus besoin de regarder plus loin et de savoir ce qui se passe réellement, plutôt que ce à quoi ça ressemble en surface.) Et faire confiance à l’instinct biologique, qui nous pousse à vouloir quitter la maison et mener notre propre vie. La biologie est ce qui motive les lions mâles à quitter la bande où ils sont nés, même s’il serait plus facile pour eux de rester.

Il est utile de réfléchir à la raison pour laquelle l’école fonctionne et la raison pour laquelle elle ne fonctionne pas. L’école produit des enfants honnêtes qui vont trouver un emploi et ne pas être un fardeau pour la société. Les gens peuvent vouloir qu’elle fasse plus, ou autre chose, mais c’est essentiellement pour ça qu’elle a été conçu.

Mais parfois, l’école échoue. Parfois, elle fonctionne pas trop mal.

Si l’apprentissage forcé fonctionne parfois et échoue parfois, alors ce n’est pas l’apprentissage forcé qui marche. Il y a d’autres facteurs qui font qu’apprendre sous la contrainte fonctionne. Et, malheureusement, ces facteurs ne sont pas contrôlables. Ils ont à voir avec la personnalité, le milieu familial, le milieu scolaire, le style d’apprentissage, et ainsi de suite. Si quelqu’un possède la bonne combinaison de tous ces facteurs – ils ont un style d’apprentissage qui correspond à l’école, ils ont des centre d’intérêts qui correspondent à ce qui est enseigné, ils ont une personnalité qui peut se conformer à se faire dire quoi apprendre et comment s’y prendre pour l’apprendre – alors l’apprentissage forcé «marchera» (c’est à dire, aura les résultats pour lesquels l’école est conçue.)

La beauté du unschooling est que ça ne dépend pas de la plupart des facteurs dont l’apprentissage sous contrainte dépend. Le unschooling s’adapte à l’enfant et à ses besoins, plutôt que ce soit à l’enfant de s’adapter aux besoins de l’école et aux besoins des projets que les adultes ont pour lui.

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La seule chose dont le unschooling dépend est d’un parent capable de respecter les centre d’intérêts de l’enfant (pas seulement les centres d’intérêts qui semblent pouvoir mener à une future carrière ou à quelque chose qu’il ferait à l’école) et de “semer” et nourrir et soutenir et servir de modèle. (Et apprendre à faire ça bien fait partie des but de la liste Always Learning 🙂

Il y a beaucoup plus à dire sur cela, mais c’est quand même un début!

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J’ai été ravie de lire la réponse, mais la question a fini par aller dans une direction différente de ce que j’attendais.

Je vois ça. Je répondais du point de vue d’enfants qui ont toujours fait du unschooling, s’ils évitent d’apprendre ou non. Peut-être que je vais ajouter cette réponse (ci-dessous) pour ceux qui s’interrogent sur leurs enfants scolarisés.

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Mes enfants ont été à l’école publique la plupart de leurs vies. J’aimerais faire du unschooling, mais quand je demande à mon fils ce qu’il aimerait apprendre, il répond qu’il ne sait pas. Si je lui montre quelque chose qui je pense pourrait l’intéresser et que je lui demande à nouveau il me dit encore qu’il ne sait pas.

La réponse est simple: Ne demandez pas! 😉

Plutôt que de demander ce qu’il aimerait apprendre, faites simplement ce qu’il aime, exposez-le à des choses qui pourraient l’amuser (et non-pas des choses qui seraient bonnes pour lui!)

Plutôt que de le regarder comme un récipient que vous voulez remplir, regardez-le comme une personne qui va vers ce qui l’intéresse. Plutôt que de regarder ce qui l’intéresse à travers la loupe de l’école, qui ne fait ressortir que ce qui est fait à l’école, regardez tout ce à quoi il s’intéresse: jeux vidéo, dessins animés, skate board, natation, jouer avec des amis, …

Pensez-y de cette façon: Que feriez-vous si votre mari vous tournait autour pour voir si vous alliez faire quelque chose qui ressemble à l’école, et vous demandait sans cesse ce que vous aimeriez apprendre ? Que diriez-vous ? Comment vous sentiriez-vous ?

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Comment obtenez-vous qu’un enfant qui a été désensibilisé par l’école ait à nouveau envie d’apprendre ?

Les enfants scolarisés (ou récemment déscolarisés) ont l’air de ne rien vouloir apprendre. Tout ce qu’ils veulent faire est jouer. C’est parce que:

  1. Les parents sont à la recherche de ce que fait l’enfant à travers une loupe scolaire. Si ça ne ressemble pas à quelque chose qu’un enfant ferait à l’école alors ça ne ressemble pas à de l’apprentissage.
  2. Les enfants ont besoin de temps et de la liberté de dire «non merci» à tout ce qu’ils associent à l’ennui et aux difficultés de l’école.
  3. Ils ont besoin de temps pour faire le plein de ce qui a été contrôlé ou autorisé à petites doses: regarder la télé, courir, « ne rien faire” (c’est-à-dire réfléchir!)

Les enfants qui ont été scolarisés à l’école ou à la maison ont besoin de temps pour se “déschooler” avant de pouvoir regarder toute la vie comme potentiellement intéressante. Au début, ils vont faire beaucoup de choses qui ressemblent à du pur divertissement. C’est parce que l’école peint une grande partie de la vie avec un pinceau d’ennui.  Les enfants associent «maths» et «science» et «lecture» et «écriture» et «histoire» au fait d’être forcés de lire et d’écouter et de mémoriser et de pratiquer des idées qui sont barbantes à mourir, de sorte que même s’ils avaient été intéressés au début, ils ont vite envie de les éviter.

Les jeux des enfants scolarisés ressemblent à éviter d’apprendre (ce qui est enseigné à l’école). C’est souvent le cas! (Ils ne peuvent pas éviter d’apprendre. Ils apprennent tout le temps. Mais ils peuvent éviter tout ce qui leur rappelle l’école!) Ils ont besoin d’un temps d’arrêt, où ils ne sont pas obligés d’étudier.  Alors les parents supposent qu’il est naturel pour les enfants d’éviter d’apprendre.  Ce n’est pas vrai. Les enfants veulent apprendre. Ils ne veulent pas – tout comme les adultes – être obligés d’étudier des choses qui n’ont aucun sens pour eux.

Combien d’enfants se ferment quand ils voient des pourcentages dans la vie réelle ?  Ce n’est pas parce que les pourcentages sont difficiles. C’est parce qu’à l’école ils sont difficiles: apprendre les détails de quelque chose dont vous avez eu peu d’expérience, et retiré de tout contexte auquel vous pourriez vous rapporter, est difficile. C’est comme mémoriser des règles de grammaire et de vocabulaire dans une langue que vous n’avez jamais entendu parlée. Dans la vrai vie, les pourcentages sont simplement un moyen utile de présenter de l’information: changer les dimensions des images dans un logiciel d’art, les points de vie qui vous restent dans un jeu vidéo, combien vous allez économiser sur un article en solde, les moyennes des joueurs de baseball …

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L’apprentissage des enfants non scolarisés ressemble aussi à du jeu, mais pour eux, le monde n’est pas divisé en apprentissage et jeu. Il est divisé en choses qui les intéressent et choses et qui ne les intéressent pas encore.  Gengis Khan, Bob l’éponge, les araignées, la comédie, le dessin, les biscuits, Songe d’Une Nuit d’Eté, le Seigneur des Anneaux, jouer au bon et au méchant, les maquettes de fusées, CSI: Miami, les animaux en peluche, les voitures Hot Wheels… Tout ça fait tout simplement partie de la vie qui les intéresse ou pas pour le moment. (Vous pouvez avoir, lorsque vous lisiez la liste, inconsciemment classifié les choses soit en « apprentissage » soit en « divertissement / jeu ». C’est une habitude qu’il est utile de reconnaître et d’essayer d’éliminer!)

L’apprentissage des enfants non-scolarisés ressemble à du jeu. Le processus est similaire à la façon dont ils ont acquis la maitrise du langage: ils n’ont pas décidé qu’ils voulaient apprendre à mieux parler afin qu’ils puissent vivre une vie meilleure. Ils ont simplement vécu leur vie et fait des choses qui les intéressaient.  Le langage était un outil qu’ils ont utilisé de temps en temps pour obtenir ce qu’ils voulaient, parce que c’était plus efficace que de pleurer 😉 L’effet secondaire de l’utilisation du langage, c’est qu’ils ont parlé de mieux en mieux. Et plus ils se sont améliorés, plus ils l’ont utilisé parce qu’il était plus utile. Et ils se sont donc encore améliorés.

C’est comme ça pour toute les choses qu’on apprend. Nous utilisons les choses et l’effet secondaire est que nous nous améliorons. Contrairement au message que nous recevons de l’école, nous n’avons pas besoin de comprendre quelque chose avant de l’utiliser. Nous avons juste besoin de comprendre assez pour le faire fonctionner. Et plus nous l’utilisons, mieux nous le comprenons. Nous utilisons un peu de notre savoir et nous le connectons à d’autres morceaux de connaissance et progressivement nous construisons notre compréhension du monde.

Si vous allez à la page où Sandra collectionne certains de mes écrits et cliquez sur « Transcript » (traduction en français ici), vous trouverez une bonne explication de comment fonctionne l’apprentissage naturel.

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Tous ça fait que, malheureusement, le unschooling est perçu comme: prendre du recul et laisser les enfants jouer. Mais, non, les parents ont un rôle actif. Plus actif après que les enfants ont fini de  “deschooler”. La meilleure chose que vous puissiez faire pendant qu’ils sont en phase de “deschooling” est de les laisser jouer. Et les aider à jouer. Invitez d’autres enfants à venir jouer chez vous. Assurez-vous qu’ils ont des choses avec lesquels ils aiment jouer. Soyez avec eux. Découvrez pourquoi ils aiment tellement quelque chose. Quand ils se sentiront libres – la règle générale est un mois pour chaque année où ils sont allés à l’école, à partir du moment où vous avez arrêter de faire pression sur eux pour apprendre quelque chose – offrez plus activement des choses à faire: des films, des émissions de télévision, des livres, des endroits où aller – restaurants ethniques, musées, balades en forêt, magasins cools ….

Recherchez les choses qui vous font plaisir dans la vie et votre enthousiasme infectera votre enfant 🙂 Tant que c’est un intérêt et un plaisir authentique! Si c’est un faux intérêt pour les amener à accorder une attention à quelque chose que vous pensez être bon pour eux, ils vont le remarquer et l’éviter. C’est la tactique dont ils ont été inondés depuis la maternelle: “L’apprentissage, c’est amusant!”

Il y a un autre article sur ma page sur le site de Sandra, “Cinq étapes vers le unschooling”, qui pourraient aussi vous aider.

Limiter le temps passé devant la télé – le point de vue économique

Traduction de l’article de Pam Sorooshian « Economics of Restricting TV Watching of Children » – Janvier 2005
Traduit de l’anglais par Claire Darbaud et Béatrice Mantovani

Conclusion: Restreindre le temps passé à regarder la télévision augmente l’utilité marginale de cette dernière et pousse les enfants à être extrêmement attirés et à vouloir regarder la télévision plus que toute autre activité non restreinte.

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L’ « utilité » est le mot qui, dans le vocabulaire de l’économiste, décrit le plaisir, la satisfaction, et toute forme de valeur qu’une personne retire d’un produit ou d’un service. Obtenir de l’ « utilité » est la raison pour laquelle une personne achète un produit ou commence une activité. A l’instar des entreprises qui prennent des décisions pour maximiser leur profit, les humains prennent des décisions de façon à maximiser leur utilité totale. Les économistes voient les gens comme des agents de maximisation de l’utilité.

Aux yeux de l’économiste, nous traversons notre vie en faisant constamment des comparaisons – choisissant, minute par minute, ce que nous faisons, ce que nous mangeons, ce que nous achetons, ce que nous disons, et tout le reste, et à chaque fois, nous choisissons de façon à maximiser autant que possible notre utilité totale. Imaginez que vous êtes dans un magasin de glaces et que vous choisissiez un parfum – ce que l’économiste voit c’est que votre cerveau passe rapidement en revue tous les choix possibles, calculant l’utilité que vous pourriez obtenir avec une boule de fraise plutôt qu’une boule chocolat et ainsi de suite, pour finalement choisir celui qui vous donne la plus grande utilité. (En passant, remarquez que l’utilité doit être prédite – nous pouvons nous tromper dans notre choix, mais nous faisons de notre mieux en fonction de l’information que nous possédons. Je peux décider de choisir la fraise pour aujourd’hui – parce que c’est mon parfum préféré à cet instant, celui qui me donnera le plus d’utilité. Et je peux découvrir, dépitée, que la fraise ne répond pas à mes attentes et SOUHAITER pouvoir changer d’avis. Cela arrive. Nos choix sont en fait basés sur l’utilité que nous prévoyons en retirer.)

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Ok – il y a beaucoup plus à dire sur ce concept d’utilité et si vous avez des objections à cette façon de voir le monde, nous pouvons en parler. Mais je garde cela pour une autre fois et avant de développer le lien avec la télévision et les enfants, j’aimerais d’abord introduire une autre notion.
D’abord, imaginez-vous dans ce magasin de glaces, avec cette glace à la fraise que vous avez achetée parce qu’elle avait une grande utilité pour vous. Vous la mangez et elle est délicieuse, et vous calculez l’utilité espérée d’un AUTRE cornet de glace et décidez d’en acheter un. Vous le mangez. MIAM. Maintenant vous calculez l’utilité espérée d’un troisième cornet. Alors – qu’en pensez-vous? Est-ce que le deuxième cornet va vous donner autant d’utilité COMPLÉMENTAIRE que le premier? Est-ce que le troisième va ajouter autant à votre utilité totale que le premier ou le deuxième ? Que va-t-il se passer quand vous mangez plus de cornets de glace? Une fois que vous en avez consommé une, l’utilité espérée de la prochaine est inférieure à ce qu’était l’utilité espérée de la première. Et une fois que vous en avez consommé deux, l’utilité espérée pour la troisième sera inférieure à ce qu’était l’utilité espérée pour la seconde. Elles pourraient encore avoir une valeur pour vous, elles vous donnent toujours de l’utilité, mais pas autant d’utilité supplémentaire.

L’utilité supplémentaire que vous obtenez en ayant «un de plus» de quelque chose, est appelé «utilité marginale». Et – l’utilité marginale diminue à mesure que vous avez de plus en plus de la même chose.

Même si vous avez choisi des parfums différents pour chacun de vos cornets de glace, vous avez choisi le parfum avec la plus haute utilité en premier,  donc les glaces suivantes vous apporteraient une utilité marginale de plus en plus basse.

Cette façon de voir les choix est applicable à presque tout ce que nous faisons.

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Quelle est votre activité préférée? Regarder des films? Lire un livre? Jardiner? Aller à Disneyland? Pourquoi ne faites-vous pas cela tout le temps, et rien d’autre? Ce que je veux dire par là est: si c’est votre activité préférée, ne vous apporte-t-elle pas une plus grande utilité que toute autre chose? Pourquoi vous arrêtez-vous pour faire autre chose?

La réponse est que plus vous pratiquez une activité, plus son utilité marginale baisse. Quand l’utilité marginale d’une chose diminue, les autres choses commencent à sembler de plus en plus attrayantes.

Lorsque vous limitez une activité, vous gardez la personne au point où l’utilité marginale est très élevée.

Lorsque vous limitez le temps passé devant la télé, l’utilité marginale d’un peu plus de temps est élevée, et toutes les autres options semblent relativement peu attrayantes. Regarder plus de télé devient le centre de la pensée de la personne, car l’utilité marginale est très haute. Relâchez les contraintes et, après une période d’adaptation et d’expérimentation pour déterminer précisément les utilités marginales, l’obsession de regarder la télé disparaît et ça devient juste une autre option.

« Je sais lire, tu sais! »

Traduction de l’article de Pam Laricchia  « I can read, you know! »
Publié dans:
Life Learning Magazine, May/June 2004
Photos de Lissy Larrichia quand elle était enfant.
Traduit de l’anglais par Béatrice Mantovani

« Je sais lire, tu sais! » répliqua nonchalamment ma fille de neuf ans à son frère aîné l’été dernier. Je ne me souviens même pas ce qu’il lui avait dit, mais la réponse fut remarquable. Ce fut un tournant pour elle, de déclarer qu’elle pouvait lire.

J’avais retiré mes trois enfants de l’école un peu plus d’un an avant cet incident. Ou, plus justement, ils avaient sauté sur l’occasion de partir quand elle leur avait été offerte! À l’époque, ma fille était en deuxième année (Ndt: équivalent du CE1) et l’une des élèves préférées de sa maîtresse. C’était une bonne élève et elle semblait prendre plaisir à aller à l’école, même si elle était dans l’un des groupes les plus faibles en lecture. J’ai donc été surprise, bien qu’agréablement, qu’elle aie été sur un petit nuage pendant trois jours en envisageant le fait de ne pas avoir besoin de retourner à l’école après les vacances de mars.

Même si elle avait lu les premiers livres de lecture donnés par l’école sans trop se plaindre, elle ne voulait pas lire de livres une fois à la maison. On pouvait souvent l’entendre déclarer « je ne peux pas lire”, et rien de ce que je disais ne pouvait la convaincre du contraire. Je lui ai dit que si ça l’intéressait de lire un livre elle-même, elle pouvait me demander n’importe quel mot qu’elle rencontrerait et qu’elle ne connaissait pas encore, et je le lirai pour elle. Non merci fut sa réponse.

J’ai donc complètement lâché prise; aucune pression ou attentes. En même temps j’ai veillé à lire des livres à haute voix pour elle et ses frères à peu près tous les jours. Son frère aîné avait reçu le premier livre de Harry Potter, donc nous avons commencé par là. Tous ont énormément apprécié l’histoire et nous avons lu les quatre livres de nombreuses fois, avons attendu avec impatience la sortie du cinquième livre en juin, puis l’avons dévoré ensemble en trois jours. Si un film que nous regardions était basé sur un livre, je pouvais le mentionner. Si quelqu’un posait une question dont la réponse devait être cherchée dans un livre, je le faisais moi-même. Les livres étaient juste une autre partie de notre vie, je n’en faisais pas tout une histoire. Et quand elle me le demandait, je lisais pour elle. Ou son frère aîné le faisait, généralement quand ils étaient en train de jouer à des jeux vidéo. Je lui ai dit en passant que je découvrais encore de nouveaux mots, que personne ne les connaît tous … et ça a probablement aidé de me voir buter en essayant de prononcer des mots nouveaux et des noms dans les livres de Harry Potter.

De temps en temps, elle lisait un mot ou deux, ici et là. Occasionnellement je le lui faisais remarquer, mais elle insistait quand même sur le fait qu’elle ne pouvait pas lire. Il semblait que sa définition d ‘«être capable de lire» était d’être capable de lire les livres de Harry Potter couramment. Ou, plus généralement, je pense, être capable de lire et de comprendre des «vrais» livres, ceux au niveau de son vocabulaire, de sa compréhension et de son intérêt, pas des livres de lecture débutants où le vocabulaire est limité et l’histoire sacrifiée sur l’autel du « savoir lire ». Je sais maintenant que c’était un bon raisonnement. Où est l’urgence?

Notre première année d’apprentissage naturel s’est passée comme ça. Mais je pouvais voir des indices. Comme toujours avec le unschooling, les moments venaient à l’improviste et passaient ensuite. C’est quand vous les mettez tous ensemble sur une certaine période de temps que vous pouvez commencer à voir l’image en train de prendre vie sur la toile. Pendant nos trajets en voiture, elle commença à faire des commentaires sur les panneaux. Intéressant. Et à lire des trucs sur les publicités à la télé. Très intéressant.

Et puis, comme sorti de nulle part, l’été dernier, son commentaire à son frère: «Je sais lire, tu sais! » Ça peut ne pas sembler beaucoup, mais je sentais qu’elle avait pris un tournant. Même si elle n’avait pas encore pris un livre pour le lire, même si elle déclarait encore ouvertement qu’elle «détestait les livres», dans son esprit, il ne s’agissait plus d’ »être un lecteur », il s’agissait d’être intéressé par la lecture.

J’avais lu les livres de Harry Potter aux enfants à maintes reprises durant l’année et nous les avions enfin obtenus sur CD à la mi-été. Les garçons avaient eu leur dose, mais elle se blottissait régulièrement dans sa chambre pour les écouter. Parfois, je lui apportais de la nourriture, ou du thé, et elle souriait et disait merci et continuait d’écouter.

Septembre arriva et après les avoir écoutés tous les cinq un certain nombre de fois elle commença à écrire les choses qui lui semblait intéressantes: le discours de Dolorès Ombrage, la prophétie, l’énigme du Sphinx, les noms des centaures, les indices qu’elle constatait et étaient communs d’un livre à l’autre, etc. Je remarquais que son carnet se remplissait vite, et une nuit, alors que je faisais les courses, je lui en achetai un nouveau, que je pensais qu’elle aimerait. Elle apprécia vraiment et l’utilisa pour ses «bonnes copies» – elle dit que parfois elle écrit si vite qu’il est difficile de lire.

Écrire l’a conduite à rechercher des choses dans les livres, car parfois elle ne parvenait pas à bien comprendre les mots à partir des CD.

Elle prit les cinq livres dans sa chambre et les plaça à côté du lecteur CD pour y avoir accès plus rapidement. Peu de temps après, elle mentionna qu’elle suivait parfois dans le livre tout en écoutant. Je pensais que c’était chouette.

Puis, un après-midi quelques jours plus tard, elle descendit de sa chambre pour me montrer qu’elle avait lu les deux premiers chapitres de “L’Ecole des Sorciers”! Et elle dit qu’elle était très surprise de voir que les mots ne sont pas aussi difficile que dans son souvenir (quand elle regardait les livres quand j’ai commencé à les lui lire, j’imagine). Et elle fit remarquer que la plupart des mots dans les livres de Harry Potter sont plus difficiles à lire, car ce sont des mots inventés, qu’elle ne voit pas ailleurs. Chouette! Elle passa le lendemain matin dans son lit et lut jusqu’au chapitre quatre. Elle était très contente d’elle. Les jours suivants, elle lut dans son lit tous les matins et à divers moments de la journée et de la nuit. Une nuit, elle emmena sa couverture chauffante dans la cour arrière jusqu’à la balançoire, sortit la rallonge, apporta ses oreillers et une lampe de poche et s’installa pour lire … jusqu’à ce qu’il commence à pleuvoir! Elle était tellement enthousiasmée qu’elle apportait le livre partout et disait sans cesse « je veux lire » en cherchant un endroit tranquille. Et je trouvais discrètement un moment ici et là pour filer trouver où elle se terrait et l’entreapercevoir plongée dans un livre.

Tout au long du mois d’octobre, elle fonçait encore à toute vapeur dans la lecture et l’écriture, elle se plongeait dans les mots. Terminer la lecture de “L’Ecole des Sorciers” ne lui prit pas beaucoup de temps et elle commença vite “La Chambre des Secrets”, mais après quelques chapitres elle dit que c’était assez ennuyeux car elle savait déjà tout. Elle dit qu’au moins pendant qu’elle écoutait des livres audio elle pouvait aussi faire d’autres choses. Et wow, elle en fait des autres de choses! Hmmm, voyons si je peux en citer quelques-unes: coudre des costumes pour ses animaux en peluche; coudre des coussins pour les vendre; créer des bijoux en fil de fer en utilisant des perles qu’elle a trouvées autour de la maison et des fermoirs qu’elle crée elle-même; réparer les coussins du canapé, des pyjamas et des bas de Noël. Puis elle repassa à l’écriture – elle marqua tous ses endroits préférés dans les livres et écrivit de nombreux signes, lettres, chansons, etc. qu’elle trouva dans le scénario. Parfois, elle les écrivait à la main, parfois, elle les tapait à l’ordinateur. Certains sont accrochés à sa porte, d’autres placés en décoration autour de sa chambre, et d’autres encore stockés en sécurité pour être utilisés comme accessoires au concours de jeunes talents à la conférence Live and Learn cet été (Ndt: conférence de unschooling qui a eu lieu annuellement de 2002 à 2008.) Encore des jeux avec les mots.

En Novembre, elle sortit notre livre “les mondes magiques de Harry Potter” et les jours suivants, elle lut régulièrement. Passant en douceur au-delà de la saga Harry Potter à un livre qui avait probablement encore un vocabulaire avec lequel elle était à l’aise, elle nourrissait en même temps sa passion. De temps en temps elle me lisait certains passages à voix haute et à d’autres moments elle m’expliquait ce qu’elle avait lu. Puis, quelques semaines plus tard, elle lisait tout les emails envoyés par ses amis de la conférence. Jusque-là elle m’avait toujours demandé de les lui lire. Puis elle prit un livre de Alice Roy dans notre bibliothèque à la maison, et commença à le lire. Elle était maintenant décidément plus à l’aise avec la lecture et s’étendait au-delà de son domaine initial « Harry Potter ».

Je trouve ça tellement intéressant de suivre son chemin vers la lecture, qui commença à l’école avec les livres de lecture pour débutants. Mais elle rejeta ces livres une fois rentrée à la maison. Elle ne fit aucune tentative de lecture de son propre chef l’année et demie suivante, mais écouta beaucoup la série Harry Potter et quelques autres livres que je lus pour eux. Puis il y eut une percée quand elle déclara qu’elle pouvait lire, le point crucial n’étant plus de devenir un lecteur mais de s’intéresser à la lecture. Trouvant un intérêt passionné, au cours d’un mois elle passa à toute vitesse les étapes: écrire en écoutant les livres audio, chercher des informations dans les livres, suivre la lecture dans les livres, puis lire un des livres de façon indépendante. Je suis tellement reconnaissante que le unschooling lui ait permis de trouver sa propre voie vers la lecture.

Et, il y a quelques semaines, nous discutions dans la cuisine et elle posa une question au sujet d’un livre sur les noms que nous avions et puis s’écria avec une horreur feinte « Arghh! Je deviens un rat de bibliothèque! »

Le unschooling n’est pas de l’apprentissage dirigé par l’enfant

Traduction de « Unschooling is not “Child-Led Learning” » de Pam Sorooshian
Traduit de l’anglais par Béatrice Mantovani

Je ne parle pas de unschooling comme d’«apprentissage dirigé par l’enfant» et j’encourage les autres à ne pas utiliser ce terme, parce que je pense que l’abus de celui-ci a donné lieu à un malentendu très grave de ce que le unschooling est vraiment.

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Le terme «apprentissage dirigé par l’enfant» met l’accent sur quelque chose de très important – que l’enfant est l’apprenant! Je ne pourrais être plus d’accord. Néanmoins, il cache aussi le rôle important que le parent joue en aidant et en soutenant et, oui, très souvent, en prenant l’initiative, dans l’investigation et l’exploration du monde qu’est le unschooling.

Sur une liste de unschooling, quelqu’un a demandé s’il était « correct », en tant qu’unschooler, de demander à son enfant s’il voulait qu’on lui lise un livre. Elle craignait que ça soit trop directif – qu’il faille attendre qu’il demande, s’il était intéressé. En d’autres termes, elle pensait que le unschooling devrait être entièrement «dirigé par l’enfant».

De telles questions me préoccupent, parce que c’est une telle distorsion, et une position tellement extrême et loin de la réalité de la vie unschooling que ma famille a vécue.

Le unschooling est plus comme une danse entre des partenaires qui sont si parfaitement en phase l’un avec l’autre qu’il est difficile de dire qui guide. Les partenaires sont sensibles aux indications de chacun, aux petits mouvements, aux légers décalages, et ils réagissent. Parfois, l’un dirige et parfois l’autre.

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Demander à un enfant s’il veut qu’on  lui lise un livre ne doit pas être différent que de lui demander s’il veut aller dehors jouer aux pirates ou de vous aider à faire un gâteau ou laver le chien ou faire un jeu.

Demander aux enfants s’ils veulent faire quelque chose fait très très souvent partie du unschooling. C’est une énorme partie du unschooling.

Le unschooling c’est également “semer”- apporter des idées, des objets, des expériences, des possibilités de toutes sortes dans leur vie. Nous ne les forçons pas. Mais nous ne manquons pas de proposer. Et nous recommandons souvent, aussi. Et de temps en temps nous disons: «Je pense que vous devriez …. ».

Le unschooling n’est pas de l’apprentissage dirigé par l’enfant.  Il n’est pas non plus dirigé par le parent ou l’enseignant. Il est axé sur l’enfant. L’enfant est pris en compte. L’enfant est soutenu.

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Quand quelqu’un demande s’il est normal de demander à leurs enfants s’ils veulent lire avec eux, je suis vraiment inquiète qu’ils prennent une approche beaucoup trop non-interventionniste – une approche passive – qu’il s’assoient et attendent que les enfants viennent les voir avec des idées de ce qu’ils veulent faire. Les parents unschoolers sont très impliqués dans leur rôle d’offrir le monde à leurs enfants. Savoir quand faire marche arrière et quand intervenir et participer activement est un art, mais même quand les enfants sont occupés à poursuivre leurs intérêts de leur propre chef, les parents unschoolers sont attentifs et préparés à offrir des améliorations ou des extensions ou des alternatives, etc .

Appeler ça «apprentissage dirigé par l’enfant» donne une fausse impression. Ça amène les gens à penser que  unschooling veut dire attendre qu’un enfant dise à sa mère: “Je veux faire des maths.” Ce n’est pas du tout comme cela que ça fonctionne.